ANNEXE 2

Réponses du ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat aux questions posées par votre rapporteur spécial à partir du référé de la Cour des comptes du 10 février 1998 relatif aux emplois dans les cabinets ministériels

I. L'INSUFFISANCE DU CADRE STATUTAIRE ET BUDGÉTAIRE

Question n° 1


Est-il envisagé de mettre en oeuvre des mesures visant à donner un statut propre aux membres des cabinets ministériels, afin que la gestion des emplois de cabinets ne constitue plus un « domaine de non-droit » selon l'expression de la Cour des comptes ?

Réponse

La création d'un statut d'emploi propre aux membres de cabinets ministériels et l'inscription corrélative d'emplois budgétaires spécifiques ne garantiraient une plus grande transparence qu'à la condition d'une certaine permanence de la structure gouvernementale et d'une stabilité des effectifs et de la composition des cabinets ministériels. Sans ces conditions, des contingents d'emplois spécifiques de membres de cabinet inscrits aux budgets des différents ministères risqueraient d'être rapidement en décalage avec la réalité très évolutive de l'effectif et de la composition des cabinets ministériels.

Question n° 2

Pourquoi les emplois budgétaires supportant la rémunération des personnels employés dans les cabinets ministériels ne sont-ils pas inscrits en loi de finances, cette situation n'ayant aucun fondement juridique ? Indiquer si des mesures ont été ou seront prises afin de permettre de vérifier la stricte application des dispositions du décret du 28 juillet 1948 fixant le nombre et la nature des emplois de cabinets ministériels.

Réponse

Sur un plan strictement budgétaire, le système actuel ne permet pas d'identifier et de contrôler spécifiquement les emplois affectés aux cabinets ministériels. Les nominations dans les cabinets ministériels ne se font cependant pas au-delà des emplois et crédits déjà ouverts par la loi de finances. Les fonctionnaires nommés dans un cabinet ministériel sont par définition déjà détenteurs d'un emploi budgétaire. Le changement de situation statutaire qu'implique cette nomination n'implique nullement un changement de support budgétaire.

Il est clair que la réforme de l'ordonnance du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances bouleversera cette perspective. En particulier, les comptes-rendus de gestion rendront compte fidèlement de l'utilisation en emplois de l'autorisation budgétaire délivrée au gouvernement par le Parlement, et les emplois de cabinet seront pleinement identifiés. Le jaune annexé au PLF 2001 présente dans cet esprit, de façon exhaustive, le nombre de collaborateurs des ministres dans chaque cabinet, au 1 er juillet 2000.

Question n° 3

La Cour des comptes précisant que la rémunération des membres des cabinets ministériels est en partie financée sur les « fonds spéciaux » inscrits au budget des services généraux du Premier ministre, indiquer le montant total provenant de cette source de financement, la part des « fonds spéciaux » qu'elle représente et la répartition par ministère pour chaque année depuis 1995.

Réponse

Le ministère de la fonction publique et de la réforme de l'Etat ne dispose pas d'éléments retraçant l'utilisation des fonds spéciaux.

Question n° 4

Présenter les observations du gouvernement sur le système dit des « points-cabinet ». Est-il envisagé de réformer ce système afin de prendre en considération les remarques de la Cour des comptes, notamment ses critiques portant sur l'absence de fondement juridique des « points-cabinet » ?

Réponse

Les « points-cabinet » sont assis sur des emplois budgétaires : ils sont intégralement gagés par le blocage d'emplois d'agents titulaires ou de contractuels et le nombre de points cabinets utilisés est égal au produit des indices majorés correspondant aux emplois bloqués. Le système reflète donc l'autorisation budgétaire.

Question n° 5

A plusieurs reprises, la Cour des comptes mentionne l'exception constituée par le ministère des affaires étrangères, l'opacité relative à ses emplois de cabinet étant moins grande. Pourquoi ce ministère se distingue-t-il ainsi des autres départements ministériels ? D'autres ministères ont-ils réalisé des progrès en matière de transparence sur ce point depuis cette époque ?

Réponse

La transparence montrée par le fascicule jaune mentionné supra ne fait pas apparaître la situation particulière d'un ministère par rapport à un autre. C'est grâce au développement de ce type de comptes-rendus que la capacité d'information du Parlement sera renforcée.

II. LES DÉBORDEMENTS DU CADRE STATUTAIRE ET BUDGÉTAIRE

Question n° 6


La Cour des comptes souligne les écarts constants, s'agissant du nombre d'emplois de cabinet, entre le droit et la pratique, accentués par le non-respect des lettres-circulaires que le Premier ministre adressait, jusqu'en 1996, aux ministres, fixant pourtant des normes moins strictes que celles prévues par le décret du 28 juillet 1948. Ce non-respect était à l'origine, notamment, de l'apparition de membres « officieux » dans les cabinets ministériels.

Quelle appréciation le gouvernement porte-t-il sur ces observations de la Cour des comptes ? Quelle méthode est utilisée par le Premier ministre, depuis 1996, pour fixer le nombre des membres des cabinets ministériels ? Est-il envisagé d'apporter des modifications à l'annexe « jaune » consacrée aux cabinets ministériels afin de prendre en compte les observations de la Cour des comptes sur ce point ? Indiquer le nombre précis, quel que soit leur statut, des membres du cabinet de chaque ministre du gouvernement actuel, en distinguant les personnels exerçant des tâches administratives d'une part, et les collaborateurs personnels du ministre d'autre part.


Réponse

Comme l'a relevé la Cour des comptes, les dispositions du décret de 1948, qui n'ont pas été actualisées depuis 1954, ne sont plus respectées depuis longtemps. Ce fut par circulaire du Premier ministre, lorsqu'un nouveau gouvernement se constituait, que furent déterminés les plafonds d'effectifs et, parfois, la nature des fonctions correspondantes. Prenant en compte l'expérience du passé, les instructions données par le Premier ministre aux ministres et secrétaires d'Etat par circulaire du 6 juin 1997 ont eu pour objet de laisser à chacun des membres du gouvernement la possibilité de définir l'effectif de son cabinet. Cette démarche pragmatique a été préférée à la fixation d'un contingent arbitrairement uniforme, pour éviter l'apparition de collaborateurs officieux. A la suite du référé de la Cour, une circulaire du Premier ministre du 19 avril 1999 a précisé les règles qui gouvernent le recrutement et la situation des membres de cabinets ministériels.

Le ministère de la fonction publique et de la réforme de l'Etat ne tient pas de registre comptabilisant les membres de cabinet.

Question n° 7

Des mesures ont-elles été ou seront-elles prises afin d'améliorer la lisibilité des moyens budgétaires et en personnels alloués aux cabinets ministériels au sein des lois de finances ?

Réponse

Une meilleure lisibilité des moyens budgétaires et en personnels alloués aux cabinets ministériels sera apportée par une présentation budgétaire en programmes, qui permettra de faire apparaître des éléments analytiques permettant de calculer des coûts complets de fonctionnement .

Question n° 8

Dresser le bilan de l'assouplissement, décidé en février 1996, du contrôle effectué par la direction du budget sur les frais de fonctionnement dont bénéficient les cabinets. Leur imputation et la réalité des dépenses est-elle désormais mieux connue ?

Réponse

Le ministère de la fonction publique et de la réforme de l'Etat n'est pas en mesure de porter un jugement sur des procédures qui régulent les relations entre la direction du budget et les ministères gestionnaires.

Question n° 9

Des mesures ont-elles été ou seront-elles prises afin de remédier, sur ce point, à la double inégalité relevée par la Cour des comptes, concernant :

- le caractère inéquitable des moyens alloués aux différents ministères ;

- les différences de rémunérations en dépit de fonctions identiques ?


Réponse

La rémunération des membres de cabinets ministériels peut être déterminée de deux façons. La première consiste à fixer une rémunération égale à fonctions identiques. La seconde privilégie le maintien de la rémunération antérieure en laissant le soin aux ministres de l'ajuster par le biais des indemnités de cabinet.

Si la Cour des comptes juge cette seconde façon de procéder inéquitable, il faut souligner qu'il existe dans les cabinets une grande diversité, pour une même dénomination de conseiller, de conseiller technique ou de chargé de mission, en termes de charges de travail, de responsabilités et de participation à la préparation des politiques et décisions gouvernementales.

La solution actuelle tient compte de cette diversité. Elle permet en particulier de limiter les avantages de carrières dont les fonctionnaires pourraient bénéficier du fait ou à l'issue d'un passage plus ou moins long dans un cabinet et d'éviter, en les maintenant dans leur corps d'origine, les problèmes de gestion de carrière que risquerait de soulever un détachement sur un statut d'emploi spécifique.

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