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VIZET Robert

Ancien sénateur de l'Essonne

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 1986
  • Fin de mandat le 1er octobre 1995 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire du Sénat
  • Secrétaire de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe Communiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République


VIZET (Robert)

Né le 30 janvier 1924 à Igny (Seine-et-Oise)

Décédé le 13 août 2018 à Massy (Essonne)

Député de l'Essonne en 1967 et 1968 et de 1973 à 1981

Sénateur de l'Essonne de 1986 à 1995

Robert Vizet voit le jour le 30 janvier 1924 à Igny. Fils d'un couvreur-fumiste et d'une serveuse dans un restaurant établis à Palaiseau, au sud de Paris, il obtient le certificat d'études primaires. En 1940, il devient apprenti imprimeur à Paris. Dès cette année, alors qu'il n'a que seize ans, il rejoint la Résistance. Responsable des Forces unies de la jeunesse patriotique dans son secteur (Palaiseau, Igny et Verrières-le-Buisson), il prend part à plusieurs actes de sabotage. Devenu membre des Forces françaises de l'Intérieur, il participe aux combats de la Libération de Paris en août 1944. Puis il s'engage jusqu'à la fin de la guerre : il est intégré au 6e régiment d'infanterie envoyé sur le front de l'Atlantique pour mettre un terme à la résistance allemande dans la poche de La Rochelle.

Démobilisé en novembre 1945, il est employé comme conducteur-typographe dans une imprimerie à Paris puis dans une autre à Palaiseau à partir de 1946. Membre de l'Union de la jeunesse républicaine de France dès 1944, mouvement de la jeunesse communiste, il adhère au Parti communiste français au printemps 1945. Il rejoint également le Syndicat du livre CGT en 1946.

Après s'être présenté en vain aux élections municipales de 1947, il devient conseiller municipal de Palaiseau en 1953. En 1959, il est élu maire de cette commune. Battu en 1965 par le républicain indépendant André Hardy, il reconquiert la mairie en 1971. Par la suite, il continue de siéger au conseil municipal de Palaiseau jusqu'en 2001. Il est également conseiller général du canton de Palaiseau de 1961 à 1994, et vice-président du conseil général de l'Essonne de 1979 à 1982.

Il se porte candidat à plusieurs reprises aux élections législatives, les trois premières fois en vain. En janvier 1956, il ne se trouve pas en position éligible sur la liste communiste conduite par Lucien Midol qui remporte trois sièges. En novembre 1958, il échoue, dans la sixième circonscription de la Seine-et-Oise, contre le gaulliste Robert Wagner : après avoir réuni 11 619 des 46 537 des suffrages exprimés au premier tour, il n'obtient au second tour que 28,47 % des suffrages exprimés contre 62,64 % pour le maire de Vélizy-Villacoublay. En novembre 1962, il est de nouveau battu par R. Wagner : il ne recueille que 43,09 % des suffrages exprimés au second tour face au député sortant UNR, réélu avec 56,91 % des voix.

À sa quatrième tentative, il parvient à conquérir un siège de député. Aux élections législatives de mars 1967 dans la nouvelle quatrième circonscription de l'Essonne (Limours-Palaiseau), le candidat du PCF bat le gaulliste de gauche Léo Hamon. Bien que devancé au premier tour par ce dernier (15 929 voix contre 16 885), il bénéficie du report des voix des autres candidats de gauche et l'emporte au second tour avec 23 903 voix contre 22 701.

Au Palais-Bourbon, il s'inscrit au groupe communiste et rejoint la commission des finances. En 1968, il est élu secrétaire de l'Assemblée nationale. Il intervient en 1967 à propos du projet de découpage des cantons des nouveaux départements de la région parisienne. Il s'inquiète aussi la même année de la situation du personnel de la faculté des sciences d'Orsay. Il déplore par ailleurs l'insuffisance des mesures prises par le gouvernement Pompidou en faveur de la consommation.

Il perd son siège de député aux élections législatives anticipées de juin 1968. Il est battu au second tour, ne réunissant que 46,1 % des suffrages exprimés contre 53,9 % pour L. Hamon. Il reconquiert cependant ce siège de député de l'Essonne aux élections législatives de mars 1973. S'il est devancé de peu au premier tour par le sortant gaulliste (30,7 % des voix contre 31,4 %), il l'emporte au second tour avec près de 2 000 voix d'avance (51,7 % des suffrages exprimés contre 48,3 %).

De retour au sein du groupe communiste et de la commission des Finances de l'Assemblée nationale tout au long de la Ve législature (1973-1978), il est l'auteur de plusieurs dépôts législatifs. Rapporteur spécial sur les taxes parafiscales de 1973 à 1977, il présente aussi une proposition de loi organique relative à ces taxes en 1976. Il dépose par ailleurs un texte, en 1974, concernant le régime de protection sociale des artisans et commerçants.

L'élu de la quatrième circonscription de l'Essonne, territoire sur lequel sont implantés de nombreux centres de recherches ainsi que l'université de Paris-Sud, déplore régulièrement, la régression du budget accordé au Centre national de la recherche scientifique et au Commissariat à l'énergie atomique. Il dénonce également les privilèges fiscaux des grandes sociétés (1974), de même que l'institution d'une taxe professionnelle qu'il juge particulièrement défavorable aux petits commerçants et artisans (1975). Il se préoccupe aussi, à plusieurs reprises, de l'essor du chômage, en particulier au sein de la jeunesse (1976 et 1977). Il vote en faveur de la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1974 et de la loi portant réforme du divorce en 1975. Il s'abstient sur la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat en 1973.

Il est réélu lors des élections législatives de mars 1978 : le sortant communiste l'emporte au second tour avec 50,66 % des suffrages exprimés face à l'UDF Jean Fuerxer qui obtient 49,34 % des suffrages. En 1978, R. Vizet fait également son entrée au conseil régional d'Île-de-France, où il est ensuite réélu en 1986 et 1992. En 1979, il se démet de son mandat de maire de Palaiseau.

À l'Assemblée nationale, sous la VIe législature (1978-1981), il retrouve le groupe communiste et la commission des Finances. De nouveau rapporteur spécial sur les taxes parafiscales, il présente aussi, en 1979, une proposition de loi d'orientation sur l'organisation de la fonction publique locale. En séance publique, il critique régulièrement la politique conduite par le gouvernement de Raymond Barre. Il dénonce en 1978 « les injustices fiscales1 » qui en découlent et plaide en faveur d'« une réforme démocratique de la fiscalité2 » passant par la mise en place d'un impôt sur les plus grosses fortunes et sur le capital, ainsi que par la diminution de l'impôt sur le revenu pour les familles modestes. Il déplore également l'insuffisance du budget du CNRS (1978) et la répression des mouvements sociaux (1980). Il s'abstient sur la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980.

Aux élections législatives de juin 1981 qui suivent l'élection du socialiste François Mitterrand à la présidence de la République, R. Vizet perd pour la deuxième fois son siège de député de l'Essonne. Nettement devancé au premier tour par Yves Tavernier, membre du comité directeur du Parti socialiste, il doit se retirer avant le second tour. Il se consacre alors pendant quelques années à ses mandats locaux.

Il retrouve toutefois un siège au Parlement dès 1986. Il est en effet élu sénateur de l'Essonne : la liste « Union et rassemblement pour l'Essonne » qu'il conduit aux élections sénatoriales du 28 septembre 1986 remporte 319 des 1 978 suffrages exprimés et obtient un siège. Par la suite, il brigue une dernière fois un mandat de député, en se présentant aux élections législatives de juin 1988 dans la sixième circonscription de l'Essonne. Mais ne réunissant que 15,32 % des suffrages exprimés lors du premier tour, il se retire avant le second tour.

Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe communiste dont il est vice-président. Secrétaire du Sénat de 1986 à 1995, il siège durant la même période au sein de la commission des Finances dont il est aussi secrétaire. Il appartient par ailleurs à la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes (1986-1988), au conseil d'administration de la Caisse nationale d'industrie (1986-1991) et à la commission consultative appelée à émettre un avis sur la modification de la valeur du point de pension (1990-1995). Au cours de son mandat sénatorial, il est rapporteur spécial des budgets de l'Environnement (1986-1991) et de l'Économie sociale (1986-1991) ainsi que du budget annexe de l'Imprimerie nationale (1986-1988 et 1992-1993).

Très actif, il s'intéresse à de nombreux sujets à la Haute Assemblée, à commencer par les collectivités locales. Le sénateur essonnien prend la parole à propos de la décentralisation (1987), de la fonction publique territoriale (1987 et 1988), de la fiscalité locale (1989 et 1994), de l'action des collectivités territoriales en faveur du développement économique local (1989), de la dotation globale de fonctionnement (1989 et 1991) et du financement des collèges (1990). Il intervient longuement lors de l'examen des projets de loi d'orientation relatif à l'administration territoriale de la République (1991 et 1992) et pour l'aménagement et le développement du territoire (1994).

Comme il le faisait précédemment à l'Assemblée nationale, l'élu communiste s'en prend également très fréquemment au Sénat au libéralisme économique et au système financier. Il critique les mesures libérales adoptées par le gouvernement Chirac, dont les privatisations d'entreprises en 1986 et la suppression de l'impôt sur les grandes fortunes en 1987. Déplorant « l'injustice flagrante et croissante du système fiscal » et « les cadeaux fiscaux » accordés « aux plus fortunés», il n'a de cesse de plaider en faveur d'une réforme globale du système fiscal français. Il dépose d'ailleurs presque chaque année un amendement au projet de loi de finances visant à réaménager le barème de l'impôt sur le revenu. Il défend aussi à plusieurs reprises, à la suite du krach de la bourse de New York de 1987 et de différences scandales, la moralisation du fonctionnement des marchés financiers. En 1989, il préconise le renforcement des pouvoirs de la Commission des opérations de bourse ; en 1990 il défend l'amélioration de la transparence des procédures de marchés. Par ailleurs, il se fait l'avocat des plus défavorisés, qu'il s'agisse des salariés smicards, des chômeurs et de tous ceux qui n'ont pas accès aux services de santé.

Il s'exprime aussi en séance publique à la Haute Assemblée sur les sujets les plus divers, qu'il s'agisse de l'épargne (1987), de la transparence financière de la vie politique (1988), du commerce extérieur (1989), de la réforme de la procédure pénale (1992), ou de l'habitat (1994).

Il s'abstient sur la loi relative au revenu minimum d'insertion en 1988. Il vote contre la loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne » (Maastricht) en 1992 et la loi relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale en 1993.

Il ne se représente pas aux élections sénatoriales du 24 septembre 1995. Un peu plus tôt dans l'année, en juin 1995, il avait échoué à reconquérir la mairie de Palaiseau à la tête d'une liste d'union de la gauche ne réunissant que 44,07 % des voix au second tour contre 55,93 % pour le RPR Jacques Allain. En 1994, ce dernier lui avait déjà ravi son siège de conseiller général du canton de Palaiseau.

Il s'éteint le 13 août 2018 à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

1 : Journal Officiel, comptes rendus des débats de l'Assemblée nationale, séance du 11 octobre 1978, p. 5959.

2 : Ibid., p. 5960.

3 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 18 juin 1987, p. 2025.

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur.

Bibliographie

Mayeur (Olivier), Robet Vizet. Un parcours citoyen, Pantin, Le Temps des cerises, 2005.

Pennetier (Claude), « Robert Vizet », Le Maitron. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, notice en ligne : https://maitron.fr/spip.php?article184796

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138430, notice MALÉCOT Aimé, Léon par Gilles Morin, version mise en ligne le 1er octobre 2011, dernière modification le 27 avril 2013.

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Photo de M. Robert VIZET, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Communiste
Etat-civil
Né le 30 janvier 1924
Décédé le 13 août 2018
Profession
Conducteur typographe
Département
Essonne