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B. LES POSITIONS TECHNOLOGIQUES DE LA FRANCE ET DE L'UNION EUROPÉENNE

1. Les positions technologiques mesurées par le dépôt de brevets européens

La position technologique d'un pays peut être mesurée par le dépôt de brevets, même s'il s'agit d'un indicateur fragile.

On peut observer dans le tableau n° 5 ci-dessous, que la position technologique de la France s'est dégradée depuis 1990, dans le monde comme dans l'Union européenne. Cette dégradation est encore plus sensible depuis 1995.

Tableau n° 5
Evolution de la position technologique de la France (1990-2000)
tous domaines confondus

 

Position technologique ( %)

Evolutions de :

 

1990

1995

2000

1995/1990
( %)

2000/1990
( %)

2000/1995
( %)

France dans le Monde

8,3

7,4

6,3

- 10

- 24

- 15

UE dans le Monde

48,1

43,7

42,6

- 9

- 12

- 3

France dans l'UE

17,2

17,0

14,9

- 1

- 14

- 12

Source : Données INPI et OEB, traitements OST.

Cette dégradation peut être observée dans tous les domaines technologiques (cf. tableau n° 6 et 7 ci-dessous). On peut voir également que la position de l'Allemagne est stable (on progresse légèrement) et que celle du Royaume-Uni se détériore moins que celle de la France.

Tableau n° 6
Part mondiale en position technologique de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni par domaine technologique (2000 et évolution 1995-2000)

Domaine technologique

Part/Monde (%) de brevets européens

2000

Evolution 2000/1995 (%)

France

Allemagne

Royaume-Uni

France

Allemagne

Royaume-Uni

Electronique-électricité

5,7

13,9

4,4

- 20

+ 8

- 7

Instrumentation

5,3

15,0

5,7

- 23

+ 11

- 8

Chimie-matériaux

5,3

18,6

5,4

- 6

- 7

- 13

Pharmacie-biotechnologies

6,6

10,1

6,8

- 6

- 7

- 11

Procédés industriels

6,3

20,9

5,3

- 5

- 8

- 8

Machines-mécanique-transports

8,0

29,2

4,9

- 21

+ 13

- 22

Consommation des ménages-BTP

8,6

21,9

6,7

- 13

- 5

- 4

Total

6,3

18,1

5,3

- 15

+ 1

- 11

Source : Données INPI et OEB, traitements OST

Tableau n° 7
Part européenne en position technologique de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni par domaine technologique (2000 et évolution 1995-2000)

Domaine technologique

Part/UE (%) de brevets européens

2000

Evolution 2000/1995 (%)

France

Allemagne

Royaume-Uni

France

Allemagne

Royaume-Uni

Electronique-électricité

15,2

38,5

12,1

- 23

+4

- 11

Instrumentation

14,0

41,3

15,7

- 23

+ 12

- 8

Chimie-matériaux

13,0

46,7

13,5

- 2

- 4

- 10

Pharmacie-biotechnologies

19,6

30,0

20,2

- 1

+ 11

- 7

Procédés industriels

13,0

42,3

10,8

- 1

- 5

- 5

Machines-mécanique-transports

13,7

51,6

8,6

- 20

+ 14

- 21

Consommation des ménages-BTP

14,9

39,7

12,1

- 7

+ 1

+ 2

Total

14,5

42,5

12,5

- 12

+ 3

- 9

Source : Données INPI et OEB, traitements OST

2. Quelles perspectives d'évolution pour la R&D des entreprises françaises ?

Le tableau ci-dessous montre que l'essentiel des dépenses de R&D des entreprises françaises s'effectue dans l'industrie (87,2 % en 2000). Il faut rappeler que la valeur ajoutée de l'industrie manufacturière ne représente que 15 % de la valeur ajoutée totale.

Pourquoi ce décalage entre la part de l'industrie dans la valeur ajoutée et sa part dans la dépense de R&D ?

Evidemment parce que l'industrie est plus « consommatrice » de R&D que la construction ou les activités de services. Mais certainement également parce que les activités de recherche sont encore liées à la nationalité de l'entreprise. Saint-Gobain ne réalise que 15 % de son chiffre d'affaires en France alors qu'elle y réalise 60 % de sa recherche.

Mais il n'y a aucune raison pour que cette situation se stabilise. Les activités de recherche seront bientôt, ou sont déjà, aussi facilement délocalisables que les facteurs de production.

Ceci invite à s'interroger sur les moyens qui permettraient de maintenir la recherche des grandes entreprises européennes sur le territoire européen, et pose notamment la question des commandes publiques, largement évoquée dans la troisième partie de ce rapport.

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