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Le Moyen-Orient à l'heure nucléaire

 

C. COMMENT CONVAINCRE L'IRAN DE NE PAS SE DOTER D'ARMES NUCLÉAIRES ET ÉVITER LA NUCLÉARISATION DU MOYEN-ORIENT ?

1. Le programme nucléaire iranien n'a pas pu être arrêté par la négociation

Les Etats-Unis ont déclaré que la nucléarisation de l'Iran était inacceptable et que, faute d'un arrêt de son programme d'enrichissement, « toutes les options étaient sur la table ». Les Etats-Unis n'ayant aucune relation avec l'Iran depuis l'occupation de son ambassade en 1979, c'est à l'Europe qu'il est revenu d'engager avec l'Iran un « dialogue critique ». Ce qu'elle fit à partir de 2003 en confiant à la Grande-Bretagne, à l'Allemagne et à la France la mission de conduire une négociation au nom de l'Union européenne. Après plusieurs années d'efforts infructueux, l'Europe s'est décidée à transmettre le dossier iranien au Conseil de sécurité. Celui-ci a enjoint Téhéran d'interrompre son activité d'enrichissement. Faute de s'être conformé à cette injonction, le Conseil a décidé de lui imposer des sanctions, qui sont restées bénignes.

Parmi les raisons pour lesquelles l'Iran ne s'est pas rendu aux arguments et aux propositions européennes, il y a le fait qu'un consensus national iranien fort existe en faveur du programme nucléaire. De plus, les mécanismes de la prise de décision à Téhéran sont complexes. Le pouvoir est réparti entre plusieurs factions qui jouent leur propre jeu, de sorte qu'arrêter un programme aussi stratégique que le programme nucléaire se heurte à des obstacles difficilement surmontables.

2. Il est peu probable que le programme nucléaire iranien puisse être arrêté par la force

L'hypothèse d'une destruction des sites par une attaque aérienne a été étudiée par les Etats-Unis et présentée comme une « solution » possible pendant le mandat de Georges W. Bush. Au début de 2005, le journaliste américain Seymour M. Hersh a révélé que le Gouvernement américain continuait de privilégier l'option militaire et avait entrepris de localiser l'ensemble des sites de production iraniens. Pourtant le Président Bush a renoncé à une attaque qui ne semble pas non plus être envisagée par le Président Obama.

En Israël non plus, et contrairement à ce que l'on pourrait penser, rien n'est décidé. La position officielle est claire : un arsenal nucléaire iranien constitue pour le pays un risque « existentiel ». Pourtant, il y a deux écoles sur le sujet. L'une se résignerait à la prolifération nucléaire et mettrait l'accent sur les futurs équilibres stratégiques. L'autre est résolue à stopper l'Iran quoiqu'il en coûte. Vos rapporteurs ont rencontré, au sein des think tanks israéliens, des représentants de chacune de ces deux écoles.

Une partie du débat en Israël porte non pas sur la faisabilité d'une attaque, mais sur son opportunité eu égard aux représailles auxquelles il faudrait s'attendre de la part de l'Iran. Dans cette perspective, les forces armées israéliennes ont, selon toute vraisemblance, renforcé la capacité de frappe en second de leur force de dissuasion : nucléarisation des missiles Harpoon tirés à partir de sous-marins Dolphin -durcissement des silos etc... La défense antibalistique a elle aussi été modernisée par la mise en oeuvre de systèmes anti-missiles américains de type Arrow 2 et Arrow 3.