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2. Pour des politiques coordonnées à l'échelle européenne
Le
bilan de la coordination internationale en matière de politiques
de maîtrise des émissions est pour l'heure très
décevant : le protocole de Kyoto n'engage ainsi les Etats
qu'à s'échanger de l'information sur leurs actions respectives,
ce qui relève davantage de la surveillance mutuelle que de la
coordination.
La coordination, voire l'harmonisation, des politiques nationales de lutte
contre l'effet de serre répond toutefois à un triple
objectif87(*) :
- minimiser les coûts économiques de maîtrise des
émissions, notamment en favorisant la diffusion des meilleures
pratiques ;
- limiter les distorsions de concurrence ;
- prévenir les délocalisations d'activités et les
" fuites de carbone " vers les pays les plus permissifs, qui
obèrent l'efficacité environnementale des politiques de
maîtrise des émissions.
Au total, la coordination internationale de la maîtrise des
émissions en favoriserait l'efficacité écologique,
l'efficience économique et l'acceptabilité sociale.
Il serait donc souhaitable, d'une part que les grandes lignes (" les
lignes directrices ") des politiques nationales de lutte contre le
changement climatique soient coordonnées entre les pays
industrialisés ; d'autre part, que ces politiques soient
étroitement coordonnées au sein de l'Union européenne,
sous peine de perturber le fonctionnement du marché
unique.
3. Réduire les distorsions fiscales et réglementaires
Le
Comité interministériel de l'évaluation des politiques
publiques88(*) et le Commissariat
Général du Plan89(*) ont identifié de nombreuses
distorsions fiscales ou réglementaires qui concourent, parfois
insidieusement, à accroître nos émissions de gaz à
effet de serre.
· En premier lieu, la fiscalité des énergies primaires est
déconnectée de leur contenu en CO2 :
- le charbon, qui constitue pourtant la forme d'énergie la plus
polluante pour le climat, n'est pas taxé ;
- le gaz est relativement peu taxé ;
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Fiscalité des combustibles
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White spirit (combustible) |
771 |
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Pétrole lampant (combustible) |
749 |
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Fuel domestique |
743 |
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FOL (teneur en soufre > 2 %) |
205 |
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FOL (teneur en soufre < 2 %) |
151 |
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Gaz naturel à usage industriel |
135 |
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Gaz
naturel à usage domestique
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|
Charbon |
0 |
-
l'électricité hydraulique est surtaxée. Le
Commissariat général du Plan90(*) rappelait ainsi que " la taxe
sur les ouvrages concédés des voies navigables d'une puissance
installée supérieure à 8 000 kVA à
été doublée en 1997 (de 4,24 centimes par KWh à
8,48 centimes par kWh). Cette taxe vient grever les coûts des centrales
hydroélectriques alors même que ce moyen de production est le
moins coûteux et le plus respectueux de l'environnement. A ce niveau de
taxes, et compte tenu de la surcapacité actuelle du parc de production,
il devient intéressant pour EdF d'arrêter la production
hydroélectrique ".
· En second lieu, la fiscalité des carburants est
déséquilibrée :
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Fiscalité des carburants
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Supercarburant |
6 302 |
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Essence auto |
6 049 |
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|
Super sans plomb |
5 887 |
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|
Pétrole lampant |
3 494 |
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Gazole |
3 467 |
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|
Gaz carburant |
823 |
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Source : Observatoire de l'Energie d'après Dhyca, janvier 1998. |
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·
Par ailleurs, le chauffage électrique fait concurrence
déloyale à l'usage individuel du bois dans les zones
rurales, où les mécanismes du fonds d'amortissement des charges
d'électrification (FACE) subventionnent fortement les renforcements de
réseaux nécessités par l'utilisation thermique de
l'électricité91(*).
· De même, les mécanismes de péréquation
tarifaire pour l'électricité dans les départements
d'Outre-mer conduisent à y évincer les énergies
renouvelables, qui seraient pourtant compétitives, compte tenu des
conditions de production locales92(*). Il ne s'agit bien sûr pas de
revenir sur le principe des mécanismes de solidarité et de
péréquation, mais de privilégier les modalités qui
ne biaisent pas les choix des consommateurs finaux et n'éliminent pas
les solutions techniques les plus souhaitables du point de vue de la
maîtrise des émissions.
· Enfin, plusieurs mécanismes favorisent le développement
d'un habitat périurbain éloigné des services
collectifs, peu dense (l'organisation de transports en commun rentables
y est ainsi impossible), donc impliquant le recours systématique
à la voiture individuelle pour les déplacements quotidiens :
- les écarts de pression fiscale entre les villes (qui financent
les grands services collectifs), d'un côté, les communes
périurbaines, de l'autre, incitent les ménages à
s'établir assez loin des agglomérations, dans des habitats
dispersés ;
- le fait que les frais de transport ne soient pas pris en compte pour la
détermination des taux d'effort lors de l'accession à la
propriété : pour pouvoir emprunter, certains ménages
sont ainsi contraints de construire loin des villes où ils travaillent,
dans des communes où le prix du terrain est plus faible, alors
même que le cumul des charges d'emprunt et des coûts de transport
s'y révèle à la longue beaucoup plus
élevé ;
- le développement de la ségrégation fonctionnelle
de l'espace et de la concentration de l'emploi sur quelques zones
d'activité.
Il en résulte un allongement et une multiplication des trajets
subis (domicile-travail, pour aller faire ses courses, pour conduire les
enfants à l'école). En particulier, les trajets domicile-travail
ont doublé en vingt ans, sans que cela corresponde à une
évolution des préférences individuelles.
Au total, en réduisant les incitations à s'établir
très loin des centres villes, le renforcement de l'intégration
fiscale intercommunale et la prise en compte des frais de transports pour
l'évaluation de la solvabilité des accédants à la
propriété, favoriseraient la maîtrise des émissions
de gaz à effet de serre.
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