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Fait au nom de la commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan

24 juin 2002 : Inde Pakistan : de la crise au dialogue ? ( rapport d'information )

 

 

2. Les essais de 1998 et les réactions internationales

En mai 1998, l'Inde a décidé d'effectuer une série de cinq essais nucléaires et ainsi d'officialiser sa qualité de pays nucléaire. Le Pakistan, également « pays du seuil » à l'époque, a répondu à l'Inde par six essais, correspondant aux essais indiens de mai 1998 et à celui de 1974, dans un objectif de stricte parité. Le Pakistan a ainsi donné un signal politique fort : son refus de se laisser intimider par la puissance indienne, sa capacité de dissuasion et de résistance.

La communauté internationale dans sa grande majorité a réagi très vivement à ces deux séries d'essais et a pris des mesures de rétorsion. A l'exemple des Etats-Unis et du Japon, des sanctions économiques ont été adoptées comme l'arrêt de l'aide internationale. La Chine s'est refusée à sanctionner ces deux pays. De la même manière, la France s'est refusée à les condamner, prenant acte à regret de leur choix, mais prenant acte également de leurs volontés respectives et de leurs situations réciproques. La position de la France à ce moment décisif a été très importante dans la relation bilatérale avec ces deux pays. En Inde notamment, la France a pu acquérir une position et développer de réels liens de confiance.

Le refus de la France de condamner ces essais s'expliquent également par le fait que ni l'Inde, ni le Pakistan n'ont contrevenu à leurs obligations internationales en effectuant ces essais. En effet, aucun des deux Etats n'avait signé le traité de non prolifération (TNP) de 1968, et ne s'était engagé pour sa prorogation. Ils n'avaient donc pas souscrit à l'engagement des Etats non dotés de l'arme nucléaire (ENDAN) de ne pas l'acquérir à l'avenir. Tout au contraire, se refusant à le signer, comme la France l'avait fait pendant une longue période, les deux Etats dénonçaient le monopole de fait des puissances nucléaires et le caractère discriminatoire d'un tel traité.

L'ensemble des sanctions internationales ont désormais été levées mais les problèmes diplomatiques et stratégiques issus de leur apparition sur la scène nucléaire mondiale restent entiers.