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Projet de loi relatif à l'action extérieure de l'État

 

B. LES LACUNES DU DISPOSITIF FRANÇAIS EN MATIÈRE D'ACCUEIL DES ÉTUDIANTS ET CHERCHEURS ETRANGERS

Notre pays a pris conscience dans les années 1997-1998 de la lente érosion du nombre d'étudiants étrangers accueillis en France. Au cours de la décennie précédente, il était tombé à 150 000.

Si les mesures prises par les gouvernements successifs ont permis d'améliorer l'attractivité de notre pays en matière d'accueil des étudiants et chercheurs étrangers, il n'en demeure pas moins que la qualité de l'offre française demeure perfectible, comme en témoigne le mauvais classement, certes controversé, des universités françaises par l'université de Shanghai.

Ainsi, la France se situe au quatrième rang au niveau mondial en matière d'accueil des étudiants étrangers, derrière les Etats-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni, devant l'Allemagne et la Chine.

Par ailleurs, notre pays attire deux fois moins d'étudiants européens que l'Allemagne et trois fois moins que le Royaume-Uni.

Consciente des enjeux de l'accueil des étudiants étrangers pour le rayonnement culturel et linguistique de notre pays, votre commission avait d'ailleurs publié un rapport d'information sur ce sujet9(*).

D'après les chiffres communiqués par le ministère des Affaires étrangères et européennes, 216 362 étudiants étrangers étaient inscrits à l'université en France en 2008-2009. Ils n'étaient que de 141 700 en 2000-2001 (soit une augmentation de 52,7 % en 7 ans). Sur un total de 1 452 972 étudiants inscrits dans les universités françaises en 2008-2009, les étudiants étrangers en représentent 17,5 %.

Si l'on ajoute les étudiants inscrits dans d'autres établissements d'enseignement supérieur (écoles d'ingénieurs, de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles...), le nombre total d'étudiants étrangers en France atteint 266 448 en 2008-2009 contre 260 596 en 2007-2008, soit une augmentation de 2,2 % et ce après deux années consécutives de diminution des effectifs. La part des étudiants étrangers pour l'ensemble des établissements est de 11,9 %.

La répartition par région d'origine fait apparaître que l'Afrique (Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne) reste en 2008-2009 la première région d'origine des étudiants étrangers avec plus de la moitié des étudiants (50,21 %) mais avec un taux d'évolution en diminution depuis deux ans, le taux des pays du Maghreb étant stable, celui des pays d'Afrique subsaharienne en diminution de 1 %. L'Europe arrive à la 2e place avec 24,7 %. Il faut cependant souligner que les flux d'étudiants Erasmus, qui restent inscrits dans leur établissement d'origine, ne sont pas toujours recensés et contribuent à minimiser les chiffres des étudiants en provenance des 26 pays membres. L'Asie et l'Océanie viennent ensuite avec 16,2 % et un taux d'accroissement de 8,6 % en un an. L'Amérique (Nord et Sud) atteint 8 % et un taux d'accroissement de 7,1 %. Enfin, les pays du Proche et Moyen-Orient représentent 5,4 % des étudiants étrangers avec une baisse de 2,2 % en un an.

En 2008, la proportion d'étudiants étrangers dans les différentes filières universitaires est, par ordre décroissant : administration, économie et gestion : 23%, sciences fondamentales et appliquées : 21 %, langues, lettres, sciences du langage, arts : 20 %, sciences humaines et sociales : 12 %, droit, sciences politiques : 11 %, filières de santé : 9 %, sciences de la vie, de la terre et de l'univers : 5 %.

En 2008-2009, les étudiants étrangers représentent 12 % du nombre d'étudiants inscrits en licence, 22 % des inscrits en master et 67,5 % des inscrits en doctorat. Sur l'ensemble des étudiants inscrits dans les universités françaises en 2007-2008 et en 2008-2009, on constate une augmentation du nombre des étudiants inscrits en licence, en master et en doctorat. Cette tendance répond à l'accent mis sur les formations de haut niveau en matière de promotion et aux efforts accomplis par les SCAC, les CEF et les services consulaires.

En 2005-2006, année la plus récente pour laquelle la Conférence des Grandes Ecoles dispose de statistiques, les écoles membres de la Conférence ont accueilli près de 27 000 étudiants étrangers. Les écoles d'ingénieurs ont accueilli 94 565 étudiants dont 16 990 étrangers (soit 17,93 %), les écoles de management 38 363 étudiants dont 8 903 étrangers (soit 23,20 %) et les écoles à spécialités diverses 8 458 étudiants dont 804 étrangers (soit 9,5 %).

La gratuité ou la quasi-gratuité et la qualité de l'enseignement constituent les principaux atouts de notre système d'enseignement supérieur.

Les principales lacunes du dispositif français tiennent notamment à la promotion, à la qualité de l'accueil et du suivi des étudiants étrangers (en matière de logement notamment) et à l'absence de « guichet unique ».

A titre de comparaisons, alors que le budget de l'opérateur français chargé de la promotion de l'enseignement supérieur CampusFrance est de l'ordre de 6 millions d'euros, celui de l'office allemand pour les échanges universitaires (DAAD) est de 300 millions d'euros, dont 60 millions d'euros consacrés à la promotion (soit dix fois plus) et celui du British Council de 627 millions d'euros, dont 312 millions d'euros destinés à la valorisation du système d'enseignement supérieur britannique (soit 50 fois plus).

* 9 Rapport d'information n° 446 (2004-2005) de Mme Monique Cerisier-ben Guiga et M. Jacques Blanc, sur l'accueil des étudiants étrangers en France, fait au nom de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, et déposé le 30 juin 2005.