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Russie : puissance ou interdépendance énergétique ?

 

C. LA COOPÉRATION EN MATIÈRE D'EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

1. La coopération institutionnelle

Le marché de l'efficacité énergétique en Russie suscite de fortes convoitises, et plusieurs pays (Allemagne, Italie, Pays-Bas) ont engagé des coopérations avec la Russie. La démarche la plus poussée est, pour l'heure, conduite par l'Allemagne, qui s'est entendue avec la Russie pour créer une agence russo-allemande d'efficacité énergétique, structure semi-commerciale dotée d'un budget de cinq millions d'euros, sous supervision de la DENA, l'homologue allemand de l'ADEME, et du ministère russe de l'énergie.

Le potentiel de coopération franco-russe dans ce domaine n'en reste pas moins très important. Le ministère de l'énergie, du développement durable et de la mer et ministère russe de l'énergie ont signé le 20 septembre 2008, lors du séminaire gouvernemental de Sotchi, un mémorandum sur la coopération dans le domaine de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

Ce mémorandum a conduit, en mars 2009, à la mise en place d'un comité conjoint, chargé de proposer un programme de travail pluriannuel et de favoriser le montage de projets commerciaux et institutionnels franco-russes en matière d'efficacité énergétique.

L'ADEME pourrait proposer son expertise à la Russie pour l'assister dans son projet de création d'une agence publique d'efficacité énergétique. Alors que les relais institutionnels sont très importants en Russie pour mener des projets et conclure des contrats, le positionnement de l'ADEME comme « référent efficacité énergétique » permettrait, entre autres, de mieux valoriser l'offre commerciale française dans ce domaine.

2. La coopération industrielle

Plusieurs entreprises françaises se positionnent très activement dans le domaine de l'efficacité énergétique. La rénovation des chauffages urbains, dont la Russie concentre 55 % des réseaux du monde, est identifié par le rapport Mandil « Sécurité énergétique et Union européenne » comme l'une des actions de coopération prioritaires dans le domaine de l'efficacité énergétique.

Dalkia souhaite s'impliquer fortement dans ce domaine, et noue des contacts étroits avec des partenaires locaux et industriels :

- attribution à Neva Energia, contrôlée majoritairement par Dalkia, en 2008, du contrat d'affermage de la ville de Slantsy (35 000 habitants) ;

- projet de coopération avec la ville et la région de Kalouga dans le domaine des réseaux de chaleur. La France a récemment octroyé un financement FASEP (fonds d'études et d'aide au secteur privé) en vue de la réhabilitation de ces réseaux ;

- accord en vue de la création d'une joint-venture entre la société électrique TGK-4 (groupe Onexim) et Dalkia consacrée à la distribution et à la vente de chaleur dans la région de Koursk.

D'autres entreprises françaises se positionnent sur le créneau de l'efficacité énergétique en Russie :

- la joint-venture créée entre Fenice, filiale italienne d'EDF spécialisée dans l'efficacité énergétique, et Inter RAO a emporté deux premiers contrats : amélioration de l'efficacité énergétique des procédés industriels de la société automobile Avtovaz et de la centrale thermique de Saint-Petersbourg Nord-Ouest.;

- d'autres sociétés comme Schneider Electric et De Dietrich souhaitent faire de l'efficacité énergétique des axes essentiels de leur développement sur le marché russe.

Plusieurs de ces entreprises envisagent, avec le soutien de l'ADEME, de se fédérer dans un « club d'affaires franco-russe sur l'efficacité énergétique ». Ce club, qui s'inscrirait dans le cadre du mémorandum signé à Sotchi, permettrait de structurer l'offre française et de favoriser la reconnaissance par les autorités russes des projets d'investissements franco-russes dans l'efficacité énergétique. La création de ce club devrait être annoncée dans le cadre de l'année croisée France-Russie 2010.