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L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques

24 janvier 2012 : L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques ( rapport de l'opecst )

C. LES LIMITES D'UNE APPROCHE GLOBALE AU NIVEAU EUROPÉEN

Depuis le début du XXI° siècle, l'Union européenne a défini par deux fois des stratégies pour dynamiser la recherche et stimuler la compétitivité européenne. La première, dite Stratégie de Lisbonne n'a pas atteint ses objectifs. La seconde, intitulée Horizon 2020 (ex Stratégie 2020), risque de connaître le même sort, sauf si elle est redéfinie.

1. La stratégie de Lisbonne a échoué

Elle fixait en effet des objectifs à la fois trop généraux et trop ambitieux, mais sans préciser les moyens de les atteindre.

Ces objectifs, louables mais vagues, sont clairement affichés dans le texte des conclusions de la présidence du Conseil européen de Lisbonne des 23 et 24 mars 2000 qui stipule que le « nouvel outil stratégique » de l'Union pour la décennie à venir doit lui permettre de « devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion sociale ».

Il s'agit de mettre en place « les infrastructures nécessaires à la diffusion des connaissances », de réformer l'innovation, ainsi que de créer un espace européen de la recherche et de l'innovation. Celui-ci doit permettre de mieux coordonner les activités de recherche au niveau national et au niveau de l'Union, de manière efficace, novatrice et attrayante.

Les programmes nationaux et communs de recherche seront mis en réseau, à titre volontaire et en fonction d'objectifs librement choisis. Des moyens seront mis en place pour diminuer les obstacles à la mobilité des chercheurs et des enseignants en Europe, et pour favoriser l'investissement privé dans la recherche, « en recourant à des mesures fiscales, au capital risque et au soutien de la BEI ». Un brevet communautaire devra être disponible à la fin de 2001.

Des objectifs plus précis sont formulés : le taux d'emploi doit être proche de 70 % d'ici 2010 ; la proportion de femmes actives doit dépasser 60 % à cette date, et le nombre de personnes de 18 à 24 ans n'ayant accompli que le premier cycle de l'enseignement secondaire et qui ne poursuivent pas leurs études ou leur formation doit être réduit de moitié.

Ces objectifs n'ont pas été réalisés. L'Union européenne n'est pas aujourd'hui l'économie la plus compétitive du monde, et les indicateurs proclamés sont loin d'être atteints. Les raisons de cet échec doivent être analysées. Il n'est pas possible de se satisfaire de l'explication globale traditionnellement avancée selon laquelle la stratégie de Lisbonne n'a pas réussi à cause de la crise financière de 2008.

Il apparaît clairement que ses objectifs étaient trop vagues et qu'ils correspondaient à une approche volontariste qui ne s'était pas donné les moyens de les réaliser.

Les moyens juridiques qui auraient pu contribuer à son succès n'ont pas été mis en place. Les discussions sur le brevet européen, par exemple, n'ont pas progressé assez rapidement, de même que les débats sur la standardisation : les délais pour élaborer des standards européens sont encore trop longs.

Tirant le constat de cet échec, l'Union européenne a redéfini une nouvelle approche globale en 2010.