c) L'affectation d'une partie du produit de la taxe professionnelle de France Télécom à un Fonds géré de manière paritaire par les élus et l'État : le rétablissement d'une ancienne solidarité financière

L'article 21 de la loi du 2 juillet 1990 a assujetti La Poste et France Télécom aux taxes foncières et à la taxe professionnelle à compter du 1er janvier 1994, tout en consentant à La Poste un abattement appréciable rappelé ci-avant. Cependant, dans le même temps, il prévoit que le produit de ces taxes, et en particulier celui des taxes acquittées par France Télécom, est versé au budget général de l'État et non aux collectivités locales auxquelles il reviendrait pourtant de droit.

Il a en effet été considéré que les collectivités locales n'ayant jusqu'alors jamais rien perçu de La Poste et de France Télécom, n'avaient aucun droit sur le produit des taxes acquittées par ces opérateurs, et qu'il n'y aurait en conséquence pas de perte de ressources, seulement un manque à gagner.

Ce détournement par l'État du produit de taxes locales, dont l'essentiel est constitué par la taxe professionnelle de France Télécom, est condamnable, et a été dénoncé à maintes reprises par le Sénat, par votre rapporteur, par M. Pierre Hérisson 184( * ) , rapporteur pour avis du budget des Postes et télécommunications et par l'ensemble des associations nationales d'élus, en particulier l'Association des Maires de France (AMF).

Cette dernière s'est, ces derniers temps, attachée à traduire cette condamnation dans une proposition de loi et son Président, M. Jean-Paul Delevoye, Sénateur du Pas-de-Calais, s'est rapproché de votre rapporteur pour examiner avec lui les conditions dans lesquelles le mécanisme imaginé par l'AMF pourrait notamment aider à la revitalisation de l'espace rural. Les travaux de l'association qu'il préside conduisent en effet -idée remarquable de pertinence- à envisager la constitution d'un Fonds national de développement local abondé pour partie par le produit de la taxe professionnelle de France Télécom.

C'est de cet échange de vues qu'a découlé la proposition qu'est amené à vous faire votre rapporteur.

Proposition
relative à l'emploi de la taxe professionnelle de France Télécom
en faveur des territoires et de La Poste :

UN SOUTIEN AUX TERRITOIRES FRAGILES,
UNE AIDE A LA MODERNISATION DU RÉSEAU POSTAL,
UN ATOUT POUT LES ÉLUS LOCAUX

Cette proposition a un triple objet :

mobiliser 60 % du produit total de la taxe professionnelle versée par France Télécom (4,3 milliards en 1995) en faveur des territoires ruraux et urbains en difficulté 185( * ) ;

réserver au moins 20 % de ce dernier montant (c'est à dire au moins 12 % du produit total soit 520 millions de francs en 1995) à la modernisation et à la dynamisation du réseau de La Poste dans les départements dont plus de la moitié du territoire est composé de zones de revitalisation rurale instituées par l'article 42 de la loi " Pasqua " du 4 février 1995 ;

garantir le contrôle des élus sur l'emploi des ressources non directement perçues par les communes en imposant que ces ressources soient gérées par un Fonds où les élus détiendraient autant de sièges que les représentants de l'État.


Le critère proposé pour déterminer les départements pouvant bénéficier du soutien du Fonds pour des actions de modernisation et de dynamisation postale est celui retenu par l'article 7 de la loi de réglementation de télécommunications 186( * ) -introduit dans la loi à l'initiative du Sénat- pour soutenir dans les départements ruraux l'accès des écoles aux services de télécommunications avancés.

La formulation juridique de la proposition ainsi avancée a été élaborée afin de permettre son expression législative. Elle a été adressée, par votre rapporteur, au président de l'Association des Maires de France, en lui laissant le soin de la rendre publique.

Si l'orientation ainsi tracée était retenue par la proposition de loi que prépare l'Association des Maires de France, et si cette orientation était suivie -ce dont on ne saurait douter si l'AMF la soutient- la politique de modernisation du réseau postal préconisée, en faveur du territoire, par le présent rapport se trouverait soutenue par une dotation annuelle d'au moins 520 millions de francs .

Il s'agit désormais que tout ceux qui adhérent à un tel projet se mobilisent pour le faire aboutir.

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