B. LES TECHNIQUES DE COMPRESSION "LIBÈRENT" LE
POTENTIEL DÉMULTIPLICATEUR DU NUMÉRIQUE.
1. La compression des données
Ainsi qu'il ressort du tableau précédent, les
données numérisées atteignent de très gros volumes
à partir de l'instant où il s'agit de sons, d'images et, a
fortiori, d'images animées.
Ces informations numérisées seraient donc pratiquement
impossibles à "transporter", c'est-à-dire à communiquer ou
à diffuser, s'il n'existait pas des moyens de réduire leur volume
brut. C'est ici qu'interviennent les techniques dites de compression des
données.
Schématiquement, ces dernières sont des fonctions logicielles qui
permettent de diminuer le volume de l'information émise, celle-ci
étant "décompressée" au point de réception. Cette
réduction du volume de l'information repose sur des techniques
logicielles de simplification et de tri des signaux permettant la suppression
des informations redondantes, celles-ci étant recomposées au
point d'arrivée de l'information. Ainsi, pour des images animées,
il existe de nombreux éléments quasiment identiques d'une image
à l'autre, la part identique de chacune de ces images est donc transmise
avec une faible périodicité et non autant de fois qu'il y a
d'images.
2. Les qualités du numérique.
La limitation du volume des données numériques
brutes permise par les techniques de compression achève de
conférer la suprématie qualitative au numérique par
rapport au mode de transmission "concurrent", dit
analogique3(*).
Aux qualités propres du numérique s'ajoute en effet la
libération d'espaces de transmission que permet d'obtenir le
numérique compressé, notamment dans le domaine de la
télévision ou de la radiodiffusion.
-
· Fiabilité
Les qualités propres du numérique tiennent pour l'essentiel
à la fidélité dans la restitution des informations
qu'il garantit et à la faculté de détection et de
correction des erreurs fortuites pouvant surgir lors des transmissions
qu'il ouvre.
En comparaison, les signaux analogiques sont d'une part altérables et,
d'autre part, non corrigeables en cas d'altération.
· Rationalité
Outre ces qualités, le numérique permet, après
compression, de gagner d'importants espaces de transmission dans les domaines
où il se trouve en concurrence avec l'analogique. Ainsi, dans le domaine
de la télévision la transmission des signaux sous forme
numérique permet un gain considérable de capacité de
transmission par rapport à une diffusion sous forme analogique.
Ainsi,
à qualité égale, il est envisageable
de transmettre
jusqu'à huit programmes de télévision
numérique dans un support4(*)
correspondant à un seul
programme analogique.
Dans cet exemple, il apparaît très clairement que le
numérique démultiplie les capacités de transmission et,
par voie de conséquence, le nombre de chaînes de
télévision diffusables.
Ce potentiel existe de la même façon pour la radio, dont la
numérisation complète permettrait une économie
considérable en termes de fréquences tout en limitant fortement
les risques de brouillage, grâce à la faible quantité
d'espace de diffusion " consommée par chaque station ".
Le numérique forme donc un cadre unique d'expression pour l'ensemble des
données quelle que soit leur nature, tout en offrant un remarquable
potentiel en tant que vecteur de reconquête d'espaces de diffusion rares
et chers.
La généralisation du numérique dans ces domaines se heurte
cependant à deux obstacles principaux.
En premier lieu, il s'agit de la nécessité d'adapter les
matériels de réception -le plus souvent en y adjoignant un
décodeur-, voire de les remplacer pour accéder à la
nouvelle norme de diffusion. La généralisation de ces nouvelles
normes de diffusion exigeant ainsi que chaque "consommateur" assume
ces
changements.
En second lieu, et par voie de conséquence, l'émergence de la
diffusion numérique "cohabitera" pendant une période transitoire
relativement longue avec la diffusion analogique, de la sorte que les
économies d'espaces de transmission liées au numérique ne
seront dégagées qu'à l'issue de cette période.
En tout état de cause, l'émergence de ce "langage"
numérique universel va de pair avec la convergence marquée des
trois mondes, longtemps indépendants, de l'informatique, des
télécommunications et de l'audiovisuel.