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Fait au nom de la commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan

24 juin 2002 : Inde Pakistan : de la crise au dialogue ? ( rapport d'information )

 

 

4. La relance de la question cachemirie : islamisation et crise de Kargil

. La relance et l'islamisation du conflit cachemiri

Après une période de plus grande stabilité, la question du Cachemire a été remise sur le devant de la scène internationale par la relance de l'insurrection de militants anti-indiens favorables au rattachement au Pakistan ou à l'indépendance. La nouveauté de ce mouvement de révolte est son caractère islamiste et terroriste. En effet, sous l'influence de la guerre d'Afghanistan vont se développer des mouvements djihadistes islamistes liés aux moudjahidin afghans et aux partis extrémistes musulmans pakistanais. Leur action va conduire l'Inde à durcir et à accroître sa présence militaire et policière au Cachemire au risque de provoquer une réaction de rejet de la population. Il semble, par ailleurs, avéré que d'importantes violations des droits humanitaires à l'encontre des populations aient été le fait des troupes régulières ou paramilitaires indiennes.

. La crise de Kargil

Le conflit du Cachemire connut, à l'été 1999, de nouveaux développements violents lorsque des militants cachemiris, soutenus par l'armée pakistanaise dirigée par le général Musharraf, s'infiltrèrent au-delà de la ligne de contrôle et s'emparèrent de positions montagneuses au moment de la fonte des neiges. Cette action mit fin à la tentative de détente amorcée en juillet 1998 entre le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif et le Premier ministre indien A.B. Vajpayee. L'Inde réagit très fermement en engageant des moyens importants, notamment aériens. La tentative pakistanaise de remettre en cause la situation du Cachemire fut condamnée par la communauté internationale. Les Etats-Unis, notamment, exercèrent une forte pression et obtinrent le retrait des militants et de l'armée pakistanaise. Le recul du pouvoir civil face aux pressions internationales lors de la « crise de Kargil » est d'ailleurs l'une des raisons du coup d'Etat militaire ayant porté le général Pervez Musharraf au pouvoir en octobre 1999.

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