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Mission effectuée en Estonie et en Lituanie du 3 au 7 juillet 2005

 

C. LES ENJEUX ÉCONOMIQUES DE L'INTÉGRATION

La délégation relève que, de manière générale, les personnes rencontrées ont exprimé leur soutien aux fonds structurels davantage qu'aux aides directes de la politique agricole commune( PAC), la Lituanie étant plus favorable à cette dernière que l'Estonie.

1. Une politique agricole commune davantage soutenue en Lituanie qu'en Estonie

En Estonie, certains parlementaires se sont clairement exprimés en faveur de la suppression du système des soutiens directs à l'agriculture. La politique agricole commune est en revanche suivie avec plus d'attention en Lituanie, où l'agriculture emploie encore 17 % de la population active, qu'en Estonie, où elle a dû s'adapter sans soutien de l'Etat et où elle ne représente plus que 5 % des emplois. L'agriculture lituanienne, caractérisée par des exploitations de faible dimension, n'a pas encore achevé ses réformes structurelles, puisqu'il reste encore 10 à 15 % des terres à restituer. Dans ce contexte, une évolution de la PAC est souhaitée, vers une réduction des aides directes et des subventions à l'exportation mais sans précipitation, et vers un soutien aux réformes structurelles plus qu'à la PAC-Marché.

2. Un attachement très fort aux fonds structurels

L'attachement aux fonds structurels est en revanche très fort et c'est pourquoi ces Etats souhaitaient, au moment de la visite de la délégation, obtenir un accord rapide pour 2007-2013. D'après les informations du ministère des finances lituanien, l'effet des fonds structurels sur l'économie nationale pourrait atteindre environ 1 point de croissance du PIB, près de 40 % des fonds européens étant consacrés aux infrastructures. Toutefois, on observe pour l'instant une sous-consommation des crédits, liée à l'insuffisance des capacités administratives d'absorption et à la difficile mobilisation des porteurs de projets.

3. Une question énergétique très sensible en Lituanie : l'avenir de la centrale nucléaire d'Ignalina

Au chapitre des relations avec l'Europe, il existe actuellement un sujet extrêmement sensible pour la Lituanie, qui concerne son indépendance énergétique. Le pays a procédé en 2005, comme convenu, à la mise à l'arrêt du premier des deux réacteurs de la centrale nucléaire d'Ignalina, construite au début des années 1980, considérée par l'Union européenne comme dangereuse et non modernisable. Il faut rappeler en effet que le site utilise la même technologie que celle de Tchernobyl.

Toutefois, pour le second réacteur, qui doit être arrêté en principe en 2009, le coût de la fermeture, estimé à 2,4 milliards d'euros, s'annonce extrêmement important, puisque la centrale fournit plus de la moitié de l'électricité du pays et constitue le premier employeur du pays. Le Conseil européen de Bruxelles d'octobre 2002 a prévu un soutien financier additionnel de l'Union européenne de 30 millions d'euros pour la fermeture. Au total, 500 millions d'euros d'aides accompagneront la fermeture.

Les parlementaires lituaniens rencontrés ont souligné, pour nombre d'entre eux, leur volonté de maintenir une énergie d'origine nucléaire. Mais l'investissement dans une nouvelle centrale serait équivalent au budget annuel du pays. C'est pourquoi la législation a été modifiée en 2002 pour permettre à une société étrangère de construire et d'exploiter une centrale nucléaire en Lituanie. Ces parlementaires souhaitent que des experts internationaux viennent sur place, afin de déterminer la durée de vie possible du réacteur et que la France, qui a une longue expérience en matière de nucléaire, participe à ce processus et apporte son expertise pour soutenir la volonté du Gouvernement de construire un nouveau site moderne répondant aux normes actuellement en vigueur.