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Les toxicomanies (Tome I : Rapport)

30 juin 2011 : Les toxicomanies (Tome I : Rapport) ( rapport d'information )
3. Améliorer la formation des personnels chargés de la prévention et des enseignants

On a mentionné le besoin de formation des infirmières scolaires et les efforts d'ores et déjà engagés dans ce sens. Le même besoin concerne l'ensemble des intervenants de la lutte contre les toxicomanies. M. Henri Joyeux, président de l'association Familles de France, a estimé devant la mission d'information : « Si les parents craignent que leur enfant ne les aime plus s'ils lui disent «non», il faut leur dispenser une formation à la parentalité. Nous demandons que soit créé un statut parental qui comprendrait ce type de formation. » (134(*)) Quoi qu'il en soit de cette idée originale, la formation des professionnels de santé et celle des enseignants appellent des initiatives fortes.

a) Renforcer la formation des professionnels de la santé

M. Patrick Romestaing, président de la section Santé publique du Conseil national de l'ordre des médecins, a relevé à cet égard : « Hormis en matière de vaccination, la prévention est très insuffisante dans notre pays. On pourrait dire que nos confrères ne cessent d'en faire, mais qu'en même temps ils en font très peu, faute de temps. Ils souhaiteraient que ce pan essentiel d'activité soit spécifiquement rémunéré, par exemple au forfait. Le sujet est d'ailleurs à l'ordre du jour de la négociation conventionnelle. Une mixité de la rémunération permettrait sans doute aux médecins de consacrer plus de temps à la prévention. Cela dit, ils déplorent aussi d'y être mal formés, celle-ci étant le parent pauvre de la formation médicale. » (135(*)) M. Patrick Romestaing a aussi précisé : « Il est urgent de remettre sur les rails une véritable formation continue. C'est une priorité que de former les jeunes médecins à toutes les facettes du métier. Aujourd'hui, formés à l'hôpital, ils ignorent tout ou presque des réalités de l'exercice libéral. »

De même, selon Mme Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'ordre des pharmaciens, « Il faut donc une formation non seulement pour mieux connaître les produits et pour apprendre à sensibiliser la population ou à répondre aux sollicitations des jeunes et des parents, mais aussi pour communiquer avec les toxicomanes. Il faut savoir où sont les bornes à ne pas franchir, sous peine de se laisser entraîner aux dérives qui amènent certains de nos confrères en chambre de discipline. » (2)


* (134) Audition du 9 avril 2011.

* (135) Audition du 9 mars 2011.