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Les conséquences de l'évolution scientifique et technique dans le secteur des télécommunications

 

B. LE DÉVELOPPEMENT DES FIBRES OPTIQUES À HAUTE CAPACITÉ

1. L'augmentation des débits

Grâce au développement des lasers, la fibre optique est de plus en plus utilisée depuis une vingtaine d'années.

Dans sa version d'origine, il s'agit d'une fibre unimodale destinée à assurer la transmission d'émissions de télévision en multipliant le nombre de canaux disponibles.

Cette technique est plus coûteuse que le câblage en cuivre qui assurait à peu près les mêmes fonctions. Elle ne permet pas la réémission d'un signal par l'utilisateur (nécessaire à l'utilisation d'Internet et du courrier électronique). Sa capacité est aujourd'hui insuffisante au regard des perspectives offertes par le développement de l'Internet à haut débit.

L'innovation technique majeure des cinq dernières années (le tournant se situe vers 1994-1995) a consisté, grâce au multiplexage optique, à multiplier par un facteur qui dépasse déjà 100 le débit utile de ces fibres optiques (on évoque une capacité théorique de transport de 200 Tbits/s(4(*)) par fibre).

Cette multiplication correspond à l'augmentation de la quantité d'information transportée sur chaque longueur d'onde, et à l'utilisation d'un nombre toujours croissant de longueurs d'onde différentes sur une même fibre.

L'arrivée à maturité de cette nouvelle technique de multiplexage, reposant sur une démultiplication des longueurs d'ondes utilisées (WDM ou Wavelength Division Multiplexing) accroît considérablement les capacités du support optique puisqu'elle démultiplie une seule fibre en multiples canaux virtuels. Cette technique dite du WDM s'est améliorée (DWDM ou Dense WDM) et permet de mettre en oeuvre 160 canaux virtuels. Le progrès n'est pas terminé.

Cette percée technologique comporte plusieurs avantages :

- elle autorise les transports d'informations de hauts débits ;

- le rapport de capacité entre une fibre optique à 100 longueurs d'onde et un câble de cuivre est d'1 à 10.000 ;

- elle est neutre au regard des protocoles situés en amont et en aval de la transmission (ATM5(*), IP) ;

- elle offre au réseau une très grande flexibilité de gestion car elle possède une faculté de reconfiguration rapide permettant de faire face à une demande accrue et inopinée d'utilisation de la bande passante (c'est-à-dire de l'utilisation du réseau entre deux points) ;

- elle permet un déploiement échelonné car chaque opérateur, au fur et à mesure de la croissance de ses besoins, peut installer des longueurs d'onde supplémentaires sans changer les équipements de base ;

- enfin, elle est plus sûre car plus difficile à pirater.

Dans ces conditions, on comprend que s'installent rapidement des coeurs de réseaux de télécommunications en fibre optique qui se substituent aux réseaux traditionnels de transmission ou les dédoublent.

* 4 1 Tbit/s = 1015 bits/s : cette capacité correspondant au débit de 15 millions de conversations téléphoniques. Pour mémoire, le trafic téléphonique français en heure de pointe est de l'ordre de 0,7 Tbit/s.

* 5 ATM supporte le réseau téléphonique et IP les applications Internet