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Les toxicomanies (Tome I : Rapport)

30 juin 2011 : Les toxicomanies (Tome I : Rapport) ( rapport d'information )
2. Prévenir dès le plus jeune âge

S'il était une seule leçon à retenir des auditions de la mission d'information, ce serait en effet le caractère prioritaire de la prévention destinée aux plus jeunes. Dès lors, sans méconnaître les efforts menés dans l'ensemble de l'Éducation nationale et ailleurs, vos rapporteurs ont choisi de mettre en exergue le rôle central des services de santé scolaire dans le travail de prévention à mener, tout en insistant par ailleurs sur la nécessaire association des familles, trop souvent tenues à l'écart, en fonction, sans doute, de choix méthodologiques dépassés.

a) Le consensus scientifique sur l'efficacité des programmes s'adressant aux plus jeunes

Intervenir dès la petite enfance

Les témoignages recueillis par la mission d'information établissent de façon convaincante que, plus l'expérience de la drogue est précoce, plus le risque de voir un abus ou une dépendance se manifester par la suite est sensible. La consommation avant l'âge de douze ans apparaît, en particulier, comme un facteur prédictif de la possibilité d'une dépendance à la fin de l'adolescence. Il convient manifestement d'intervenir bien avant : dès l'école primaire. M. Serge Lebigot, président de l'association Parents contre la drogue a confirmé du point de vue des parents l'importance de cette démarche précoce : « Nous n'avons de cesse de réclamer une politique de prévention et de sortie de la toxicomanie. Je parle ici d'une prévention sérieuse, dès le plus jeune âge. Il ne s'agit ni de banaliser, ni de dramatiser mais d'expliquer les problèmes liés à la drogue, en relation avec les problèmes de l'adolescence. » (123(*))

Il y a donc nécessité urgente à mener des actions de prévention dès le plus jeune âge à l'école primaire, voire à la maternelle.

Notons cependant que l'école, lieu manifestement privilégié de la prévention orientée vers les jeunes, ne doit pas être considérée comme le seul lieu approprié : certains interlocuteurs de la mission d'information ont d'ailleurs mis en doute l'efficacité des actions qui y sont mises en oeuvre ; ainsi, selon Mme Béatrice Magdelaine, chargée de mission santé de la Fédération nationale familles rurales : « L'Éducation nationale n'est pas le lieu où l'on sensibilise le plus d'enfants ; les choses se font souvent en dehors des murs. Nous avons remarqué que tout ce qui se faisait en dehors de l'établissement fonctionnait nettement mieux, comme dans le cadre des forums intercommunaux. Les jeunes de trois ou quatre collèges que l'on accueille en un même lieu autour d'actions relatives au champ de la santé sont bien plus attentifs à ce qui se passe et aux messages qui leur sont adressés. Il ne faut pas réduire la prévention à la seule Éducation nationale. Il existe d'autres actions sur le terrain, même si l'on est souvent confronté à une certaine méconnaissance des acteurs, à une mauvaise coordination et à une absence de moyens financiers. La position de Familles rurales, en ce qui concerne la toxicomanie, est claire : nous n'intervenons pas à la place des associations spécialisées. Nous ne sommes pas compétents. Nous sommes là pour entendre les familles, les jeunes et les renvoyer vers les réseaux existants. » (124(*))

Pour autant, M. Didier Jourdan, coordonnateur du réseau des instituts universitaires de formation des maîtres pour la formation en éducation à la santé et prévention des conduites addictives, a estimé devant la mission (125(*)) : « En matière de prévention des conduites addictives, la première intervention du système éducatif est centrée sur la question de la liberté [...]. L'école doit ainsi s'efforcer, d'abord, de donner à chacun des élèves la capacité de conserver sa liberté vis-à-vis des produits, donc d'être en situation de choix. La seconde intervention de l'école, qui s'approche davantage de l'objet de votre mission, est de donner dans chaque établissement aux enfants la possibilité de trouver des conditions éducatives qui leur conviennent, notamment un environnement exempt de stress, de pression sociale et de produits toxiques. Pour le reste, la diminution de tel ou tel risque de morbidité ou de mortalité me semble relever d'une dynamique de santé publique dont l'école n'a pas pour mission première d'être un vecteur. Ainsi, elle n'est pas un instrument de prévention des pratiques addictives, mais elle en est un acteur, sous les deux angles que je viens de rappeler. Le premier axe de travail est le développement des compétences autour de ce que l'on sait de l'addiction, qui lie individu, environnement et comportement. Il convient donc, à l'école, de donner à chaque élève la capacité de connaître les produits, de se connaître lui-même et de connaître la loi - car il n'y a pas d'éducation sans loi. Le deuxième axe a trait à l'individu : il s'agit de développer chez l'élève les compétences qui lui permettront de résister à la pression et d'être capable de gérer les conflits sans recourir à la violence ou aux psychotropes. Le troisième axe est celui de l'environnement, autour du développement de l'esprit critique et de la mise à distance de la pression des pairs et des médias : dans 96 % des cas, c'est votre meilleur ami qui vous a donné votre première cigarette, dans plus de 90 % des cas, c'est en famille que vous avez consommé de l'alcool pour la première fois. On est là au coeur de la mission de l'école et du socle commun, et c'est donc par là qu'il faut commencer pour prévenir les conduites addictives. » En conséquence : « Éducation, prévention et protection, tels sont donc les rôles de l'école en tant que telle et non en tant qu'instrument. »

Les modalités des actions de prévention diffèrent selon qu'il s'agit de prévention sélective ou indiquées d'une part, de prévention universelle de l'autre.

Prévention sélective et prévention indiquée

M. Alain Morel, directeur général de l'association Oppelia a estimé : « L'intervention précoce a été inventée pour lutter notamment contre les psychoses infantiles, en rapprochant les premiers symptômes des services de soins et des aides nécessaires. Cela amène des résultats considérables et permet de redonner à un enfant ou à un adulte les capacités de modifier son comportement grâce à une aide et à un certain nombre d'outils simples, qui ne sont pas ceux de spécialistes mais qui nécessitent des formations. Parmi les patients que nous recevons, plus de la moitié connaissent des problèmes d'addictions en même temps qu'un psycho-traumatisme lié aux maltraitances, abus sexuels, accidents graves. La prise de produit - légal ou illégal - constitue une recherche de solution. Croyez-vous qu'en leur disant que la consommation est interdite et en leur expliquant les dangers qu'ils courent, on va arriver à répondre à ces problèmes ? Bien sûr que non ! Si on ne se rapproche pas de ces personnes pour évaluer avec elles la situation et apporter des réponses dans la communauté, à travers la famille, les services sociaux, l'école, il n'y a aucun espoir que ce comportement change - ou tardivement, une fois que les choses sont graves. »

Le facteur de risque le plus fréquent en matière d'abus et de dépendance est le trouble des conduites observé dès le plus jeune âge. Il est donc nécessaire, voire urgent, de déceler la violence et les conduites agressives à l'école pour prévenir l'abus et la dépendance qui risquent de s'ensuivre : ce sont les conduites antisociales à l'école qui précèdent ou accompagnent le début de l'abus et de la dépendance, et non l'inverse.

Il existe d'autres troubles - troubles anxieux, hyperactivité - facteurs de risque. Des facteurs génétiques interviennent également pour 30 à 60 % dans le déterminisme de la dépendance, suivant des voies différentes. Ce déterminisme se manifestant dès l'enfance, les programmes de prévention qui se sont avérés efficaces dans ce domaine démarrent au plus tard à l'école primaire.

De nombreux programmes de prévention mis en place à l'étranger ont fait l'objet d'évaluations positives.

Parmi les programmes mentionnés à cet égard par M. Roger Vrand (126(*)), sous-directeur à la direction générale de l'enseignement scolaire du ministère de l'Éducation nationale, il est possible de retenir :

Montréal Prevention Experiment visant à réduire les comportements agressifs chez les enfants âgés de sept à neuf ans ;

- Life Skills training, programme américain de type universel visant à développer les facteurs psycho-sociaux de protection à l'école primaire et au collège ;

Mieux vivre ensemble dès l'école maternelle, programme anglo-saxon adapté en France.

Les programmes qui se sont montrés efficaces mettent en oeuvre un travail sur l'estime de soi et les compétences psychosociales : comment gérer les relations interpersonnelles, résoudre les problèmes, gérer son stress, améliorer la confiance en ses capacités. Il s'agit de compétences de vie. Ce n'est qu'ensuite que l'on met en scène des thèmes en fonction de la maturation du sujet.

Ces thèmes varient. Un programme mené aux États-Unis mentionné par le professeur Bailly va du primaire jusqu'à la fin du collège. Au cours du primaire le travail porte essentiellement sur les compétences de vie, l'on commence à aborder des thèmes spécifiques à partir du collège, en lien avec ce que l'on a travaillé à l'école primaire. Ce programme s'étale sur dix ans et comprend deux parties, un programme de prévention généralisée s'adressant à tous les enfants et un programme de prévention sélective ciblé sur les enfants à risque issus des quartiers défavorisés ou qui présentent un niveau élevé d'agressivité repéré à l'école primaire.

Les objectifs visés sont la diminution de la consommation moyenne de la population adolescente et la baisse des accidents liés à la consommation. Notons que les accidents mortels de circulation liés à un excès d'alcool chez les adolescents ne sont pas dus aux consommateurs abusifs mais occasionnels. Chacun de ces deux groupes de consommateurs nécessite donc une approche différente.

Dans le programme général, on commence par améliorer les compétences psychosociales puis, lors de la transition entre le primaire et le collège, on aborde les produits, la sexualité, le monde du travail, etc., en fonction de la maturation de l'individu. Ce programme a été mis en place il y a trois ans. Il a été possible d'enregistrer d'ores et déjà, au sein de la population en bénéficiant, une diminution très nette de la consommation d'alcool et de drogues, des comportements violents à l'école, de l'absentéisme scolaire et du recours à l'orientation vers des classes spéciales.

Il s'agit de repérer l'enfant « à risque » de manière pragmatique, sans le stigmatiser. Les programmes de prévention pour tous dédramatisent ainsi le contexte, en montrant que tout le monde est concerné mais qu'il existe des différences dans les risques.

En fonction de ces constatations, il apparaît opportun :

- de mettre en place des programmes spécifiques et pérennes, au plus tard à l'école primaire et jusqu'au lycée, afin de détecter les facteurs de risque chez les enfants (comportements agressifs et anti-sociaux, troubles anxieux, hyperactivité...) ;

- d'appeler l'attention des médecins et infirmiers scolaires sur la nécessité d'un dépistage des problèmes psychiques des adolescents pour repérer précocement leur consommation de stupéfiants.

Une fois l'enfant repéré, un programme structuré doit être mis en oeuvre. Il doit comporter des séances individuelles, un suivi tutorisé avec l'élève, des visites effectuées à domicile par un enseignant référent chargé d'accompagner les parents dans le soutien scolaire, des séances avec les parents pour les aider à améliorer ce que l'on appelle leur « habileté parentale » et des séances regroupant les parents et les enfants pour vérifier les acquis.

Prévention universelle

L'éducation préventive destinée à contenir l'expérimentation et la consommation simple de drogues constitue le deuxième volet de toute politique de prévention.

Une partie importante de cet aspect de la politique de prévention est gérée par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES). M. Pierre Arwidson, directeur des affaires scientifiques, a indiqué à cet égard à la mission d'information : « Nous avons conduit deux des trois campagnes médiatiques de ce plan : une campagne d'alerte lancée en 2009, intitulée «Drogues : ne fermons pas les yeux», qui confrontait l'image positive de la drogue à ses conséquences négatives, et une campagne sur la responsabilité des parents et des proches, menée en 2010, «Contre les drogues, chacun peut agir». Nous éditons des documents d'information pour le grand public, comme Drogues et dépendance. Nous projetons d'éditer une série d'ouvrages consacrés à l'aide à la parentalité et aux compétences psycho-sociales. Nous éditons également des documents destinés aux usagers de drogues ainsi qu'aux professionnels qui les entourent. » (127(*))

Les critiques mentionnées plus haut contre la campagne « Drogues : ne fermons pas les yeux » donne à penser que la politique de communication de l'INPES devrait mieux associer l'ensemble des parties prenantes à la lutte contre les toxicomanies dès l'enfance, les familles et les infirmiers scolaires en particulier.

De fait, une grande partie de la prévention générale a lieu en milieu scolaire. Les interventions extérieures (témoignages devant les classes d'associations, de parents concernés par l'addiction de leurs enfants...) y sont souvent jugées inutiles, voire contre-productives. Selon le professeur Daniel Bailly, elles exciteraient plutôt la curiosité des jeunes et auraient fréquemment l'effet inverse de celui recherché. M. Henri Bergeron, chercheur, auteur de Sociologie de la drogue, a estimé de son côté : « Je ne suis pas spécialiste de l'évaluation des campagnes de prévention mais je sais néanmoins, pour m'être plongé dans cette littérature en tant que coordonnateur scientifique de l'OEDT, que les programmes d'intervention qui, à l'école, mettent en avant les forces de l'ordre ne sont pas des plus efficaces. Les policiers ne sont pas considérés comme crédibles. Or, on sait que, dans les campagnes de prévention, la qualité de la source et sa crédibilité sont au moins aussi importantes que l'information transmise. » (128(*))

Cela met en cause, entre autres, le rôle des services de police et de gendarmerie, qui fournissent des efforts remarquables en faveur de la prévention dans les établissements scolaires. Le colonel Marc de Tarlé, chef du bureau des affaires criminelles à la direction générale de la gendarmerie nationale, a indiqué à cet égard à la mission d'information : « La lutte contre le trafic de stupéfiants doit être totale, c'est pourquoi nous ne négligeons pas la prévention. Ainsi, depuis leur création en 1990, six cent soixante-dix formateurs relais antidrogue ont été formés et ils ont touché environ 7 millions de personnes, notamment des jeunes, dans divers milieux. Le dispositif SAGES - «Sanctuarisation globale de l'espace scolaire» - permet en outre d'aller au coeur des établissements classés les plus sensibles en zone relevant de la gendarmerie », tout en précisant que « les retours des enseignants sur le dispositif des formateurs relais antidrogue sont globalement positifs. Je suis bien incapable de vous dire quel est l'impact réel de ces formations sur les préadolescents et les jeunes adolescents que nous rencontrons. Dans la mesure où 42 % des jeunes de dix-sept à vingt ans sont usagers de cannabis, ces formations ne sont certainement pas assez efficaces, mais si elles n'existaient pas, ce serait une lacune dans le dispositif et ce taux serait probablement plus élevé... Il fut un temps où nous n'étions pas bien accueillis dans les collèges ; ce n'est plus le cas car le problème est réel. Mais il serait intéressant que nous puissions faire des sondages auprès des enseignants. Bref, si le dispositif est perfectible, il est nécessaire. » (129(*)) De son côté, M. Patrick Hefner, contrôleur général, chef du pôle judiciaire Prévention et partenariat à la direction générale de la police nationale, a noté : « S'agissant enfin des structures de formation et d'information à destination du public, je ne parlerai que des policiers formateurs anti-drogue : deux cent soixante-sept de ces cinq cent douze fonctionnaires sont dédiés à l'information des parents d'élèves, des élèves et des enseignants dans les collèges et les lycées. En 2010, notre auditoire a été de 112 542 personnes. L'information dispensée est très prisée des parents qui découvrent le monde des stupéfiants. Le savoir unanimement reconnu de ces fonctionnaires est également très apprécié à l'étranger. » (2)

M. Michel Gaudin, préfet de police de Paris, a indiqué de son côté : « la partie répressive de notre métier s'accompagne d'un volet de prévention que nous ne négligeons en aucune façon. Le phénomène est trop préoccupant sur le plan sanitaire comme en termes d'organisation de l'économie souterraine. Il nous faut donc sensibiliser nos concitoyens, notamment les jeunes, à cette problématique. À Paris, notre action de prévention est conduite dans le cadre du contrat de prévention et de sécurité que nous avons signé avec le maire de Paris, qui est parfaitement conscient des difficultés. Mes trois collègues de la petite couronne travaillent également dans le cadre de tels contrats. Nous disposons, intra muros, de vingt-six policiers formateurs antidrogue. Chaque année, nos interventions touchent 14 000 écoliers et collégiens et 11 000 lycéens. » (130(*))

Faut-il revoir ces interventions ? M. Michel Gaudin a encore déclaré devant la mission d'information : « l'éducation sanitaire de nos jeunes concitoyens n'est pas forcément de la compétence de la préfecture de police. C'est la première fois que j'entends un élu dire que les policiers ne sont pas ceux qui assureraient le mieux cette formation - c'est aussi mon avis. Que le «croquemitaine» réussisse dans cette tâche mérite réflexion... Je suis un défenseur acharné de la police de proximité, mais je suis d'accord : apprendre aux jeunes à jouer au football ne fait pas partie du métier de policier. Il reste que les policiers formateurs antidrogue effectuent un travail que personne d'autre ne fait. »

On voit que le débat est ouvert, sans doute serait-il utile de mener une évaluation de ces actions en concertation avec les services de police et de gendarmerie.

On notera simplement ici que le premier chercheur à avoir identifié les possibles effets pervers de l'intervention de personnes extérieures dans les classes, a indiqué le professeur Daniel Bailly, fut un enseignant français travaillant en Bretagne sur la prévention et l'alcool dans les écoles. Il a montré que venir parler du produit dans une classe augmentait la curiosité et poussait à l'expérimentation.

Face à une classe, a expliqué le professeur Daniel Bailly, il y a trois groupes d'élèves : « Le premier est constitué de ceux qui sont a priori contre. Le second est composé de ceux qui ont déjà expérimenté et qui ont leur propre idée sur les produits ; le danger est de raconter des choses qui soient à mille lieues de ce qu'ils ont vécu. Dire que le cannabis rend fou va les faire rire. Enfin, il y a ceux qui sont entre les deux. Ce sont les plus dangereux. Ce n'est pas notre parole qui va compter mais la manière dont ceux qui expérimentent vont interpréter nos propos. Le grand risque est d'être disqualifié, en particulier quand on stigmatise le produit, qui est quand même un facteur d'intégration au groupe des pairs. Faire intervenir un ancien toxicomane est plus dangereux. Intervenir juste après un incident dans l'école lié au produit l'est encore plus ». Il faut mettre un terme à ces pratiques, a estimé le professeur Daniel Bailly.


* (123) Audition du 23 mars 2011.

* (124) Audition du 9 février 2011.

* (125) Audition du 25 mai 2011.

* (126) Audition du 1er juin 2011.

* (127) Audition du 16 février 2011.

* (128) Audition du 9 février 2011.

* (129) Audition du 30 mars 2011.

* (130) Audition du 25 mai 2011.