Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi de finances pour 2007 : Développement et régulation économiques

 

2. La nécessité d'une action de soutien à l'innovation et à la croissance des entreprises

Il conviendrait donc d'orienter la politique de soutien à l'export vers la résorption des faiblesses structurelles du tissu micro-économique identifiées plus haut comme déterminantes dans la moindre performance commerciale de la France :

- d'abord, accroître la variété des produits français à l'export et leur positionnement haut de gamme : un élément décisif de la compétitivité réside dans la capacité à offrir plus de variété que la concurrence, c'est-à-dire à se différencier par la marque ou le design à prix similaires, ou à adopter un positionnement plus haut de gamme, qui exige un rythme soutenu d'investissement. Un tel positionnement est stratégique dans la mesure où il constitue un rempart contre la concurrence des pays à bas salaire.

Or la France a un avantage en matière de gamme sur l'Allemagne essentiellement dans le domaine agroalimentaire. L'inverse se vérifie pour de nombreux produits industriels, notamment l'automobile et la pharmacie. Il s'agit donc d'encourager l'investissement dans ces secteurs pour soutenir l'innovation ainsi que sa diffusion par un effort de formation. Il s'agit aussi de viser l'accroissement du nombre des entreprises exportatrices, synonyme de variété accrue de nos offres sur les marchés étrangers ;

- ensuite, et ce n'est pas sans lien, accompagner les entreprises à un niveau de taille critique qui dynamise leur capacité exportatrice et améliore leur réactivité. Le handicap de la France n'est ni le nombre de créations d'entreprises, ni leur taux de survie, mais bien l'absence de croissance des entreprises : ceci renvoie à des difficultés connues, notamment liées à l'insuffisance de financement des entreprises nouvelles. Les banques françaises rechignent en effet à prêter aux jeunes entreprises, même à des taux élevés pour rémunérer le risque pris. Le faible montant des investissements en capital-risque contribue aussi à freiner le développement des PME.

Or, un exportateur trop petit n'a pas un pouvoir de marché suffisant pour préserver ses marges et répercuter les variations de change dans ses prix à l'exportation, d'autant plus qu'il ne peut se permettre de perdre un marché sur lequel il est entré moyennant un coût fixe important.

A titre personnel, votre rapporteur pour avis attire donc l'attention du Gouvernement sur les limites des instruments habituels d'aide à l'exportation. Le manque de réactivité des exportateurs français appelle une action large mettant en question l'organisation et le financement de la recherche et de l'innovation, la politique de formation, le fonctionnement des marchés financiers... Faut-il rappeler l'importance de cette action, alors même qu'un milliard d'euros d'exportations représente 13.000 emplois ?