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Albanie et Macédoine : deux pays des Balkans à ne pas oublier

 

III. DES RELATIONS COMPLEXES AVEC L'UNION EUROPÉENNE

A. L'UNION EUROPÉENNE, ACTEUR PARMI D'AUTRES EN ALBANIE

Qu'en est-il des relations entre l'Union européenne et l'Albanie ?

La Commission européenne dispose d'un bureau de représentation moderne à Tirana, elle mène un programme d'assistance en vue de conclure des négociations d'un accord de stabilisation et d'association.

Par ailleurs, l'Union alloue de 40 à 60 millions d'euros par an à l'Albanie par le biais du programme CARDS (2(*)).

Allocations du programme CARDS en Albanie

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

TOTAL

33.4

37.5

44.9

46.5

63.5

44.2

45.5

315.5

En millions d'euros

L'assistance de l'Union européenne est évidemment importante pour l'Albanie, mais elle reste assez modeste au regard des besoins de développement du pays. Le soutien financier est par ailleurs ciblé sur le renforcement des capacités institutionnelles, dont les résultats sont moins immédiatement tangibles que le développement des infrastructures. De plus, la mise en oeuvre de l'assistance communautaire est assez lente.


Le programme CARDS en Albanie

Entre 2000 et 2003, l'Albanie a bénéficié d'environ 180 millions d'euros d'assistance communautaire. Outre les subventions au titre du programme CARDS, la Communauté européenne a fourni un soutien à des actions spécifiques en matière de Justice et d'affaires intérieures ainsi que d'assistance humanitaire et d'aide à la démocratisation.

En 2003, 46,5 millions d'euros ont été alloués à l'Albanie au titre de CARDS pour des actions dans les domaines de la justice et des affaires intérieures, du renforcement des capacités administratives, du développement économique et social et de la stabilisation démocratique. Le sommet de Thessalonique de juin 2003 a alloué des ressources financières supplémentaires aux Balkans occidentaux, ce qui signifiait une enveloppe supplémentaire de 6 millions d'euros.

Outre le programme CARDS, l'Albanie bénéficie de financements alloués au cas par cas au titre de lignes budgétaires spécifiques dans les domaines de la justice et des affaires intérieures, des droits de l'homme et de la démocratisation et de l'environnement. Au titre du programme-cadre de recherche et de développement technologique (RDT), l'Albanie peut bénéficier de financements.

La mise en oeuvre d'un certain nombre de programmes CARDS est en cours. Ces programmes incluent la poursuite des missions résidentes d'appui à la police et à la douane (y compris l'« initiative contre la criminalité organisée » visant à renforcer les capacités de la police et de l'administration des douanes de lutter contre la criminalité organisée), l'appui au ministère de l'économie en matière de normes et de certification, l'assistance au ministère de l'intégration européenne sur la programmation et le suivi du programme CARDS, une enquête complète sur les mines et les engins non explosés à la frontière avec le Kosovo, un programme de formation juridique ainsi qu'un projet en vue de la formulation et de la mise en oeuvre de la politique de migration dans l'ensemble de l'action gouvernementale.

L'Albanie bénéficie également d'une assistance macrofinancière à hauteur d'environ 25 millions d'euros et de prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour environ 150 millions d'euros depuis 1995.

La Commission européenne n'est pas, et de loin, le seul acteur du développement économique de l'Albanie. Un important soutien, notamment au développement des infrastructures, vient de la Banque Mondiale. De nombreuses organisations internationales, dont le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et des organisations non gouvernementales sont présentes à Tirana, et dans le pays. La présence de ces acteurs internationaux montre clairement que l'Albanie est un pays « sous assistance », plus proche de la situation de pays du tiers monde que de celle d'un pays européen.

L'économie albanaise demeure donc fragile et tributaire de l'aide extérieure : l'économie demeure non seulement fortement dépendante des aides institutionnelles extérieures (Union européenne, institutions financières internationales, aides bilatérales), mais également des transferts de revenus des expatriés (en Grèce et en Italie principalement).

* (2) Programme communautaire d'assistance à la reconstruction, au développement et à la stabilisation des Balkans occidentaux