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5. A travers les émissions radiophoniques et télévisées

Le 10 octobre 1956, ont vu le jour les émissions de français à la radio, de même que des émissions en anglais et en allemand. C'est une chaîne publique, KBS, qui préparait et diffusait ces émissions deux fois par jour pendant un quart d'heure. Chacune d'elles était animée par un professeur coréen en présence d'un natif, qui suivaient la méthode qu'ils avaient eux-mêmes élaborée. Le rôle du professeur coréen était d'expliquer les expressions et les règles de grammaire, celui de l'enseignant français portait sur la prononciation. Même après la création des cours de langues à la télévision, ces émissions radiophoniques attirent toujours autant d'auditeurs -étudiants, employés de bureau- qui apprécient un petit moment studieux matinal.

La nouvelle programmation, désormais sous la responsabilité de la chaîne éducative, est la suivante :

 

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche

7:00-7:15

TOFEL

T

7:15-7:30

Conversation anglaise

O

7:30-7:45

Cours de japonais

F

7:45-8:00

Chinois facile

E

8:00-8:20

Anglais avec chanson

L

8:20-8:40

Guten Morgen

Bonjour la France

8:40-9:00

Cours d'espagnol

Cours de russe

12:00-12:20

Rediffusion de l'anglais avec chanson

12:20-12:40

Rediffusion de la conversation anglaise

La méthode tient compte de la durée limitée et de l'absence d'image. Ainsi la présentation phonétique est plus détaillée que celle des émissions télévisées, le dialogue traduit en langue maternelle est court, plus facile à retenir avec son résumé en français.

A la demande des auditeurs, les objectifs et la situation de chaque leçon sont précisés au début. Le déroulement du cours respecte également la préférence du public : dialogues - phonétique - grammaire et expression - exercices. Les auditeurs peuvent, en effet, exprimer leur opinion en répondant à un questionnaire inclus dans la méthode sous forme de carte détachable.

Malgré ses imperfections (trop de répétitions, rubrique culturelle insuffisante, exercices un peu sommaires...), cette méthode comporte des aspects positifs, surtout la grammaire, avec des explications point par point clairement exposées et des exemples bien choisis.

Depuis décembre 1980, une chaîne de télévision entièrement consacrée à l'éducation (EBS : Education Broadcasting Society) transmet des cours de langues. Chaque cours est animé par un professeur d'université en présence d'un ou deux natifs, choisis en fonction de leur notoriété et de leur aptitude à communiquer. Les étudiants de chaque section sont également invités à participer à des exercices proposés durant l'émission. Pour ne pas lasser le public, ces présentateurs sont régulièrement changés, moins souvent pour les Français, peu nombreux en Corée.

Le nouvel horaire des cours, valable à partir de mars 1995 est le suivant :

T.V.

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche

21:00

~21:25

Conversation

allemande

Conversation

française

Conversation chinoise

 

-

-

21:25

~21:50

Conversation japonaise

Anglais des affaires

-

-

21:50

~22:15

Conversation anglaise

-

-

Ce programme est à l'image de la nouvelle politique linguistique, favorisant exclusivement l'anglais, au détriment des secondes langues étrangères. Deux émissions hebdomadaires d'allemand et de français ont été réduites à une seule séance de 25 minutes. Deux émissions d'espagnol ont été purement et simplement supprimées. En sens inverse, on a ajouté une émission de japonais aux deux séances qui existaient déjà. Le chinois conserve ses deux émissions comme auparavant. L'anglais est favorisé avec une présence quotidienne et un horaire plus attractif, juste après les informations que les Coréens écoutent entre 21 heures et 21 heures 50 sur les chaînes généralistes.

La diminution des horaires dédiés aux secondes langues est due au renforcement des programmes destinés aux futurs candidats au concours d'entrée en faculté. Les responsables de la chaîne souhaitaient, en effet, répondre à l'attente des parents qui constataient le poids excessif des leçons particulières. Les lycéens y consacraient presque autant de temps qu'en classe.

Mais en même temps, cette réorganisation, défavorable pour les langues européennes, incite à réfléchir sur l'équilibre des programmes. Une seule séance de 25 minutes exclut la participation des débutants et demande un rythme de travail accéléré, comme le souligne l'animateur dans l'avant-propos du manuel de l'émission.

La méthode, publiée désormais en petit format, est élaborée par la chaîne en collaboration avec les présentateurs et vendue dans les librairies au prix de vingt francs. Ses points faibles sont liés au contenu rigide et artificiel, tant sur le plan linguistique que culturel.

Toutefois, ces émissions sont susceptibles de représenter un complément intéressant à l'enseignement/apprentissage très livresque, pratiqué dans le milieu institutionnel, à condition que leur fréquence soit augmentée et que leur contenu réponde aux souhaits du public. Ce dernier, dans sa majorité, désire maîtriser l'oral et connaître la réalité française.

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