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3. Des déficits agricoles récurrents

Les années fortement déficitaires sur le plan agricole se sont multipliées au Niger depuis 1983. On compte ainsi, selon les observateurs, une crise agricole en moyenne tous les quatre ans. Les années ayant enregistré des déficits vivriers importants sont les suivantes : 1984, 1987, 1989, 1990, 1993, 1997 et 2000. Cette dernière année avait été marquée par un déficit céréalier de l'ordre de 500.000 tonnes, supérieur à celui de l'année 200417(*).

Comme l'ont souligné certains interlocuteurs de vos rapporteurs spéciaux, le Niger connaît une crise alimentaire structurelle. Le pays ne produit ainsi, en moyenne, que pour sept mois de consommation de céréales. Au-delà des années signalées comme des années de crise, la situation « normale » au Niger est déjà « inacceptable ». Cette situation a donné naissance à une expression employée dans toute l'Afrique : la « soudure »18(*).

La « soudure » est la période qui sépare la fin de la consommation de la récolte de l'année précédente et l'épuisement des réserves des greniers, de la récolte suivante. Durant cette période, la population est contrainte de se « débrouiller » pour trouver des ressources monétaires afin d'acheter des vivres, ou de consommer les éléments nutritionnels se trouvant dans des plantes, à l'état naturel. C'est la durée de la période de soudure qui détermine l'acuité de la crise alimentaire. Si elle dure « habituellement » de juin à septembre, la période de soudure de l'année 2005 a été particulièrement longue, débutant de manière très précoce.

* 17 Mais les prix sur les marchés ont été inférieurs à ceux de l'année 2005.

* 18 Ce terme était également employé en France au Moyen-Âge pour caractériser la même difficulté.