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L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques

24 janvier 2012 : L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques ( rapport de l'opecst )

B. INNOVATION ET SOCIÉTÉ

C'est dans la relation à l'individu que se crée la valeur de l'innovation, ce qui implique de savoir ce qui a réellement de la valeur pour ceux à qui on s'adresse.

Il est nécessaire d'être à leur service, de comprendre leurs rêves, leurs désirs, leurs espoirs, leurs idéaux, leurs souhaits, leurs valeurs, leurs attentes, leurs besoins. Il faut également respecter leur sensibilité, leur identité, leur culture, leur part de création.

Il convient de connaître leurs pratiques, leur niveau de connaissance, leur vécu. Tout cela afin d'aller plus loin dans ce qui a été fait, pour bâtir un idéal meilleur que le présent.

1. Les deux sens de l'innovation

Le processus d'innovation n'est pas naturel, et peut-être approché de deux façons radicalement opposées : soit en considérant qu'il résulte des avancées scientifiques ou « innovation push », soit qu'il résulte d'un besoin exprimé par la population ou « innovation pull ».

a. L'innovation, conséquence de la recherche

L'innovation est alors considérée comme le passage d'une découverte scientifique à son application industrielle. Elle peut néanmoins déborder le secteur industriel, et être de nature économique et sociale.

Pour qu'il y ait innovation, il faut souvent que les connaissances scientifiques aient atteint un degré de maturité suffisant. Le niveau d'innovation est souvent lié au niveau de l'appareil de recherche du pays concerné, et dépend des crédits disponibles pour la recherche provenant des secteurs public et privé.

Elle dépend aussi de l'intérêt pour la science, la recherche, et de la confiance envers l'avenir et le progrès. Elle suppose l'acceptation du risque et de l'échec. Elle doit être détectée suffisamment tôt.

L'innovation ne se décrète pas : elle est issue d'un processus assez particulier, comme le montre le parcours d'un innovateur : elle repose au départ sur la compétence d'un chercheur. Elle dépend dans un deuxième temps de la capacité à passer du stade de l'idée à sa concrétisation sur un marché.

Elle suppose un environnement particulier : la rencontre d'un chercheur, d'un entrepreneur et d'un financier ; un cadre fiscal favorable et stable ; la possibilité pour les chercheurs de participer à la création d'entreprises ; l'existence de financements suffisants; la présence d'infrastructures adaptées.

Elle découle soit de travaux universitaires passant au monde de l'entreprise (ce qui correspond à une approche top-down), soit de problématiques issues de l'entreprise (approche bottom-up), permettant de faire des sauts technologiques.

Elle dépend de l'attitude des chercheurs par rapport au suivi de leurs recherches, mais aussi du comportement des universités, qui peuvent faciliter ou au contraire freiner toute tentative de liens avec le secteur privé.

Elle est facilitée par certains dispositifs, comme le dispositif Thésame, qui met en relation les petites entreprises avec l'université, en faisant remonter des problématiques générales. Elle est aussi facilitée par la fusion de compétences existant dans divers laboratoires pour traiter des projets multidisciplinaires. Elle a d'autant plus de chances de réussir qu'elle est accompagnée.

Elle est liée à la créativité. Ses moteurs sont nombreux : la sauvegarde de l'emploi, facteur de survie d'une entreprise, la réponse à des besoins, la découverte de nouveaux procédés ou de nouveaux produits. Elle peut être une réponse à des risques identifiés ou à des attentes d'une société, mais aussi la conséquence de recherches scientifiques abouties.

Elle est facilitée en cas de développement sur des secteurs de niche, ce qui permet des complémentarités avec les grands centres.