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Projet de loi de finances pour 2003 : Technologies de l'information et Poste

 

C. UNE PERTE NETTE EN 2001

1. Le groupe La Poste « dans le rouge » en 2001

La rentabilité de La Poste, déjà inférieure à celle de ses concurrents, s'est encore très fortement dégradée en 2001, comme le montre le tableau suivant :

ACTIVITE ET RÉSULTATS DU GROUPE LA POSTE
(en millions d'euros)

 

1999

2000

2001

Chiffre d'affaires

15315

15980

17030

Résultat d'exploitation

593

420

182

Résultat financier

(172)

(141)

(146)

Résultat exceptionnel

(163)

(206)

1

Résultat net (part du groupe)

283

139

(95)

L'activité courrier hors colis, qui reste le centre de gravité du chiffre d'affaires du groupe -dont elle représente les deux tiers-, a connu en 2001 une décélération : sa progression de 1,6 % est inférieure de moitié aux prévisions initiales, en raison du développement des échanges électroniques, du ralentissement économique et des alertes à l'anthrax consécutives aux attentats perpétrés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001.

Pourtant, le choc concurrentiel est encore à venir puisque le processus de dématérialisation du courrier des grands comptes (sécurité sociale, banques...) n'en est encore qu'à ses débuts et que le calendrier européen programme pour 2003, 2006 et 2009 la perte, par étapes, du monopole de La Poste sur le marché français du courrier.

Le chiffre d'affaires colis n'a, pour sa part, progressé que de 3,4 % à périmètre constant, mais sa progression affichée est de 30,8 %, essentiellement en raison de nouvelles acquisitions internationales.

Le produit net bancaire s'est, quant à lui, accru de 5,3 %.

Finalement, le résultat d'exploitation du groupe ne s'élève plus qu'à 182 millions d'euros en 2001 (soit une diminution de 57 % par rapport à 2000).

Le résultat financier est de -146 millions d'euros en 2001, c'est-à-dire qu'il est resté stable par rapport à 2000. Cette stabilité s'explique par la conjonction d'une moindre charge de la dette (dette obligataire et bons La Poste) ramenée à 3,4 milliards d'euros et d'effets de change défavorables en 2001.

Le résultat exceptionnel redevient tout juste positif, notamment à la faveur de la reprise de provision de 51 millions d'euros au titre des immeubles cédés ou en cours de réaffectation.

Avant amortissement exceptionnel des écarts d'acquisition sur le sous-groupe GeoPost, le résultat est de 75 millions d'euros. Or la dotation aux amortissements des écarts d'acquisition est de 244 millions d'euros : elle comprend un amortissement exceptionnel de 170 millions d'euros qui accompagne la restructuration du bilan de GeoPost au moment où le groupe La Poste réorganise son réseau européen du colis et de l'express en Europe. Après avoir décidé de doter le groupe GeoPost d'un capital de 900 millions d'euros, il a été effectué une réévaluation des actifs du sous-groupe GeoPost GmbH, compte tenu du ralentissement de l'activité sur le marché allemand depuis les premières acquisitions réalisées en 1999.

A l'issue, le résultat net comptable (part du groupe) s'établit à - 95 millions d'euros, contre + 139 millions l'an passé. Malgré la vente du stock de véhicules de La Poste, réalisée en 2000, et la poursuite de la cession des « bijoux de famille » -notamment immobiliers-, La Poste n'a pas réussi à se maintenir à flots en 2001.

Le tableau ci-dessous résume la tendance des indicateurs les plus significatifs:

EVOLUTION DES PRINCIPAUX SOLDES INTERMÉDIAIRES
DE GESTION DU GROUPE
(en millions d'euros)

 

2000

2001

Evolution

Excédent brut d'exploitation (EBE) (1)

981

841

-14,3 %

Chiffre d'affaires (2)

15978 

17028

+6,6 %

(1)/(2) EBE en % du chiffre d'affaires

6,1 %

4,9 %

-1,2 point

Résultat net (3)

139 

-95

-

(3)/(2) Résultat en % du chiffre d'affaires

0,9 %

-

-

Source : La Poste

On constate qu'en 2001, la Poste ne tient pas l'objectif qu'elle s'était fixé dans le contrat de plan. L'article 7-1 de ce dernier prévoit en effet que la Poste « dégage, en fin de période, un excédent brut d'exploitation représentant 6 % de son chiffre d'affaires. Elle veille en particulier à ce que ses charges de personnel évoluent moins vite que la valeur ajoutée que génèrent ses activités ». Avec un ratio EBE/Chiffre d'affaires de 4,9 % en 2001, La Poste manque son objectif d'amélioration de sa performance globale. Sa rentabilité est donc manifestement insuffisante dans la perspective de la disparition prochaine de la rente de monopole sur le courrier et de la substitution technologique inéluctable.

Ces chiffres montrent, s'il en était besoin, le poids très lourd pour La Poste du passage aux 35 heures sans aide de l'Etat.