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La protection des biens culturels africains

 

N° 361

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2002-2003

Annexe au procès-verbal de la séance du 24 juin 2003

RAPPORT D'INFORMATION

FAIT

au nom des délégués élus par le Sénat à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (1) sur la protection des biens culturels africains, adressé à M. le Président du Sénat en application de l'article 108 du Règlement,

Actes du colloque organisé le 28 mars 2003

(Palais du Luxembourg)

Par M. Jacques LEGENDRE,

Sénateur.

(1) Cette délégation est composée de : M. Marcel Debarge, Mme Josette Durrieu, MM. Francis Grignon, Jacques Legendre, Jean-François Le Grand, Philippe Nachbar, délégués titulaires ; MM. Jean-Guy Branger, Michel Dreyfus-schmidt, Daniel Goulet, Jean-Pierre Masseret, Jean Louis Masson, Xavier Pintat, délégués suppléants.

Culture.

Message
de M. Jacques CHIRAC,
Président de la République

Le colloque a bénéficié du Haut Patronage du Président de la République, qui a bien voulu adresser aux participants un message dont M. Jacques LEGENDRE a donné lecture à l'ouverture des travaux :

« Longtemps méconnu, l'art africain a, au cours du XXe siècle, peu à peu acquis une place capitale dans les collections des grands musées à travers le monde.

Par son esthétique singulière, par la fascination qu'il a exercé sur un grand nombre d'artistes occidentaux, des fauves aux cubistes, d'Apollinaire à Malraux, il a durablement influencé les grands courants artistiques modernes et suscité un regard nouveau. Sorti des limites où l'ont dans un premier temps confiné l'ethnologie et l'anthropologie, c'est un art désormais reconnu comme tel, qui porte témoignage de civilisations anciennes, qui marque aussi notre temps comme la statuaire grecque ou les maîtres primitifs italiens ont, jadis, permis l'épanouissement de l'art classique européen.

C'est pourquoi j'ai souhaité que le Musée du Louvre accueille en son sein des salles consacrées, entre autres, à l'art africain. C'est pourquoi j'ai souhaité que la France bâtisse enfin, quai Branly, le grand musée qui lui faisait tant défaut et dont les arts d'Afrique constitueront le coeur.

Dans un monde complexe et chaotique où le dialogue des cultures s'impose, où la mondialisation offre de nouvelles perspectives de développement, mais induit aussi de nouvelles menaces, l'Afrique doit prendre toute sa place dans le combat pour la diversité culturelle.

Pour cela, il est indispensable qu'elle se dote des instruments nécessaires pour conserver son patrimoine culturel, le mettre en valeur et le protéger des convoitises.

En ce qu'ils sont dépositaires d'une parcelle de l'âme des peuples, les biens culturels ne sauraient être réduits à l'état de simples marchandises. Ils doivent être préservés des dérives mercantiles.

C'est tout le sens de l'engagement de la France en faveur de la diversité culturelle. C'est le sens, aussi, du colloque consacré à la protection des biens culturels africains qui vous réunit aujourd'hui. Je forme le voeu chaleureux que ses travaux soient féconds et permettent d'élaborer un plan d'action concret en faveur du patrimoine africain. »