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La grippe A (H1N1)v : Retours sur « la première pandémie du XXIe siècle » (rapport)

29 juillet 2010 : Grippe A - La grippe A (H1N1)v : Retours sur « la première pandémie du XXIe siècle » (rapport) ( rapport de commission d'enquête )

CONTRIBUTION DE M. GILBERT BARBIER
SÉNATEUR DU GROUPE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN
MEMBRE DE LA COMMISSION D'ENQUÊTE

Le but de la commission d'enquête sénatoriale sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe A (H1N1) était bien défini et très ciblé. Cette commission venait en complément de la mission de l'Assemblée Nationale qui avait, elle, un objectif élargi à l'ensemble de la gestion de la pandémie.

Notre commission après de très nombreuses auditions dont, certaines s'éloignaient du but de la mission, a en fait repris l'ensemble de la problématique.

En s'en tenant au strict but de la mission, il m'apparaît, qu'à aucun moment les firmes pharmaceutiques productrices de vaccins ne sont intervenues dans les décisions prises par les autorités de santé de notre pays. Elles ont pu simplement signaler les problèmes qui pourraient se poser pour un approvisionnement satisfaisant compte tenu du délai de fabrication et de conditionnement des vaccins.

Le choix des firmes lors des appels d'offre me paraît tout à fait satisfaisant au regard de la fiabilité de celles-ci.

Parallèlement au but de la mission, il s'est confirmé au fil des auditions que la gestion globale de la pandémie n'a pas été menée de la meilleure manière.

La décision de ne pas recourir aux médecins généralistes libéraux pour vacciner leur clientèle sous un prétexte de coût financier, m'apparaît dénuée de réalisme.

En effet, comment appliquer une mesure de santé aussi globale en éloignant la profession. La réaction du corps médical me semble justifiée. Cette organisation de la vaccination est un échec et il faudra en tenir compte pour l'avenir.

A contrario, il est certain que, au fil des semaines, le caractère relativement bénin de cette épidémie a influencé la décision des Français de ne pas recourir à la vaccination.

Notons aussi la difficulté rencontrée par les CPAM pour établir les listes des personnes à risque, puis de celles de l'ensemble de la population. Certaines personnes ont reçu très tardivement leur bon de vaccination, d'autres s'étant présentées spontanément dans les centres se sont vues refoulées.

D'une manière générale, a posteriori, il est difficile de porter grief des décisions de lutte contre la pandémie prises en mai et juin 2009 alors que la gravité de celle-ci était incertaine.

Les autorités sanitaires françaises ont répondu aux recommandations de l'OMS, et à ce titre, ne peuvent être critiquées. Peut-être les commandes de vaccin auraient pu prévoir une part ferme et une part facultative, notamment concernant, à l'époque, l'incertitude sur l'obligation d'une deuxième injection pour une couverture vaccinale satisfaisante.

Au surplus, on peut considérer que la communication des autorités de santé n'a pas été menée de la meilleure façon, laissant le champ libre trop longtemps aux lobbies anti-vaccination. Par la suite, la dramatisation dans les médias par les autorités n'a pas permis d'inverser l'opinion publique du fait également de l'exclusion du corps médical de cette organisation.

Telles sont les observations que je formule suite à cette mission.