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1914-1918 : LA GRANDE GUERRE VUE DES COMMISSIONS DU SENAT

Les missions  

De mars à juillet 1916, sept missions ont lieu dans la région de Verdun, bien que le haut commandement, surtout le maréchal Joffre, soit assez réticent par crainte des indiscrétions. Ces voyages ont pour but d'étudier l'évacuation des blessés, la situation militaire, le ravitaillement..... A leur retour, les sénateurs font un compte rendu détaillé aux autres membres de la commission. 
Le 18 juillet 1916, Paul Doumer, sénateur de la Corse , décrit la vie sur le front : « Dans la zone de combat, qui n'a qu'une faible étendue, les lignes françaises et allemandes se touchent et même s'enchevêtrent les unes dans les autres, de telle sorte que les deux artilleries doivent se borner à faire des tirs de barrage qui isolent les combattants des deux côtés, les « mettent en cage » comme disent les artilleurs.

A l'intérieur de la « cage », les corps à corps sont presque continuels, on se massacre sans répit ; c'est un enfer... Quand on veut avancer, il faut bien avoir recours à l'artillerie. Alors, celle-ci raccourcit son tir et elle tâche d'atteindre l'infanterie ennemie dans les tranchées ; mais il lui arrive de frapper aussi ceux qu'elle cherche à protéger. Cela est inévitable, si proches les uns des autres se trouvent les deux adversaires. »

Quelques mois plus tard, le 10 janvier 1917, Georges Clemenceau, sénateur du Var, relate son voyage : « Je suis retourné dans la région de Verdun et je suis allé en particulier au fort de Douaumont... Les cadavres n'ont pas encore pu être enlevés, les cratères sont pleins d'eau gelée. Hommes et chefs, généraux compris, couchent sur la terre sous le feu de l'artillerie ennemie. »