B. LA NOTION DE COMMUNAUTÉ

Le texte de référence pour la reconnaissance officielle des communautés est un arrêté du 13 mars 1936 du Haut-Commissaire de la République Française pour la Syrie et le Liban.

L'article 2 de cet arrêté dispose clairement que " la reconnaissance légale d'une communauté à statut personnel a pour effet de donner au texte définissant son statut force de loi et de placer ce statut et son application sous la protection de la loi et le contrôle de l'autorité publique ".

Les communautés confessionnelles ont été consacrées par la Constitution dont l'article 9 garantit aux populations, à quelque rite qu'elles appartiennent, le respect de leur statut personnel et de leurs intérêts religieux. De même l'article 10 prohibe toute atteinte " au droit des communautés d'avoir leurs écoles, sous réserve des prescriptions générales sur l'instruction publique édictées par l'Etat. Enfin, les chefs des communautés confessionnelles peuvent saisir directement le Conseil constitutionnel sur toute question concernant le statut personnel, la liberté de croyance, la liberté de culte et la liberté de l'enseignement religieux. ".

Chaque communauté a son propre statut personnel qui relève des tribunaux confessionnels. Ainsi, le système judiciaire des maronites comprend, sans préjudice des compétences propres du Patriarche, le tribunal diocésain, le tribunal d'appel traditionnel et le synode permanent.

La cour permanente de justice internationale de La Haye a tenté, dans un avis en date du 31 juillet 1930, une définition plus générale de la notion de communauté 8( * ) .

" D'après la tradition qui a une force si particulière dans les pays d'Orient, la " communauté " apparaît comme une collectivité de personnes vivant dans un pays ou une localité donnée, ayant une race, une religion, une langue et des traditions qui leur sont propres, et unies par l'identité de cette race, de cette religion, de cette langue et de ces traditions, dans un sentiment de solidarité, à l'effet de conserver leurs traditions, de maintenir leur culte, d'assurer l'instruction et l'éducation de leurs enfants, conformément au génie de leur race et de s'assister mutuellement ".

Selon Mme Élisabeth Picard 9( * ) " Une communauté ... est plus qu'une adhésion à une foi, c'est un cadre social, politique, voire économique ".

Sur le plan politique, la structure communautaire apparaît comme la garantie d'une représentation équitable des minorités confessionnelles, notamment des minorités chrétiennes qui évoluent dans un environnement islamisé, avec le risque que l'expression communautaire puisse entrer en concurrence avec le sentiment national.

Les rapports sociaux sont en quelque sorte " médiatisés " par les communautés qui sont autant d'écrans entre l'Etat et les citoyens.

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