Allez au contenu, Allez à la navigation

PETIT Ernest

Ancien sénateur élu(e) par l'Assemblée Nationale
  puis de la Seine

Election

  • Elu le 5 janvier 1948 (élu(e) par l'Assemblée Nationale)
  • Réélu le 18 mai 1952 (Seine)
  • Réélu le 8 juin 1958 (Seine)
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

PETIT (Ernest)

Né le 20 février 1888 à Paimboeuf (Loire-Inférieure)

Décédé le 28 mai 1971 à Saint-Maur (Val-de-Marne)

Sénateur de la Seine de 1948 à 1968

Sénateur communiste de la Seine sous la IVe République, le général Petit se présente sous la même étiquette à l'occasion des élections sénatoriales d'avril 1959. Le contexte politique est alors extrêmement délicat pour sa formation. Grand vaincu du scrutin de novembre 1958, où il n'a pu maintenir que 10 députés (contre 150 en 1956), le Parti communiste français (PCF) voit dans le Sénat un moyen pour ses principaux dirigeants - Jacques Duclos, Jeannette Vermeersch - de retrouver un siège parlementaire. Ernest Petit fait donc partie des rares sénateurs communistes de la Seine à ne pas être victime du profond remaniement de la liste initié par le Parti pour faire place aux « battus » de novembre. Comme en 1958, il demeure en troisième position - derrière Jacques Duclos et George Marrane - ce qui lui assure une réélection confortable : avec 9 sièges remportés sur les 22 à pourvoir, le PCF confirme son statut de première force politique du département.

Le passage à la Ve république ne marque pas de différences notables pour le sénateur Petit ; son activité politique dans l'hémicycle s'inscrit sous le signe de la continuité. Fidèle à la commission des affaires étrangères et de la défense, il prend une part active dans les discussions générales relatives au budget des armées. Dans le contexte délicat de la guerre d'Algérie, la double sensibilité du général - militaire et communiste - apparaît pleinement. D'une part, suivant la ligne adoptée par le Parti communiste depuis la fin du printemps 1956, il poursuit la dénonciation de cette « guerre inutile » et continue de réclamer, de manière prudente, « la paix en Algérie », critiquant une armée dont tous les postes de commandement sont aux mains des factieux. D'autre part, le général Petit se montre soucieux de l'amélioration des conditions de vie des troupes. En juin 1959, il soutient une résolution, déposée par le groupe parlementaire communiste, demandant au Gouvernement d'accorder la gratuité des transports à tous les militaires permissionnaires.

Ces questions relatives à l'organisation de l'armée intéressent beaucoup le sénateur. Elles sont à l'origine de nombre de ses interventions et peuvent donner lieu à de vifs débats avec la majorité voire avec le ministre des Armées en personne lorsqu'il vient défendre un projet de loi dans l'hémicycle. Deux préoccupations essentielles traversent les prises de parole du sénateur sur le sujet. En premier lieu, l'armée doit être dirigée par des militaires de carrière et non des civils. S'opposant, en juin 1961, au projet gouvernemental d'accélération de la nomination de Français musulmans civils aux grades supérieurs de la hiérarchie militaire, Ernest Petit met en garde le ministre des Armées d'alors, Pierre Messmer : « Notre armée n'est actuellement pas brillante mais que deviendra-t-elle lorsqu'on y verra brusquement apparaître, revêtus d'uniformes de général ou d'officier supérieur, des civils n'ayant la veille aucune idée précise de la grandeur et des servitudes du métier de soldat ? » Mais l'encadrement par des gradés expérimentés n'est pas synonyme pour le général de professionnalisation de l'armée. Tout au long de son mandat, il se pose en défenseur fervent d'une armée de la Nation reposant sur la conscription ; la défense de la patrie doit être assurée par « l'armée des enfants du peuple », pour reprendre une métaphore qu'il affectionne.

La résolution politique de la question algérienne, suite à la signature des accords d'Evian du 18 mars 1962, entraîne une inflexion significative dans son travail parlementaire. Son attention se concentre désormais sur la défense d'une politique extérieure fondée sur la paix et le désarmement nucléaire. A la tribune, il soutient fermement une conception de la politique étrangère en tout point similaire à celle défendue par son parti et qui repose sur trois impératifs : la fidélité à l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et au peuple vainqueur de la bataille de Stalingrad ; la méfiance envers « l'impérialisme » économique et militaire américain ; l'hostilité, enfin, à l'encontre d'une construction européenne supranationale faisant la part trop belle à la République fédérale d'Allemagne (RFA), cette dernière étant régulièrement accusée par le sénateur de nourrir des velléités de revanche et d'expansion. Cette conception fondamentalement prosoviétique de la politique étrangère suscite, tout au long des années 1960, des débats houleux avec le Gouvernement et la désapprobation de la majorité de l'hémicycle à l'exception des bancs de l'extrême-gauche.

La défense d'une politique de désarmement nucléaire, en revanche, rencontre plus de succès. Avec une éloquence certaine, le général Petit défend un thème cher au PCF : la lutte contre la force de dissuasion. Lors des discussions pour le vote du budget militaire de 1968, le sénateur rappelle les principaux problèmes posés par l'emploi de l'arme nucléaire à des fins militaires : son danger, son coût et son inefficacité. Il appelle donc la France à s'engager dans la voie de la non-prolifération et exhorte, en novembre 1967, le Gouvernement à soutenir vigoureusement le processus qui conduira à la signature du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en juillet 1968. A ses yeux, seul le désarmement général pourrait permettre « à tous les peuples de consacrer leurs efforts au progrès et à l'amélioration rapide de la condition humaine ». Des propos qui s'inscrivent bien dans la sensibilité « progressiste » de ce général soucieux de la modernisation des moeurs, comme en témoigne ses votes en faveur de la loi 13 juillet 1965 sur la réforme des régimes matrimoniaux et de la loi Neuwirth de 1967 autorisant la contraception.

En définitive, c'est l'idée de Nation qui réconcilie les sensibilités professionnelle et politique du général Petit. Tout au long de la législature, il se pose en défenseur de la synthèse établie par les dirigeants communistes français entre internationalisme et attachement à la Nation. Ses interventions témoignent d'un soutien résolu à cette ligne, qui constitue un élément majeur de la stratégie pour la « démocratie nouvelle et populaire » que le PCF veut édifier en France. La volonté du sénateur de concilier patriotisme et fidélité à l'URSS s'explique largement par son amitié pour le peuple soviétique dont « l'héroïsme et les énormes sacrifices ont très largement contribué à la victoire des alliés en 1945 et à la libération de la France », rappelle-t-il en novembre 1963 à l'occasion d'une discussion sur les dépenses militaires de 1964. L'activité qu'il déploie depuis la fin de la Seconde guerre mondiale au sein de l'association France-URSS constitue une preuve supplémentaire de ce tropisme soviétique.

Curieusement, à l'occasion du renouvellement du deuxième tiers du Sénat en septembre 1968, le général Petit ne se représente pas. Il semble que cette décision soit moins l'objet d'un choix personnel que d'une décision de sa formation, à l'image de ce qui s'était produit en 1959. Il décède trois ans plus tard, dans la nuit du 28 au 29 mai 1971, à l'âge de 83 ans, alors qu'il se trouvait à son domicile de Saint-Maur dans le Val-de- Marne.

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. Ernest PETIT,
Appartenance politique
Groupe Communiste
Etat-civil
Né le 20 février 1888
Décédé le 28 mai 1971
Profession
Général
Département
Seine