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La France et la gestion des crises africaines :quels changements possibles ?

 

C. LES AXES DU CHANGEMENT : MULTILATÉRALISATION ET APPROPRIATION AFRICAINE

Les bases de la coopération militaire et les nouvelles conditions d'intervention française ont été redéfinies selon les axes suivants : développement des capacités africaines, multilatéralisme et orientation régionale plus large.

1. La rénovation de la coopération militaire : priorité à la formation

La réforme du dispositif de coopération militaire a été le corollaire de la réforme de la coopération de 1998 qui a vu l'incorporation des moyens spécifiques du ministère de la coopération au sein des services du ministère des Affaires étrangères.

Les moyens de la mission militaire de coopération, qui dépendait du ministre de la coopération ont été regroupés avec ceux de la coopération générale de défense au sein de la direction de la coopération militaire et de défense qui relève de la direction générale des affaires politiques et de sécurité du Quai d'Orsay.

L'organisation actuelle réserve une place particulière au profit de l'Afrique sub-saharienne, domaine de compétence de la sous-direction de la coopération militaire.

Comme en matière de coopération technique, la mutation opérée a correspondu à une évolution qualitative : la coopération de substitution a laissé place au développement de la formation des armées locales.

En 1998, la coopération avec l'Afrique (pays du Maghreb compris) représentait plus de 96 % de l'effort en personnel (614 postes sur 637, dont 570 en Afrique subsaharienne). En 2006, l'Afrique accueille 282 coopérants sur 355, soit 79,5 % des effectifs.

Si l'on examine le nombre de stagiaires accueillis en France, la réorientation est encore plus sensible : les stagiaires originaires d'Afrique représentent, en 2005, 40 % du total, soit 751 sur 1 489. A partir de 1997 et de la création des écoles nationales à vocation régionale, la formation en France des personnels africains a diminué au profit de l'accueil en écoles nationales à vocation régionale (ENVR).

Le réseau des ENVR a été mis en place en 1997 pour dispenser une formation sur place, accessible à moindre coût à un plus grand nombre de stagiaires et mieux adaptée aux besoins que les formations dispensées en France. Ces écoles accueillent des stagiaires au delà de leur pays d'implantation : sur 1198 places en 2005, 811 concernaient des stagiaires étrangers au pays de formation.

Le réseau comprend 14 écoles réparties sur 8 pays d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest:

Pays

Écoles nationales à vocation régionale

Bénin

Centre de Perfectionnement aux Techniques de Déminage et de Dépollution (Ouidah)

 

Centre de Perfectionnement de la Police Judiciaire(Porto-Novo)

Burkina Faso

Ecole Militaire Technique de Ouagadougou

Cameroun

Centre de Perfectionnement aux Techniques de Maintien de l'Ordre (Awaé)

 

Pôle Aéronautique National à Vocation Régionale (Garoua)

Gabon

Ecole d'Etat-Major (Libreville)

Mali

Ecole de Maintien de Paix (Koulikoro)

 

Ecole Militaire d'Administration (Koulikoro)

 

Ecole d'Etat-Major (Koulikoro)

Niger

Ecole des Personnels Paramédicaux de Niamey

Togo

Ecole du Service de Santé de Lomé

Sénégal

Ecole d'Application de l'Infanterie (Thiès)

 

Ecole Nationale des Officiers d'Active (Thiès)

 

Centre de Perfectionnement de la Gendarmerie Mobile (Ouakam)

La France consacrait à ce réseau 11,4 millions d'euros, en 2005, en prenant en charge la solde des personnels d'encadrement, un soutien en ingénierie (logistique et infrastructures) ainsi que les coûts de formation et de transport des stagiaires.