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L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques

24 janvier 2012 : L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques ( rapport de l'opecst )
b. Un vaste transfert de compétences paralysé par de nombreux appels d'offres ?

Les réformes qui ont touché les universités françaises ont eu pour but affiché de rendre plus autonomes ces dernières. Par exemple, la création des PRES (Pôles de recherche et d'enseignement supérieur) a laissé au premier abord beaucoup de liberté aux acteurs locaux qui avaient le choix de créer ou de ne pas créer un PRES.

La forme juridique et les missions des PRES sont laissées elles aussi à la discrétion des acteurs locaux, hormis la signature unique des publications et la gestion des écoles doctorales. On peut considérer que cette réforme donne un peu plus d'autonomie aux acteurs en ce qui concerne leur structuration, car avant cette réforme les établissements et organismes n'avaient que peu de libertés dans ce domaine.

Le premier but affiché de ces appels d'offre a été de promouvoir l'excellence académique, notamment pour figurer en meilleure place dans la compétition internationale.

Le second but était de développer de l'excellence dans le domaine du transfert de connaissances, notamment technologiques. Ainsi, le Plan Campus a accéléré la création de PRES, sous la forme d'établissements publics de coopération scientifique. En effet, le ministère, qui avait dans un premier temps laissé le choix aux acteurs locaux quant à la forme des PRES, a par la suite précisé que seuls des PRES sous forme d'EPCS seraient éligible au Plan Campus.

La mise en concurrence très forte des établissements et des chercheurs les « oblige » à l'excellence et laisse parfois de côté certaines initiatives locales.

Ainsi, il convient d'aider les petites structures de taille régionale, en les incitant à se regrouper, par exemple sous la forme de PRES, afin de mutualiser leurs moyens pour mieux répondre aux appels à projets. La concurrence ainsi créée, qui n'est pas mauvaise en soi, même si elle ne faisait pas partie de la culture française, permettra de financer les meilleures initiatives, qu'elles soient locales, régionales ou nationales.

Nous pensons que l'actuel mille-feuille institutionnel est un frein à la créativité et à l'efficacité. Pour nous, l'université doit être au centre de l'offre de formation et de recherche, à chaque territoire doit correspondre une grande université. Les exemples de l'université de Haute-Savoie et de l'université de Metz nous ont marqués. La mutualisation doit être recherchée pour valoriser au mieux les droits de la recherche française et ne doit pas conduire à ce qu'on appelle improprement les universités de seconde zone. Nous voulons, comme l'université de Haute-Savoie a su le faire avec Grenoble, ou comme dans le cas de l'université de Lorraine qui a conduit à la fusion des trois universités de Nancy et de Metz, privilégier la mutualisation et le travail en réseau sur tout le territoire, en privilégiant l'échelon régional pour faire progresser la recherche.