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Albanie et Macédoine : deux pays des Balkans à ne pas oublier

 

B. DES STRUCTURES ADMINISTRATIVES FAIBLES, UNE CORRUPTION LATENTE

L'administration publique albanaise doit encore faire de nombreux progrès. Dans ses rapports, la Commission européenne rappelle que « des problèmes anciens tels que la corruption, les ingérences politiques, la pénurie chronique de ressources humaines, une forte rotation des effectifs et une mise en oeuvre insuffisante du cadre juridique en matière d'administration publique persistent à faire obstacle à la consolidation d'une fonction publique professionnelle et indépendante ». Par ailleurs, « bien que des progrès aient été faits dans l'utilisation de procédures de sélection équitables et professionnelles, les nominations arbitraires restent beaucoup trop fréquentes ».

Les insuffisances touchent également le système judiciaire, qui fonctionne très mal. Selon des enquêtes, la corruption touche tous les acteurs du système judiciaire, y compris les magistrats, les procureurs, les personnels administratifs et les avocats. Les poursuites limitées engagées contre les infractions pénales graves restent également un sujet majeur de préoccupation. L'Albanie a pris des mesures pour régler cette question en instituant un tribunal chargé de statuer sur les infractions pénales graves. Des mesures devraient désormais viser à garantir le bon fonctionnement de cette juridiction. Dans ce contexte, l'adoption de dispositions légales suffisantes en matière de protection des témoins est considérée comme un élément crucial pour appuyer le bon fonctionnement de la justice pénale.

Par ailleurs, bien que difficiles à quantifier, les revenus résultant des activités illégales (trafics d'être humains, de drogue, d'armes, de cigarettes et de voitures volées) représentent une part importante de l'économie du pays. L'ampleur des activités criminelles en Albanie, avec leurs multiples ramifications dans l'administration locale, appelle des mesures draconiennes. Les avancées périodiquement annoncées par le pouvoir consistent surtout en l'élaboration ou à l'amélioration d'un cadre législatif et réglementaire, mais dont l'application se fait attendre.

Selon l'organisation « Transparency international », l'indice de perception de la corruption était de 2,4 en Albanie en 2005 (la note maximale de 10 étant attribuée aux pays les moins corrompus), ce qui classe le pays au 117e rang du classement mondial. À titre de comparaison, le pays européen le plus mal classé dans cette évaluation est la Roumanie (indice de 3) qui se classe au 85e rang mondial. L'Albanie participe aux travaux du groupe d'États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l'Europe et à d'autres initiatives internationales de lutte contre la corruption.

Si l'administration albanaise est difficile à réformer, des progrès ont en revanche été réalisés dans le domaine des douanes et également dans le domaine de la défense, comme votre rapporteur a pu le constater. L'Albanie, qui aspire à rejoindre l'OTAN, a mis en oeuvre un plan draconien de réduction de ses effectifs et d'adaptation de son matériel militaire. Le choix a été fait d'abandonner les forces aériennes lourdes, obsolètes et inadaptées à un pays montagneux et de petite taille, et d'investir dans des moyens de transports légers et multifonctionnels comme les hélicoptères. Les forces armées albanaises se réorientent vers des missions de protection civile et d'appui au contrôle des frontières, qui sont deux priorités du nouveau gouvernement.