Allez au contenu, Allez à la navigation

Transport de marchandises face aux impératifs environnementaux

19 mai 2021 : Transport de marchandises face aux impératifs environnementaux ( rapport d'information )

B. SÉLECTION DE RÉPONSES AUX QUESTIONS OUVERTES

Sous quelle forme aimeriez-vous avoir connaissance de l'impact environnemental des solutions de livraison proposées lorsque vous effectuez un achat en ligne (ex. : estimation des émissions de CO2 induites par chaque solution de livraison/proposition d'une solution de livraison « éco-responsable » parmi les options de livraison disponibles, etc.) ?

« En fonction de la distance entre l'entrepôt et le client, un calcul devrait être fait pour indiquer comme le fait la SNCF la consommation de CO2. La complexité du calcul réside dans le transport de masse depuis le fabricant jusqu'à un hub puis d'un hub à une plateforme régionale, puis la livraison du dernier kilomètre. Attention, le produit pour sa fabrication peut avoir fait plusieurs fois le tour du Monde et celui-ci doit être pénalisé.

Ex : un produit fabriqué en Chine et livré à un entrepôt en banlieue parisienne avec quelques kms pour livrer le client résident à Paris aurait-il une meilleure note que le même produit fabriqué à Marseille et livré à Paris ? Je pense qu'il faut calculer l'impact de CO2 du transport de tous les éléments composant un produit depuis son producteur/fabricant et ses sous-traitants. »

« Estimation des émissions, évaluations avec une notation simplifiée, favoriser livraison en point relais, pas de seconde livraison pour favoriser les points relais ou la Poste »

« Estimation des émissions de GES induites par chaque solution en prenant les bases Ademe,

- proposition d'une solution de livraisons « Éco-responsable »,

- indication des lieux (commerces) à proximité proposant ce même article, son coût et la différence d'impact environnemental,

- indication du coût global du produit et de sa livraison, lié à son impact environnemental.

“Mettre donc en place un (réel) coût carbone,

- mettre en place une taxe sur le produit (une TVA évolutive ?), pour que le produit situé à proximité soit systématiquement moins cher que le produit à l'autre bout du monde

- connaître l'ensemble du trajet réalisé par le produit (différents centres de tri, différents moyens de déplacement, taux de remplissage du véhicule).”

« Quelque chose de très simple de type smileys vert/orange/rouge ou score entre 1 et 5. Un peu à la Yuka. Je ne pense pas passer plus de quelques secondes à étudier cet aspect. Il faut que ce soit ultra simple. »

“Proposition d'une solution de livraison « éco-responsable » parmi les options de livraison disponibles, par exemple choix d'une livraison groupée/optimisée afin d'atteindre un certain nombre de livraisons dans un secteur ou un point relais donné, en acceptant en contrepartie un délai un peu plus long (du moins pour les premiers acheteurs). L'aspect “éco-responsable” peut également se retrouver sur l'emballage, autant sur sa composition (origine du carton, du papier bulles, du ruban adhésif, etc., éviter les surimpressions publicitaires sur les cartons et rubans adhésifs qui sont totalement inutiles) que sur le dimensionnement du contenant au contenu (il n'est pas rare de recevoir de petits éléments, parfois entourés de polystyrène pas toujours “éco-responsable”, dans des cartons pouvant contenir une télé !).”

Votre classement des critères de choix de livraison varie-t-il en fonction du type de marchandise livrée ? Expliquez brièvement (ex : la rapidité est un critère moins important pour la livraison de biens rares ou volumineux/le coût de livraison est un critère plus important si le montant de l'achat est faible).

« Je préfère être livré plus tard même si ça prend du temps. Les livraisons ultra rapides qui nécessitent des camions doivent être payantes ou taxées. Il faut développer les points relais dans des murs de casier qui évitent des déplacements à domicile »

« J'aimerais pouvoir choisir une livraison plus lente et un envoi groupé de mes articles sur Amazon quand j'estime ne pas avoir besoin de les recevoir rapidement, tout en gardant la possibilité d'être livré rapidement quand j'estime avoir besoin de l'article rapidement. Ce n'est pas une question de catégorie d'article, mais de discernement personnel. »

« Le critère de rapidité renforce la surconsommation de produits et de livraison. »

« La rapidité n'est pas tout. Il n'y a rien d'écologique dans le e-commerce. »

« La livraison à domicile se justifie pour les colis volumineux. Je trouve les livraisons de petits colis parfaitement immorales et contraires aux exigences environnementales. »

“Il y a une vraie différence entre les achats répondant à un besoin (un câble particulier, un équipement sportif...) et ceux répondant à du plaisir (vêtements, objet de collection, jeux..). Ces derniers, les délais sont nettement moins importants.”

« Pour des achats de biens volumineux, je choisirai constamment un mode de livraison qui m'évitera des déplacements ; tandis que pour des achats de biens rares, je privilégierai un mode de livraison à domicile si les dates proposées par la plateforme de livraison sont non négociables et fixées sur des jours pendant lesquels je suis absent de mon domicile. »

“Zone commerciales = désastre environnemental (et visuel). Les îlots de fraîcheur sont à la mode à Bordeaux. Or les zones commerciales sont goudronnées ce qui réfléchit le rayonnement solaire, les températures au sol ont été mesurées à Mérignac Soleil (zone commerciale) elles peuvent atteindre 70 degrés ! ! !”

« Le nombre de voitures dans les centres commerciaux est impressionnant => pollution »

« Par contre aller chez un petit commerçant indépendant en centre-ville, à pied ou en vélo, est à privilégier pour le commerçant, puis ensuite pour l'environnement. »

« L'environnement est à la mode, le développement durable serait plus approprié ! »

“Le coût de livraison ne doit pas représenter une trop grande part dans le prix final de la commande (idéalement entre 15 et 20 %)”

“La rapidité peut être plus importante dans des périodes comme Noël pour des cadeaux de « dernière minute ». Je privilégie internet sur certains produits, car ils sont malheureusement moins chers sur internet.”

Quel(s) critère(s) pourrai (en) t être déterminant(s) dans votre choix d'un mode de livraison lent :

a) Payer un prix de livraison minimum

b) Réduire l'impact environnemental de la livraison

c) Autre

« Les 2 critères sont aussi importants l'un que l'autre et ne doivent pas s'opposer : si on pollue moins, on paye moins, car on fait des efforts et si on pollue plus on est sanctionné par un prix plus élevé. »

“Responsabiliser le consommateur et la société de e-commerce en prenant en considération le type de commande et la taille de la société (Amazon a un pouvoir plus grand qu'une petite PME) en jouant sur un prix minimal de livraison ou une taxe équivalente reversée aux entreprises locales et visant à réduire l'impact environnemental de la livraison.”

« Respecter les droits du travail. Payer le juste prix. Respecter l'environnement d'où sûrement des livraisons groupées. »

“Les deux critères sont déjà pris en compte : le moins cher et surtout ne pas faire la bêtise de commander un produit pour le lendemain, 3 ou 4 jours sont bien... Le délai d'une semaine est un peu long, mais tout cela est dépendant d'un trajet indiqué et donc compréhensible : on dirait que vous insinuez que plus c'est rapide et plus il faudra de carburant ! C'est idiot, le trajet rapide dépend d'abord de la qualité logistique et les frais de livraison rapides sont surtout dus à une logistique défaillante ! En bref on fait payer plus cher pour soi-disant dire que c'est tellement plus difficile de sortir un produit le jour même alors qu'il est en stock : en bref le « 24 h ou 48 h » c'est du fake ! Ce sont des frais pris sur le client qui ne devraient pas l'être !”

« Réduire l'impact environnemental et humain. Pourquoi devons-nous vivre sous la pression constante de la vitesse ? Livrer de plus en plus et de plus en plus vite avec des livreurs qui courent toute la journée pour de faibles salaires et un vidage de tête garanti ! »

« Pourquoi le prix minimum et l'impact environnemental sont-ils en opposition ? Plus un véhicule est mutualisé, moins son impact est important par produit. »

“Tout dépend de l'urgence de la livraison (ex. : un étudiant peut avoir besoin d'un manuel rapidement).”

« Cumul des deux, payer moins cher et permettre un transport d'un plus gros volume de colis donc moins d'émissions. »

« Les deux, payer le prix minimum tout en lui garantissant un impact environnemental le moins fort possible, d'où l'importance du signal-prix en faisant de la livraison à J+5 une option moins chère que la livraison 24 h. »

« Le suivi et la fiabilité de la livraison. Le besoin immédiat n'existe quasi pas, sauf pour la livraison des repas. Pour certains produits, il est plus important d'être sûr d'être livré à telle ou telle date. La livraison expresse est un besoin alimenté par le fait qu'une fois le produit livré, il n'y a plus d'incertitude de la fiabilité de la commande en ligne. »

Si vous souhaitez partager un commentaire ou une contribution sur l'impact environnemental des livraisons du e-commerce, vous pouvez écrire dans le champ libre ci-dessous.

“Le e-commerce pourrait être une solution énergétiquement économique, écologique et socialement respectueuse, or ce n'est pas le cas. La contrainte actuelle du covid ne doit pas nous faire oublier que le e-commerce génère des émissions de gaz à effet de serre, que les transporteurs sont mal payés par les entreprises et ont de mauvaises conditions de travail. Il serait souhaitable d'encadrer plus strictement l'activité des entreprises de livraison. Les livraisons pourraient être groupées par secteur de livraison et non par date, de façon à économiser du temps de transport, quitte à recevoir plus tard les colis ; les livraisons réellement urgentes sont très rares. Il faudrait également interdire les « retours gratuits » pour que les gens ne se fassent pas livrer des objets dont ils savent d'avance qu'ils ne vont pas les acheter. D'autre part, la construction d'entrepôts à l'extérieur des villes n'est pas une solution durable. Il serait plutôt souhaitable de relocaliser un certain nombre de productions afin de limiter les intermédiaires et les transports inutiles. Peut-être pourrait-on mettre des malus aux livraisons longue distance de produits ne respectant pas les normes sociales et/ou environnementales, par exemple d'objets en plastique venus par containers, dont on sait qu'ils se retrouveront sous forme de micro-plastiques dans les océans et mettront des centaines d'années à disparaître.”

“Actuellement j'ai pris un abonnement Amazon prime, car livraison rapide et surtout gratuite. Pas assez de « box » de proximité où l'on peut récupérer à pied des paquets 24 h/24 h. Les points relais sont souvent dans des zones commerciales : totalement aberrant, car il faut souvent y aller à pied ! Pourquoi ne pas utiliser plus souvent les services du facteur ! ! ! ! Dans tous les cas il passe tous les jours. Pourquoi ne pas trouver des solutions sécurisées pour qu'il laisse les paquets dans tous les nouveaux immeubles (imposer un système sécurisé de consigne 24 h/24 dans les nouvelles constructions) ou bien la même chose via le réseau de petits commerçants de proximité (mais ce n'est pas souvent 24 h/24). Le e-commerce a un impact environnemental effectivement, mais aussi humain (petits commerçants). L'environnement est à la mode, les drames humains par contre perdureront après cette mode sur laquelle vous êtes en train de surfer avec cette enquête.”

« J'ai le sentiment qu'il y a très peu d'entrepôts de stockage des marchandises, aussi les commerces ont tendance, pour regrouper le plus de livraisons possibles dans la même journée, à faire faire de nombreux kilomètres par leurs livreurs dans des camionnettes - je crois que si le quadrillage était plus fin, il serait plus simple pour eux de mettre en place des livraisons avec des modes de livraison plus doux. »

« Je souhaite que le système de livraison évolue vers un système plus en phase avec les enjeux environnementaux. Une livraison express (24-48 h) devrait automatiquement coûter plus cher, car mettant plus de pression sur la chaîne de production/livraison et donc générant un coût humain et social plus élevé (stress au travail, bataille de la performance [ex. : entrepôts Amazon, etc.]. D'autre part ces livraisons sont le plus souvent effectuées par des voitures ou camionnettes thermiques et donc polluantes. Par conséquent, il serait aussi logique de pousser à la consommation des livraisons lentes et écologiques en les rendant moins chères. La loi devrait se conformer aux attentes écologiques et environnementales en imposant une logique de frais de livraison dégressifs en fonction du type de livraison et du délai. Il sera important d'accompagner les consommateurs en expliquant que chaque chose a un coût et que la livraison n'y coupe pas. Il faut aussi arrêter de pousser les consommateurs vers cette logique où tout doit aller vite et où tout peut être gratuit alors que cela dégrade notre futur. Le gratuit devrait être réservé aux actions raisonnées et durables. »