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LE COMMERCE SUR INTERNET
Mondialisation, confort d'utilisation, rapidité :
trois mots qui résument les atouts du commerce électronique sur
Internet. De plus en plus de secteurs professionnels sont concernés,
celui de la vente par correspondance (VPC) en tête.
La vente par correspondance
La Redoute (www.redoute.fr) propose 300 produits et une boutique. Le
système reste toutefois rudimentaire puisqu'il n'intègre pas le
paiement automatique et qu'il n'est possible de commander qu'un article
à la fois. De plus, la base de données produits sur Internet
n'étant pas connectée à l'informatique centrale, chaque
commande reçue sur la messagerie est ressaisie.
Le serveur des Trois Suisses (www.trois-suisses.fr), où l'on trouve une
sélection de 500 produits actualisés chaque jour,
connaît aussi une évolution. Lui non plus n'assure pas le paiement
sécurisé. Malgré tout, 4 à 5 % des clients sur
Internet, avertis des risques, n'hésitent pas à fournir leur
numéro de carte bancaire. Ce serveur permet au client de choisir
plusieurs produits dans un " panel " virtuel. Le
responsable du
serveur estime que le taux de commande par Internet devrait, d'ici cinq
à dix ans, rattraper celui du Minitel qui avoisine aujourd'hui 20 %
du chiffre d'affaires.
On peut citer aussi le cas de la librairie " Le Furet du
Nord "
à Lille qui a ouvert en juin 1996 un site Internet permettant
d'effectuer des recherches bibliographiques sur un fonds de 300.000 ouvrages,
et d'effectuer des commandes par correspondance.
La liste des projets de vente par correspondance sur Internet ne s'arrête
pas là. Ainsi, Euro Net Market a ouvert une galerie virtuelle proposant
des accessoires informatiques (1.200 produits) et des vins
(200 références). Signalons également le serveur
d'APC (Atelier de production et de création), hébergé par
Skyworld, qui proposera prochainement l'achat en ligne d'articles de mode et de
CD musicaux, ou encore celui de la société informatique Adiabatic
Software destiné à la vente de logiciels sur Internet.
Dans le domaine du tourisme, plusieurs agences de voyages et
tour-opérateurs ont également franchi le pas pour offrir la
réservation en ligne. Dégrif 'Tour-Réductour fait
partie des sociétés les plus en avance sur le sujet
(http://www.degriftour.fr.). Mais le Club Med (http://www.club-med.com) et
Nouvelles Frontières (http://www.vtcom.fr/nf) ne sont pas en reste.
Indirectement impliqués, les grands réseaux de réservation
des compagnies aériennes (CRS, Computer Reservation Systems), comme
Sabre et Amadeus, préparent aussi des solutions autour d'Internet. Les
chaînes hôtelières considèrent la réservation
sur Internet comme un des aspects de la démarche marketing. C'est le cas
de Holiday Inn (http://www.holiday-in.cpm), des Hôtels Concorde
(http://www.concorde-hotels.com) de Relais et Châteaux
(http://www.integra.fr/relaischateaux) et de la chaîne Envergure.
La presse et différents éditeurs se lancent également
sur Internet. Globe Online, le premier grand centre commercial
français sur le net (http://www.globeonline.fr), propose les
publications de plusieurs quotidiens et magazines (Le Monde, Libération,
Le Monde informatique, Réseaux et Télécoms...) mais
également des produits et des services (Encyclopaedia Universalis,
Météo France, Compagnie Bancaire...). Un système de
tarification Globe-ID avec utilisation d'un mot de passe permet d'effectuer des
règlements sur le réseau, avec sa carte bancaire ou à
l'aide d'un porte-monnaie électronique.
Source : D'après " Problèmes économiques "
n° 2479.
Les réseaux offrent une opportunité avantageuse aux petites
comme aux grandes entreprises.
D'abord, il entraîne la réduction du nombre
d'intermédiaires entre le client et l'entreprise et permet ainsi
éventuellement de diminuer les coûts liés à la
distribution et de réduire le prix pour l'acheteur final.
Ensuite, le commerce électronique " redimensionne " les
sociétés et élargit considérablement leur champ
d'action, comme l'affirme le rapport de la Chambre de Commerce et
d'Industrie de Paris sur le commerce électronique44(*) : " Le commerce
électronique est une opportunité de promotion sans égal
pour les petites structures. (...) Grâce à lui, les PME/PMI
compensent leur problème de taille en accédant à un
marché beaucoup plus large de consommateurs. Ces petites entreprises
touchent la même audience que les grands groupes et disposent
potentiellement des mêmes outils pour présenter leur offre
commerciale ".
La révolution de l'information met en effet à la disposition de
toutes les entreprises des réseaux et des outils qui leur permettent de
communiquer avec leurs clients, quel que soit l'endroit où ils se
trouvent et la langue qu'ils parlent.
Auparavant, cette possibilité n'était donnée qu'à
de grandes sociétés internationales qui avaient les moyens de
maintenir des bureaux là où se trouvaient les clients, dans les
capitales ou dans le reste du monde.
Dorénavant, la plus petite entreprise peut atteindre des millions de
clients potentiels, à un prix inférieur à celui d'un
voyage à l'étranger. " L'intelligence
économique " est mise à la portée de tous.
Les entreprises peuvent choisir deux moyens pour commercer en ligne :
créer leur propre site ou intégrer une " galerie
marchande " qui, moyennant un ticket d'entrée (de
100.000 francs à 3 millions de francs), offre à
l'entreprise un hébergement sur son site, un système de paiement
sécurisé, une activité promotionnelle.
Ainsi, le nombre de ces sites commerciaux, d'après la
société IDC, devrait s'élever à 200.000 dans
trois ans, contre 45.000 à la fin 1996.
En outre, pour les entreprises petites, moyennes ou grandes, les nouvelles
technologies offrent un nouveau contact, plus direct et plus approfondi,
avec leur client. Il devient possible de fidéliser ce dernier en lui
adressant, par les réseaux, un marketing finement ciblé. Internet
peut permettre de conquérir des clients à moindre coût, de
les fidéliser et de réagir vite à leurs demandes. En
effet, le vendeur a la possibilité de modifier en permanence son
catalogue, d'observer les comportements d'achat de ses clients, de dialoguer
avec eux, de lancer des offres personnalisées.
· Des consommateurs à séduire
LES DEUX PROJETS PILOTES DE PAIEMENT
" SÉCURISÉ "
PAR CARTE BANCAIRE
C-SET | E-COMM | |
OPÉRATEURS | Le groupement de coûts bancaires et Europay France (Crédit Agricole, CIC, La Poste, Banques populaires, Crédit mutuel) | Regroupement BNP, Société générale, Crédit Lyonnais, France Télécom, Gemplus. |
PARTENAIRES INDUSTRIELS | Bull, Cap Gemini, Lexem | Gemplus, MSI, IBM, SGZ, Microsoft |
SYSTÈME | Chaîne complète de commerce sécurisée, avec lecteur de cartes à puce. Protocole C-SET | Paiement sécurisé à la norme SET via un modem lecteur de cartes à puce. |
PROJET PILOTE | Europay distribuera à partir de l'automne 97, 10.000 terminaux de cartes à puce. Une cinquantaine de sites marchands sont prévus. | Premiers tests réalisés à l'été 97, démarrage à l'automne, avec un million de modem. Une vingtaine de sites marchands sont prévus. |
Source : L'Usine Nouvelle, 22 mai 1997.
Rappelons que la loi n° 96-659 de réglementation des
télécommunications47(*) dans son
article 17, a largement
assoupli le régime de la cryptologie. Ces dispositions, dont les
décrets d'application sont attendus, devraient lever un des principaux
obstacles qui entravaient l'essor du commerce en ligne.
Le développement des nouvelles technologies
entraîne la multiplication de nombreux services pour les citoyens.
Les télé-procédures facilitant les relations entre
l'administration et l'usager en sont un exemple, déjà cité
ci-dessus. D'autres domaines ne manqueront pas d'être touchés. Il
s'agit bien sûr du commerce électronique, évoqué
plus haut, mais aussi du développement de la
" télé-bancarisation ", c'est-à-dire des
liaisons électroniques entre les banques et leurs clients48(*).
Comme l'éducation, la santé est un domaine de l'activité
humaine susceptible d'être largement modifié par les nouvelles
technologies.
Aux États-Unis, un plan de développement de la
télé-médecine en milieu rural a été
mis en place, qui bénéficie de 400 millions de dollars de
crédits publics chaque année. Les tarifs des communications des
hôpitaux situés en zones rurales ont été
alignés sur ceux des hôpitaux situés en zones urbaines.
Les grands hôpitaux américains utilisent les nouvelles
technologies pour " exporter " leurs techniques médicales.
Ainsi, en matière de transplantation rénale, l'hôpital de
Nouvelle Angleterre (Tufts University, Boston) a mis ses spécialistes
à la disposition des hôpitaux argentins qui, obtenaient un taux de
rejet des greffes bien plus élevé (50 % contre 10 %).
La collaboration entre médecins sud et nord-américains a
amélioré le taux de succès des opérations (et a
poussé les malades argentins à venir se faire opérer aux
États-Unis).
Plus spectaculaires encore sont les interventions chirurgicales complexes
effectuées à distance grâce aux nouvelles technologies. Ces
expériences, ainsi que la téléradiologie, les
téléconférences médicales et les
téléconsultations, sont amenées à se
développer de plus en plus à l'avenir.
En France, la télé-médecine a déjà
été expérimentée, notamment en Bretagne, comme le
détaille l'encadré suivant :
UNE EXPÉRIENCE DE TÉLÉ-MÉDECINE À LANNION : LE PROJET REDMED
L'opération regroupe quatre partenaires qui sont le
CNET (centre de recherche de France Télécom), la
société Aristel, le centre hospitalier de Lannion et les
collectivités publiques du Trégor.
Le principe consiste à relier huit sites via le réseau
" Numéris ". Le centre hospitalier de Lannion gère un
serveur sur lequel sont stockées les analyses médicales, les
radiographies, les scanners. Des terminaux de consultation sont
installés chez les médecins de ville, les spécialistes,
les chirurgiens et radiologues de garde, qui peuvent ainsi consulter les
données relatives à un patient déterminé.
A terme, ce système permettra la
" télé-expertise " : l'hôpital sera
consulté à distance pour évaluer la gravité de
l'état d'un patient et déterminer les modalités de sa
prise en charge.
Source : " Le Télégramme ", 15 mars 1997.
Même si elle n'est encore qu'une accumulation de projets
débutants, dispersés en standards multiples, la
télé-médecine est riche de promesses pour l'avenir.
Les implications économiques des nouvelles technologies sont donc
nombreuses. Il est donc urgent d'agir pour promouvoir leur développement.
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