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L'ampleur des changements climatiques, de leurs causes et de leur impact possible sur la géographie de la France à l'horizon 2005, 2050 et 2100 (Tome 1 : Rapport)

 

E. L'OXYDE D'AZOTE (NOX)

L'importance de l'oxyde d'azote dans le bilan radiatif provient du fait que ce gaz a la propriété de perturber plusieurs autres gaz à effet de serre ; c'est ainsi qu'il contribue à la diminution de la présence de méthane et d'hexafluorocarbures (HFC), et qu'il augmente la formation d'ozone dans la troposphère.

Là encore, les experts se heurtent à une importante difficulté pour quantifier ce phénomène, mais ils ont la certitude qu'en 2100 l'augmentation de NOx ne manquera pas de causer d'importantes modifications dans les gaz à effet de serre.

F. L'OZONE (O3)

Ce gaz joue un rôle essentiel pour le maintien de la vie sur la Terre. Sa présence dans la haute atmosphère absorbe l'essentiel du rayonnement solaire ultra-violet de très courte longueur d'onde (UV-B) qui est nocif pour les êtres vivants (cancers de la peau pour les hommes et les animaux, inhibition de la photosynthèse, mutations génétiques...)

Le protocole de Montréal (1987) ambitionnait de diminuer de moitié pour l'an 2000 la production de perfluorocarbures (CFC) par rapport à 1986 mais c'est seulement vers 2050 que le niveau de concentration pourrait être identique à celui qui existait au début des années 1980, compte tenu de la durée de vie des CFC.

Quant à l'ozone troposphérique, qui résulte de l'émission de méthane et de divers polluants, sa concentration réagit rapidement aux variations des émissions polluantes. Sa présence, liée aux émissions des gaz précurseurs, est donc particulièrement prononcée au-dessus de l'Amérique du Nord et de l'Europe, ainsi qu'au-dessus de l'est de l'Asie. Cependant, une incertitude provient de l'absence ou de la rareté des informations antérieures à 1960, ce qui rend impossible une comparaison des zones de présence actuelles de l'ozone avec sa répartition antérieure.

G. LES HALOCARBURES

Presque tous les halocarbures ont pour origine les activités humaines (CFC-11 (CFCl3), CFC-12 (CF2 Cl2), CFC-113, CH3, CCl3, CCl4, CFC-12, HCFCs, HFCs, PFCs, CF4, C2F6...)

Ces gaz sont, par exemple, utilisés comme propulseurs dans les bombes aérosols, liquides réfrigérants (fréons), agents de fabrication des mousses de polymères, solvants pour l'électronique.

Pour la plupart de ces halocarbures ou de ces composés du carbone, qui contiennent du fluor, du chlore, du brome ou de l'iode, les activités humaines en sont les seules sources. Ceux d'entre eux qui contiennent du chlore ou du brome sont à l'origine du trou dans la couche d'ozone stratosphérique, et sont juridiquement contrôlés par les dispositions du protocole de Montréal de 1987. De ce fait, après avoir culminé en 1994, ces gaz sont en lent déclin.

En revanche, les concentrations des substituts aux CFC sont en augmentation et certains d'entre eux sont des gaz à effet de serre. Ainsi, la concentration de HFC-23 a triplé entre 1978 et 1995... Par ailleurs, les perfluorocarbures (PFCs), notamment le CF4 et C2F6, et l'hexafluorure de soufre (SF6) sont des gaz à effet de serre puissants qui demeurent très longtemps dans l'atmosphère. Il faut y prendre garde, car quoiqu'émis en très faibles quantités, ils risquent d'influer sur le climat futur. Ainsi, le perfluorométhane (CF4) possède un temps de résidence dans l'atmosphère d'au moins 50.000 ans, et les émissions dues à l'homme étant mille fois supérieures aux émissions naturelles, elles sont totalement responsables de l'accroissement observé.

Autre exemple : l'hexafluorure de soufre (SF6) est 22.200 fois plus puissant, par unité émise, que le dioxyde de carbone, comme gaz à effet de serre. En conséquence, même une très petite concentration, mais avec un taux de croissance important, peut entraîner des répercussions.