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L'Afrique est notre avenir

29 octobre 2013 : L'Afrique est notre avenir ( rapport d'information )

VI. DÉFENDRE CETTE AUTRE LANGUE AFRICAINE QU'EST LE FRANÇAIS

A. L'ENJEU DE LA FORMATION AU CoeUR DE LA FRANCOPHONIE

Le constat du groupe de travail est qu'en dépit d'une dynamique démographique positive, la Francophonie en Afrique est en difficulté en raison principalement de la fragilité des systèmes éducatifs des pays d'Afrique subsaharienne.

En Afrique francophone, toute les actions qui permettent de consolider l'accès de tous les enfants à une scolarisation de base de qualité, à l'enseignement moyen, ou à la formation professionnelle concourent à la francophonie et contribuent également à l'acquisition de compétences répondant aux besoins réels de l'économie.

Compte tenu des moyens nécessaires pour faire face au défi démographique, les moyens budgétaires de la France doivent se concentrer sur le renforcement de capacité et les réformes qui permettent l'amélioration de la qualité des enseignements et de la gestion des systèmes éducatifs.

Même dans ce domaine, les moyens bilatéraux sont dérisoires par rapport aux besoins. En 2010 et 2011, l'AFD a apporté un appui technique et financier direct pour l'éducation à hauteur de 54,5 millions dans le domaine de l'éducation dans différents pays (Mali, Burkina, Mauritanie, Burundi, Tanzanie et République centrafricaine), ou à travers des programmes régionaux (soutenus par l'Agence universitaire de la Francophonie - AUF - et l'Organisation internationale de la Francophonie - OIF).

Des efforts importants dans une enveloppe contrainte ont été effectués ces dernières années sous l'impulsion du contrat d'objectif et de moyen (2009-2013) qui tendait à redresser l'effort de l'AFD dans un secteur qu'elle avait quelque peu délaissé. Ainsi la part des dons de l'AFD affectés à l'éducation et la formation professionnelle en Afrique subsaharienne doit passer de 12 % atteints en 2009 à plus de 30 % en 2013, et celle des dons affectés à l'éducation de base en Afrique subsaharienne de 8 % atteints en 2009 à plus de 20 % en 2013.

Il reste que le principal instrument en matière d'éducation reste le Partenariat mondial pour l'éducation (PME). Le PME n'est pas seulement un fonds mondial pour l'éducation, mais c'est aussi une initiative internationale innovante qui permet une articulation forte de l'aide bilatérale, multilatérale et des financements nationaux, en appui à des stratégies nationales solides. Chacun des 46 pays membres a développé une stratégie éducative avec ses propres objectifs en collaboration avec les partenaires locaux qui apportent un soutien financier et technique. Ceci assure une appropriation forte du programme par les partenaires et évite les redondances entre les interventions.

Les pays ayant bénéficié des fonds du PME contribuent activement au financement de leur plan d'éducation : en 2011, ils ont alloué 32,5 Mds$ (soit 19% de leurs dépenses) à l'éducation. En terme de résultats, le taux d'achèvement des études primaires est passé de 56% en 2000 à 68% en 2009 dans les pays ayant bénéficié du soutien du PME, correspondant à une croissance supérieure à celle des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans leur ensemble. Quatorze pays pauvres prioritaires de la stratégie française bénéficient de 43% des financements du PME (949 M$ à ce jour).

Depuis 2002, le PME a permis d'engager plus de 3,5 milliards de dollars et d'obtenir des résultats très positifs : entre 2002 et 2011, le PME a contribué à scolariser 23 millions d'enfants supplémentaires. Le nombre d'enfants scolarisés dans les pays africains soutenus par le PME a progressé de 64 %, soit le double du rythme d'accroissement enregistré dans les autres pays. Dans les pays partenaires du PME, le taux d'alphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans est passé de 77 % entre 2000 et 2003, à 81 % entre 2007 et 2010, le taux d'achèvement des études primaires est passé de 56 % en 2002 à 71% en 2011. Les filles représentent 62 % des nouvelles inscriptions dans les pays partenaires du PME et 68 % des filles achèvent désormais le cycle primaire, comparé à 56% en 2002. Le PME a contribué à construire 37 000 salles de classe, à fournir 220 millions de manuels scolaires, à former 413 000 enseignants.

Si le nombre d'enfants scolarisés a effectivement augmenté depuis 2000, des obstacles continuent de se poser pour maintenir la qualité de l'éducation et mobiliser les ressources nécessaires au financement de l'éducation de tous les enfants de la planète. En 2012, 57 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire ne sont toujours pas scolarisés, le déficit externe de financement de la scolarisation universelle dans le primaire et le secondaire s'élève à 26 milliards USD par année. Il subsiste des groupes importants d'enfants non scolarisés, notamment chez les plus déshérités et les filles. La piètre qualité des apprentissages dans les pays à faible revenu est inquiétante. Les ressources nécessaires pour financer l'éducation sont insuffisantes. Les pays en développement ne cessent d'accroître le montant des ressources qu'ils consacrent à l'éducation, et les bailleurs de fonds du PME ont renforcé leur appui extérieur à ces pays ; mais les financements restent insuffisants, surtout si l'on considère la pénurie d'enseignants et la nécessité d'élargir l'accès à l'éducation secondaire.

Sur le plan multilatéral, la France a joué un rôle moteur dans la conception et la mise en oeuvre du Partenariat. Elle a notamment mis en place une expertise technique rénovée et reconnue destinée à apporter un soutien au montage et à la réalisation des stratégies sectorielles.

Elle fait aujourd'hui partie de la trentaine de donateurs du fonds fiduciaire du PME ; elle y a contribué à hauteur de 20 millions d'euros entre 2005 et 2008 et a signé un engagement de 50 millions d'euros pour les années 2011 à 2013. De plus, deux experts français sont mis à disposition du secrétariat de l'institution placé auprès de la Banque mondiale à Washington.

La France a bénéficié d'une capacité d'influence importante, aujourd'hui amoindrie par l'omniprésence des Britanniques et des Australiens, premiers bailleurs de l'organisation. Elle a ainsi pu peser sur la géographie d'intervention du PME : 80 % des crédits sont aujourd'hui attribués aux pays de notre zone de solidarité prioritaire.

C'est pourquoi le groupe de travail insiste pour que la France renforce sa participation au partenariat mondial pour l'éducation.

55) Renforcer sa participation au Partenariat Mondial pour l'Education.