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3 avril 2003 : L'exception territoriale : un atout pour la France ( rapport d'information )

 

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CHAPITRE VIII -

UN TIMIDE DÉVELOPPEMENT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (NTIC) EN FRANCE, QUI PROFITE SURTOUT AUX PRINCIPALES MÉTROPOLES

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication occupent une place croissante dans les économies développées. Grâce à des applications diverses notamment dans l'organisation du travail, elles sont fortement créatrices d'emplois et participent largement à la croissance économique.

Cependant, elles profitent principalement aux métropoles et sont encore peu développées dans les zones rurales.

I. LES NTIC : UNE RÉELLE OPPORTUNITÉ POUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) regroupent l'ensemble des activités liées à la confection, la transmission, la diffusion de l'information et à la production de biens et services permettant la numérisation de l'économie. Les principales activités concernées sont donc l'informatique, les télécommunications, les activités audiovisuelles, la presse et les industries de fabrication des équipements.

A. LES NTIC : UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL

1. Une diversité des domaines d'application

Les NTIC sont aujourd'hui présentes dans l'ensemble de l'économie et utilisées à plus ou moins grande échelle dans tous les secteurs. Par exemple, une centrale à béton qui gère sa flotte de camions grâce aux GPS fait appel aux NTIC tout comme le webdesigner qui met en ligne des sites Internet.

De nombreuses applications sont aussi possibles dans l'organisation du travail. L'utilisation de ces technologies peut permettre plus facilement de communiquer et d'échanger des informations sur support numérique. Ainsi tout un ensemble de prestations effectuées à distance entre des entités différentes peuvent se développer. Citons :

 le télémarketing (marketing à distance),

 le télésecrétariat,

 des services d'information et de transaction à destination de l'extérieur (offre de service touristiques...),

 le téléenseignement,

 des prestations autrefois réalisées au sein d'une entreprise qui peuvent être externalisées (informatique, traduction...).

Figure 8.1 - Les TIC dans l'économie en 1998



Figure 8.2 - La part des TIC dans la production totale et dans la croissance

De la même façon, les NTIC favorisent le développement du télétravail, auquel la section suivante sera consacrée.

2. L'émergence d'une nouvelle économie s'appuyant sur l'informatique : des effets significatifs sur la productivité des entreprises

Le secteur des NTIC exerce une influence majeure sur le reste de l'économie. L'essentiel de la production de ce secteur est utilisé, sous forme de consommation intermédiaire ou d'investissement, par les autres secteurs de l'économie. Les NTIC ne représentent que 2 % de la consommation finale, mais 8 % des consommations intermédiaires et 11 % des investissements en 2000 (Figure 8.1).

Avec 5.3 % de la valeur de la production nationale, et 2.9 % de la population active, les NTIC ont un poids grandissant dans l'économie française. Elles ont contribué pour 20 % à la croissance de la production de 1995 à 1999. De 1994 à 1998, plus de 100 000 emplois ont été créés dans ce secteur (Figure 8.2) dont la moitié pour la seule année 1998. La diffusion de ces technologies dans le reste de l'économie a des effets indirects. Elle permet dans chaque branche de développer de nouvelles fonctionnalités, d'améliorer les services associés aux produits d'où les effets positifs sur la consommation et plus généralement sur l'activité.

Dès 1997, les technologies de l'information et de la communication représentaient 5 % du PIB français, soit davantage que l'industrie de l'automobile et l'énergie réunies.

Des modèles économétriques ont permis d'estimer que l'influence des dépenses en NTIC sur le PIB permet d'expliquer 0.7 point de croissance par an, soit le tiers de la croissance des pays de l'OCDE au cours de ces dernières années. Le tableau 8.1 indique la contribution des NTIC à la croissance en France sur les trente dernières années. Les effets sectoriels des NTIC sont présentés dans la figure 8.3. Selon une simulation du BIPE, la contribution des NTIC à la croissance dans les années à venir en France se situerait entre 0.6 point et 1.6 point par an selon les hypothèses retenues. A titre de comparaison, l'usage de l'informatique expliquerait 0.9 point de croissance aux Etats-Unis.

Reste que nous venons d'assister au cycle d'expansion le plus long de l'histoire récente américaine. Au lieu d'être rapidement suivie par une décélération des taux de croissance, la phase d'expansion du cycle semble au contraire se renforcer depuis 1995. Cette croissance est due au fait que les Etats-Unis ont retrouvé la croissance de la productivité du travail qui s'était affaiblie pendant les années 1980. Or, une analyse plus fine de la croissance de la productivité du travail montre qu'elle est due pour 50 % à l'usage des technologies de l'information. En réalité les Etats-Unis bénéficient d'un très long cycle de croissance qui n'est pas indépendant de la place importante que les NTIC occupent dans la production et les investissements des entreprises (Tableaux 8.2 et 8.3).

Tableau 8.1 - Contribution des TIC à la croissance du PIB, comparée à celles
des autres équipements et de la R&D (en %)



Figure 8.3 - Les nouvelles technologies dans la croissance


Effets sectoriels / production (%)



Tableau 8.2 - Investissement en produits TIC des entreprises



Tableau 8.3 - Dépenses de R&D des industries manufacturières TIC

Le spectaculaire redressement de la compétitivité américaine est manifestement dû, au moins en partie, à la pénétration massive de ces technologies.

3. Des effets sur l'emploi difficiles à quantifier

Au-delà des effets sur le secteur des technologies de l'information, l'effet global sur l'emploi va dépendre de la diffusion des NTIC dans les autres secteurs. C'est là que les NTIC peuvent, le cas échéant, produire des effets destructeurs compte tenu des gains de productivité susceptibles d'en découler, d'où la nécessité de bien appréhender les mécanismes économiques générés par leur diffusion.

Une simulation du BIPE avec le modèle DIVATIC (modèle de simulation des effets économiques liés aux NTIC) montre que si certains secteurs et certains métiers peuvent effectivement être remis en question par ces nouvelles technologies, le bilan d'ensemble serait largement positif compte tenu de la conjugaison d'un effet de demande - production des équipements et des services issus des NTIC - et de deux effets d'offre : gains de productivité et apparition de nouveaux produits et de nouveaux services qui n'auraient pas existé sans ces technologies. Les NTIC contribuent à la croissance et sont créatrices d'emplois (Figure 8.4). La principale incertitude porte sur l'ampleur de l'impact en matière d'emploi.

Du fait de la numérisation, un cercle vertueux semble ainsi s'engager entre l'innovation des services et leur industrialisation : de l'innovation découle une utilité accrue qui stimule la demande ; de l'industrialisation découle l'innovation du fait des potentialités offertes par les technologies d'information et de communication. Les deux phénomènes, conjoints et solidaires, créent à la fois de la richesse et de l'emploi.

Figure 8.4 - L'emploi dans les TIC et l'emploi global

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