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conclusion : la prudence nécessaire des pouvoirs publics

Exane BNP Paribas évoque trois scénarios assortis d'une probabilité de réalisation :

- un scénario d'atterrissage en douceur (0 à + 5 % par an) dont la probabilité de réalisation est estimée à 40 % ;

- un scénario d'atterrissage brutal (- 10 à - 40 % sur deux ans), du fait d'une hausse du chômage ou des taux d'intérêt, dont la probabilité est estimée à 20 % ;

- un scénario de poursuite de la hausse des prix, encouragée par des taux d'intérêt bas ou des mesures législatives sur l'offre de crédit, dont la probabilité est estimée à 40 %. Ce scénario augmente la probabilité d'atterrissage brutal après 2007.

Les deux derniers scénarios font peser des risques réels et sérieux sur la croissance, comme le soulignent les simulations précitées. Dans cette perspective, si le maintien à un niveau bas des taux d'intérêt constitue un impératif pour laisser s'opérer un retournement du marché immobilier avec un impact limité sur la croissance, une prudence dans l'introduction de nouvelles mesures de soutien de la demande, qui ont eu certes leur utilité au cours des derniers mois, paraît devoir s'imposer : il en est ainsi de l'aide à l'investissement locatif, que l'article 61 du projet de loi de finances pour 2006, tel que déposé par le gouvernement, propose de faire entrer dans le dispositif de plafonnement des avantages fiscaux au titre de l'impôt sur le revenu, comme d'une extension éventuelle du prêt à taux zéro, dont le bénéfice serait immédiatement capté par une hausse des prix immobiliers.

Les pouvoirs publics sont ainsi placés devant un dilemme : aider les ménages des classes moyennes primo acquéreurs, indéniablement paupérisés par la hausse des prix immobiliers, au risque quasi avéré d'alimenter l'inflation du marché, ou laisser s'opérer l'ajustement en cours, occasionné par la limitation des capacités d'acquisition des ménages, afin de favoriser un atterrissage en douceur. Il convient de souligner qu'entre une extension du prêt à taux zéro et une diminution des prix des logements à deux chiffres, la préférence des ménages primo acquérants va sans doute au second scénario...

Seule une politique d'offre, en direction du logement des catégories sociales moins favorisées, peut, sans déstabiliser le marché, avoir un impact favorable en accompagnant le retournement des prix.