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L'Afrique est notre avenir

29 octobre 2013 : L'Afrique est notre avenir ( rapport d'information )

II. FAIRE DE L'ÉCONOMIE UNE PRIORITÉ

On a trop longtemps regardé l'Afrique comme un sujet avant tout politique. Le décollage du continent nous impose de regarder les pays africains autrement en mettant la priorité sur la dimension économique.

A. RÉINVESTIR L'AFRIQUE

Longtemps en marge, le continent africain s'impose chaque jour davantage comme un acteur de la croissance mondiale. Le formidable dynamisme démographique de l'Afrique, l'essor de ses entreprises, ses ressources considérables en font une des principales réserves de croissance de l'économie mondiale pour les décennies à venir. C'est pourquoi, il convient de réinvestir l'Afrique et mettre fin au recul de la présence économique française.

1. Définir une stratégie de conquête des marchés africains par filières.

L'élaboration d'un Livre blanc sur l'Afrique devrait comporter une partie centrale dédiée à la promotion de nos intérêts économiques, fruit d'un travail commun des principaux acteurs, aussi bien la direction générale du Trésor, qu'UBIFRANCE, la COFACE, la BPI et les syndicats professionnels, le réseau des chambres consulaires.

Les récents travaux menés par le ministère du commerce extérieur pour identifier les couples pays/secteurs gagnants à l'international vont dans le bon sens mais n'accordent pas assez d'importance à l'Afrique.

Ils ne mentionnent que quatre pays cibles : l'Afrique du Sud, le Nigéria, la Côte d'Ivoire, et le Kenya, sans prendre en compte le potentiel de pays comme l'Éthiopie, le Ghana, le Botswana ou la Mozambique, sans identifier les logiques régionales dans lesquelles évoluent désormais les groupes africains.

Certes, on constate une prise de conscience des responsables gouvernementaux. Nicole BRICQ, ministre du Commerce extérieur, s'est rendue en Afrique du Sud les 14 et 15 octobre, dans le cadre de la visite d'Etat du Président de la République. Il s'agissait du 3ème déplacement de la ministre en Afrique subsaharienne, après le Kenya et le Nigeria mi-septembre et avant la Côte d'Ivoire, le Ghana et l'Éthiopie d'ici fin 2013.

Il ne faut cependant pas oublier que la France conserve des parts de marché importantes, souvent comprises entre 15% et 20%, chez ses partenaires historiques d'Afrique de l'Ouest, qui ont cependant reculé depuis 2000, appelant une action ciblée sur ces pays afin de restaurer ses positions.

Pour y parvenir, cela passe, avec plusieurs de ces pays, par la mise en place d'un pacte de co-production, permettant d'accroître nos exportations, en répondant à leurs exigences en matière de création de valeur ajoutée sur leur territoire et d'affronter ensemble les marchés tiers.

Il faut, de ce point de vue, ne pas seulement se focaliser sur les exportations et la fourniture de biens, mais aussi sur des co-investissements.

Les entreprises françaises ont tout intérêt à s'implanter dans une zone qui sera une des plus dynamiques des prochaines décennies.

Le dispositif français est, par ailleurs, encore trop orienté par les grands contrats (aéronautique, matériel de transport, énergie...) décrochés par nos grandes entreprises.

Ceux-ci, qui sont importants, ne suffisent cependant pas à faire progresser fortement notre part de marché, dans la mesure où ils ne permettent pas d'assurer un flux d'exportations pérenne.

Pour y parvenir, il conviendra aussi de se déployer dans des zones de croissance où les entreprises sont trop peu présentes et où l'Etat n'a pas eu d'action suffisamment structurée, s'agissant de pays d'Afrique anglophones ne se situant pas dans notre aire d'influence traditionnelle.

Un travail de mobilisation est nécessaire pour structurer une démarche internationale de filières qui correspondent aux besoins des marchés africains en réduisant la perception du risque qui est souvent surévalué quand il s'agit de l'Afrique.

Par ailleurs, la pratique du portage, qui a connu une nouvelle impulsion avec la signature, en mai 2011, par 20 grands groupes français de la « Charte Pacte Export », doit être amplifiée et adaptée aux réalités africaines.

Nombre de nos concurrents « chassent naturellement en meutes ». En France, nous n'avons pas cette tradition. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de favoriser cette pratique en rassemblant les grandes entreprises présentes en Afrique telles que Bolloré, Total, Vinci, Bouygues, ou de plus petites entreprises, et de voir comment, selon les secteurs et les géographies, le succès des uns peut tirer les autres.

10) Structurer une démarche internationale par géographies et par secteurs qui correspondent aux besoins des marchés africains, renforcer nos moyens de soutien aux entreprises dans les pays les plus dynamiques tels que l'Afrique du Sud, le Nigéria, la Côte d'Ivoire et le Kenya, mais également l'Éthiopie, le Ghana, le Botswana ou le Mozambique.

11) Développer la pratique du portage des PME par les grands groupes présents sur le continent dans une démarche adaptée aux réalités africaines.