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La France et la gestion des crises africaines :quels changements possibles ?

 

2. Une expérience réussie d'intégration régionale

L'Union européenne a tout d'abord valeur d'exemple par les solidarités et coopérations concrètes qu'elle a permis de mettre en oeuvre entre des nations que l'histoire avait longtemps confrontées. Aujourd'hui encore, dans les Balkans, c'est cette même dynamique qui est à l'oeuvre même si la perspective d'adhésion offerte aux Etats concernés n'est évidemment pas transposable à d'autres parties du monde et donc à l'Afrique.

L'Union européenne s'affirme ensuite comme un soutien résolu et un relais solide pour l'Organisation des Nations unies. Deux de ses membres ont le statut de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et ont à ce titre une responsabilité particulière pour les opérations de maintien de la paix mais surtout, l'Union peut apporter un soutien opérationnel à la mise en oeuvre des décisions du Conseil de sécurité.

C'est ainsi que l'opération Artémis, première opération de l'Union européenne en Afrique, visait à apporter un soutien à la MONUC, de même que, plus récemment, l'opération EUFOR-RD Congo.

Au Darfour, l'Union européenne intervient en soutien des troupes de l'Union africaine, en vue de l'application des accords de cessez le feu.

C'est donc un modèle multilatéral que représente l'Union européenne dans ses interventions dans les crises africaines, modèle qui peut être mieux reçu et mieux perçu que d'autres types d'intervention, notamment de celles de l'OTAN.

3. Une approche intégrée

La complexité des situations de crises appelle une réponse qui ne soit pas seulement militaire ou sécuritaire.

Les compétences communautaires, fondées sur une logique de développement, se sont enrichies de dispositifs de gestion dite « civile » des crises, à l'exemple du mécanisme de réaction rapide. Les actions spécifiquement militaires relèvent, quant à elles, du deuxième pilier.

L'Union européenne dispose théoriquement d'une pluralité d'instruments permettant une approche intégrée des situations. Elle est ainsi susceptible d'intervenir sous des formes diverses et complémentaires : politiques, financières, sécuritaires ou encore militaires, à la différence de l'OTAN qui reste une organisation militaire de défense collective.

De la stabilisation à la reconstruction, l'Union européenne peut donc, en principe, mettre en oeuvre une approche intégrée. Elle se doit désormais de renforcer la cohérence de son action pour une véritable stratégie de gestion des crises et pour affirmer son autonomie stratégique.