LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION
DES LOIS
Réunie le mercredi 19 octobre 2005 sous la
présidence de M. Jean-Jacques Hyest, président, la
commission a examiné, sur le rapport de M. Charles Guené,
la proposition de loi n° 224 (2004-2005),
présentée par M. Michel Thiollière, relative au
renforcement de la coopération décentralisée en
matière de solidarité internationale.
M. Charles Guené, rapporteur, a souligné
l'ancienneté, la diversité et l'importance des actions
extérieures des collectivités territoriales et de leurs
groupements, précisant que leur montant s'était
élevé à 230 millions d'euros en 2004 dont 115 millions
d'euros au titre de l'aide au développement. Il a rappelé que,
pour être légales, ces actions devaient relever de la
compétence des collectivités territoriales, ne pas être
contraires aux engagements internationaux de la France et présenter un
intérêt local. Il a toutefois observé qu'en l'absence de
définition objective, cette dernière notion faisait l'objet
d'appréciations divergentes de la part des juridictions
administratives.
Le rapporteur a expliqué que l'article unique de la
proposition de loi tendait à lever cette incertitude
juridique en prévoyant que les communes, les
établissements publics de coopération intercommunale et leurs
groupements peuvent, dans la limite de 1 % des recettes d'investissement,
mener des actions de coopération avec les collectivités
territoriales étrangères et leurs groupements dans le cadre de
conventions, des actions d'aides d'urgence au bénéfice de ces
collectivités et groupements, ainsi que des actions de solidarité
internationale en cas de catastrophe humanitaire.
Tout en saluant l'initiative prise par M. Michel
Thiollière, il a constaté que les dispositions proposées
excluaient les départements et les régions, autorisaient un
financement de l'action extérieure des collectivités locales par
l'emprunt et, surtout, ne levaient pas les incertitudes nées de la
jurisprudence sur la légalité des aides au développement
consenties par les collectivités territoriales.
Le rapporteur a par ailleurs indiqué que l'adoption
probable d'un règlement communautaire portant création d'un
groupement européen de coopération transfrontalière et
d'un troisième protocole additionnel à la convention sur la
coopération transfrontalière, signée à Madrid sous
l'égide du Conseil de l'Europe, rendraient sans doute nécessaires
d'autres modifications de la législation relative à l'action
extérieure des collectivités territoriales.
L'article unique du texte retenu par la
commission, désormais intitulé « proposition de
loi relative à l'action extérieure des collectivités
territoriales et de leurs groupements », a pour
objet :
- d'une part, de donner une base légale
incontestable à l'aide au développement consentie par les
collectivités territoriales françaises et leurs groupements, tout
en exigeant la formalisation de cette aide dans le cadre de
conventions avec des autorités locales
étrangères ;
- d'autre part, d'autoriser les
collectivités territoriales et leurs groupements à entreprendre
des actions à caractère humanitaire sans passer de convention,
lorsque l'urgence l'exige, soit directement soit en finançant
des organisations non gouvernementales ou des associations.
La commission propose d'adopter la proposition de loi
ainsi rédigée.
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