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Mission effectuée en Estonie et en Lituanie du 3 au 7 juillet 2005

 

III. UNE PRÉSENCE ÉCONOMIQUE FRANÇAISE À DÉVELOPPER

S'agissant enfin de la présence économique française dans les pays baltes, nos interlocuteurs ont regretté son insuffisance. Or le marché balte, qui compte en tout huit millions d'habitants, offre des opportunités intéressantes pour nos entreprises, d'autant qu'il constitue également un tremplin vers les immenses marchés ukrainien et russe.

A. UNE PRÉSENCE INSUFFISANTE

1. En Estonie

La France, avec une part de marché de 2 % est le 12ème fournisseur de l'Estonie, les ventes d'automobiles représentant un tiers des exportations, suivies par les produits agricoles et les industries alimentaires. La France est son 14ème client et, avec 0,4 % des investissements directs étrangers, le 18ème investisseur.

Nos interlocuteurs estoniens ont regretté à la fois la faiblesse des exportations de biens d'équipement français, qui viennent majoritairement de PME et l'absence des grandes entreprises françaises sur des grands projets d'infrastructures de transports, qui vont connaître un développement important dans les années à venir, avec les fonds structurels.

2. En Lituanie

La France est le 11ème fournisseur de la Lituanie, avec une part de marché de 3,2 % et son quatrième client, avec 6,3 % des ventes lituaniennes : l'énergie représente 36 % des achats français. Les seules entreprises importantes françaises présentes sont Dalkia (Veolia) pour les centrales thermiques de chauffage urbain, et Levira (TDF), pour les radio-télécommunications.

La position de la France en Lituanie n'est pas tellement meilleure même si elle devrait s'améliorer, notamment du fait du développement des activités de Dalkia. La mission s'est rendue dans l'une de ses filiales, qui a remporté un important marché de rénovation du réseau de chauffage de la ville de Vilnius. L'entreprise, premier acteur de la présence économique française en Lituanie, devrait injecter environ 150 millions d'euros sur 15 ans dans l'économie lituanienne. En outre, s'agissant des échanges commerciaux, les relations avec ce pays se sont intensifiées, puisque la France est passée de la 15ème à la 5ème place.

B. UNE PRÉSENCE À ACCENTUER

1. Des avantages à investir dans les pays baltes

Les interlocuteurs de la mission en Lituanie et en Estonie ont vivement souhaité que les échanges avec les entreprises françaises s'intensifient, notamment dans les secteurs de haute technologie, afin de leur permettre de diversifier leurs fournisseurs.

Or la délégation souligne que les avantages à y investir sont effectivement nombreux : ils constituent des pays sûrs, aux frontières de l'Union européenne avec la Russie, marqués par une législation harmonisée avec l'Union européenne et favorable aux investissements étrangers, une fiscalité simple et attractive, un système bancaire très fiable ainsi qu'un pôle de transit et de logistique. Ils représentent ainsi des bases d'opérations intéressantes pour aborder les marchés de la zone CEI : il est plus facile de monter un bureau à Vilnius ou à Kaunas qu'en CEI en raison d'un environnement des affaires plus favorable (cadre législatif, fiscalité, facilités portuaires, proximité des métropoles nordiques)5(*). Il convient d'ailleurs à cet égard de rappeler que la première langue étrangère enseignée en Lituanie est le français.

2. Des secteurs porteurs

Les secteurs de l'énergie et des transports apparaissent stratégiques pour les intérêts français : la perspective de la création d'un nouveau réacteur nucléaire pourrait notamment constituer une opportunité pour la France, qui dispose d'une expérience et d'un savoir-faire particuliers en la matière. De même, la réalisation du tramway de Vilnius, qui devrait commencer en 2007, pour quatre ans, pourrait intéresser plusieurs entreprises françaises.

En Estonie, des perspectives s'ouvrent également sur les contrats d'infrastructures : il s'agit notamment de projets concernant les transports (modernisation du réseau ferroviaire, projet rail baltica, construction d'un pont entre l'île de Muhu et le continent et d'un pont à la frontière russe au-dessus de la Narva), les infrastructures portuaires et l'énergie.

D'autres secteurs sont porteurs pour les entreprises françaises, à l'instar du traitement de l'eau et des déchets, ou du secteur agroalimentaire, qui représente 34 % de la production industrielle estonienne, et a besoin de nouveaux investissements en équipements.

* 5 Mission économique, 16 septembre 2002.