LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION DES LOIS
Après avoir entendu, le jeudi 16 novembre 2006,
M. Christian Jacob, ministre de la fonction publique, la commission des
lois du Sénat, réunie le mercredi 13 décembre 2006, sous
la présidence de M. Jean-Jacques Hyest, président, a
examiné sur le rapport de M. Hugues Portelli, le projet de loi
n° 440 (2005-2006), adopté par l'Assemblée nationale,
de modernisation de la fonction publique.
M. Hugues Portelli, rapporteur, a
observé que ce projet de loi avait pour principal objet de mettre en
oeuvre les accords sur l'action sociale et l'évolution statutaire dans
la fonction publique, conclus par le Gouvernement avec plusieurs organisations
syndicales en 2006, mais avait été complété par
diverses dispositions introduites à l'Assemblée nationale en
première lecture, le nombre de ses articles passant ainsi de 26 à
42.
Il a estimé que les mesures proposées pouvaient
être ordonnées autour de trois thèmes : favoriser la
formation et l'expérience professionnelle des agents ;
développer les échanges entre administrations publiques et entre
secteur public et secteur privé ; faciliter la gestion des
ressources humaines.
Le rapporteur a tout d'abord relevé que les
dispositions relatives à la formation et à l'expérience
professionnelle des agents étaient pratiquement identiques à
celles prévues par le projet de loi relatif à la fonction
publique territoriale, en cours de navette.
Il a ensuite exposé que le projet de loi, pour
développer les échanges entre administrations publiques et entre
secteur public et secteur privé, étendait les possibilités
de mise à disposition en contrepartie d'une plus grande transparence,
définissait un nouvel équilibre en matière de
déontologie et apportait de nouvelles dérogations au principe de
l'interdiction du cumul d'activités pour favoriser notamment la
création ou la reprise d'une entreprise.
Enfin, M. Hugues Portelli, rapporteur, a
estimé que les dispositions diverses du projet de loi formaient un
ensemble disparate destiné à apporter une solution à des
difficultés réelles mais ponctuelles, certaines mesures
consistant en un assouplissement de règles statutaires, d'autres ayant
trait à l'action sociale et au financement de la protection sociale
complémentaire, d'autres encore concernant des problèmes
spécifiques à certains personnels.
La commission a adopté
39 amendements ayant principalement pour objet :
- de parachever la réforme de la mise
à disposition, en autorisant la mise à disposition
à temps partagé de fonctionnaires de l'Etat, en encadrant les
possibilités de mise à disposition auprès d'organismes
extérieurs aux administrations publiques et en étendant le
bénéfice de la réforme aux fonctions publiques
territoriale et hospitalière (articles 7 à
9) ;
- de renforcer le contrôle du respect des
règles déontologiques, en supprimant la permission
législative instituée par le projet de loi, en vertu de laquelle
le juge pénal n'aurait pu être saisi d'un délit de prise
illégale d'intérêts dès lors que l'agent ayant
quitté l'administration aurait déjà reçu un avis
exprès de compatibilité de la commission de déontologie,
en supprimant par coordination le nouveau délit pénal de non
saisine de la commission de déontologie institué par le projet de
loi, et en améliorant et en allégeant la composition de cette
commission (articles 10 à 12) ;
- de garantir la prise en charge des frais de
formation par l'employeur public dans le cadre du droit individuel
à la formation (article 2) ;
- de donner aux agents publics le temps de
s'assurer de la viabilité de leur entreprise, en permettant la
prolongation pour une année supplémentaire, au maximum, de la
possibilité offerte à un agent public et au dirigeant d'une
société ou d'une association à but lucratif recruté
par une administration publique de déroger pendant un an à
l'interdiction du cumul d'activités pour créer, reprendre ou
continuer à gérer une entreprise
(article 13) ;
- de préciser que les examinateurs doivent
participer aux délibérations du jury lorsque celui-ci attribue
les notes des candidats aux épreuves qu'ils ont évaluées
ou corrigées (article 19).
Sous le bénéfice de ces amendements, la
commission des lois propose d'adopter le projet de loi de modernisation de la
fonction publique.
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