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L'ampleur des changements climatiques, de leurs causes et de leur impact possible sur la géographie de la France à l'horizon 2005, 2050 et 2100 (Tome 1 : Rapport)

 

V. LE CLIMAT EST MÉCONNU

A. LA MÉCONNAISSANCE DES CLIMATS DU PASSÉ

Le caractère variable du climat constituant une de ses caractéristiques essentielles, il est important d'étudier les climats du passé pour connaître l'ampleur même des variations déjà intervenues depuis le début de l'histoire climatique, les causes et effets de ces changements pour mieux appréhender la portée des variations actuellement constatées ou redoutées pour le futur.

L'étude des paléoclimats ou paléoclimatologie est parvenue à une assez bonne connaissance de l'évolution de ceux-ci au cours des deux derniers millions d'années. Elle a mis en valeur l'alternance de cycles glaciaires et de périodes interglaciaires. L'écart entre la température moyenne à la surface de la Terre au cours des périodes interglaciaires, et celle qui régnait lors de l'extension maximale des glaces, était de l'ordre de 5°.

Ces variations s'accompagnaient de grandes modifications du volume des glaces et donc du niveau de la mer.

Ces alternances ont d'abord été expliquées par les modifications de l'orbite de la Terre autour du Soleil. Toutefois, à partir des forages opérés dans l'Antarctique qui ont pu étudier une période supérieure à 200.000 ans, il a été démontré que les variations climatiques étaient accompagnées de modifications importantes de la composition de l'atmosphère. A partir de là, il a pu être déduit que des changements climatiques importants et très rapides avaient eu lieu sans que ceux-ci soient reliés à l'orbite de la Terre autour du Soleil. Par exemple, il y a 11.500 ans, en quelques décennies, les températures ont augmenté de 7 ° au Groenland, puis ont décru au cours d'une période de 500 à 2.000 ans. Dans le même temps, les précipitations doublaient en l'espace de 3 ans.

Autre exemple, la fin de la période glaciaire s'est traduite par un réchauffement de 10 ° en 400 ans dans l'Atlantique Nord.

Même si le climat des 10.000 dernières années apparaît plus stable, il semblerait que d'importantes variations régionales aient existé. Le Petit âge glaciaire semble avoir touché une importante partie de la planète (1450-1850). C'est pourquoi l'Académie des Sciences a émis l'hypothèse que le réchauffement global, détecté depuis 1850, était peut-être, au moins en partie, lié à la fin du Petit âge glaciaire. Elle a insisté sur le fait que des changements climatiques importants peuvent intervenir à l'échelle d'une vie humaine.