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Fait au nom de la commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan

24 juin 2002 : Inde Pakistan : de la crise au dialogue ? ( rapport d'information )

 

 

3. La guerre de 1971 et ses importantes conséquences diplomatiques

En 1971, une nouvelle guerre éclate entre l'Inde et le Pakistan, en raison de l'intervention de l'armée indienne au côté des militants de l'indépendance du Pakistan oriental, l'actuel Bengladesh. En effet, depuis la partition, le Pakistan est un Etat divisé en deux parties distantes de plusieurs milliers de kilomètres. La partie orientale est plus peuplée que la partie occidentale et de langue différente. Rapidement des difficultés apparaissent entre le Pakistan oriental et le Pakistan occidental en raison de la domination des Penjabis et de la non reconnaissance de la langue bengalie. Ce combat à l'origine culturelle et linguistique se transforme en une lutte politique menée par la Ligue Awami fondée en 1949 et dirigée par le Cheikh Mujibur Rahman. Son audience va croître sans cesse sous l'effet des répressions des gouvernements militaires successifs, jusqu'à ce que la démission du général Ayub Khan en 1970 amène à la tenue d'élections libres où le Pakistan oriental se voit reconnaître son importance démographique. Il devait disposer de 162 sièges sur 300. Le résultat des élections permet à la Ligue Awami d'obtenir 160 sièges contre 81 au Parti du Peuple de Z.A. Bhutto. Ce résultat inacceptable pour Ali Bhutto et les militaires conduisit à une répression de grande ampleur au Pakistan oriental qui en réaction proclama son indépendance le 27 mars 1971. La fuite de près de 10 millions de réfugiés en Inde amena l'Inde à intervenir aux côtés des Bengalis, avec le soutien de l'URSS en décembre 1971. Le 15 décembre 1971 la guerre prenait fin par la défaite du Pakistan et la reconnaissance de l'indépendance du Bengladesh.

La guerre de 1971 aboutit à un accord diplomatique extrêmement important dit « accord de Simla » en 1972. Par cet accord, l'Inde et le Pakistan conviennent que tout différend bilatéral, y compris le Cachemire, doit être résolu au même niveau. Ces accords fondent la position diplomatique actuelle de New Dehli au sujet du Cachemire. L'Inde refuse, en se basant sur cet accord, toute internationalisation de la question du Cachemire et toute médiation internationale de quelque nature qu'elle soit. Elle estime également que la résolution de l'ONU suivant la partition est désormais caduque. D'une part, les populations cachemiries ont marqué leur adhésion libre et démocratique à l'Inde en participant aux élections locales et nationales, il n'est donc plus question de plébiscite, la population du Cachemire adhérant à l'Inde par un « plébiscite de tous les jours ». D'autre part, l'intervention de l'ONU n'est plus souhaitée puisque les deux pays ont convenu de résoudre la question au niveau bilatéral. De son côté le Pakistan tient une position inverse. Il souhaite une médiation internationale au sujet du Cachemire, estimant que ce conflit est par nature d'envergure internationale et qu'il ne peut être résolu uniquement par des échanges bilatéraux. Il demande également l'application du droit international, c'est à dire de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies demandant que la population cachemirie soit consultée. Il récuse la thèse indienne sur l'expression de volonté de la population du Cachemire en raison de l'importante abstention et du boycott des élections par les partis favorables à l'autonomie ou au rattachement au Pakistan.