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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord de coopération dans le domaine de la défense entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République libanaise

 

C. LES INTERVENTIONS FRANÇAISES AU LIBAN

Les interventions militaires françaises au Liban, depuis les années 1980, se sont faites dans le cadre des Nations unies. Trois grandes périodes caractérisent l'engagement français au Liban depuis 1978. Dans un premier temps, de 1978 à 1984, la mise en place de la première FINUL et de la force multinationale entraîne une augmentation continue des effectifs jusqu'à 2 800 hommes. Ensuite, à partir de 1984, la France se désengage progressivement du théâtre. En 2005, l'effectif réalisé n'est plus que de 200 personnels. Enfin, l'engagement français dans la FINUL 2, à l'été 2006, marque le début d'une nouvelle augmentation de la présence nationale dans le pays, qui représente actuellement environ 1 400 personnels.

1. La mise en place de la première FINUL et les opérations Epaulard et Diodon (1978-1984)

Les Nations unies ont mis en place en 1978, au sud du Liban, à la demande du gouvernement libanais, dans le contexte de l'invasion israélienne, une Force intérimaire des Nations unies au Liban, la FINUL (résolutions 425 et 426). La FINUL est alors dirigée par un général français, le Général Jean Cuq. La France déploie un bataillon d'un effectif de 730 hommes au sein de la FINUL 1. Cette participation se maintient jusqu'en 1982 puis augmente pour atteindre 1 400 hommes en mai 1982.

Parallèlement, pour encadrer l'évacuation des éléments armés palestiniens de Beyrouth, l'opération «Epaulard», visant à la mise en place d'une Force Multinationale d'Interposition (FMI), est décidée entre juillet et septembre 1982. Cette FMI comprend 850 militaires français. A cette période, les effectifs globaux (FMI+FINUL) atteignent environ 2 200 personnes. La FMI ne dure que quelques semaines et se termine mi-septembre 1982.

Toutefois, la poursuite des combats, et en particulier les massacres de Sabra et Chatila après le départ de la FMI, entraîne la création, quelques semaines plus tard, d'une Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB). Dans le cadre de l'opération « Diodon », la France contribue à la FMSB. Les effectifs français atteignent 2 000 militaires à compter de mai 1983. Jusqu'au départ de la force en février 1984, à la suite des événements dits du « Drakkar » le 23 octobre 1983 (attentat qui provoque la mort de 58 soldats français), environ 2 800 personnels français sont engagés au Liban (dont 800 personnels FINUL).

A compter de février 1984, un bataillon français revient au Liban dans le cadre de la FINUL avec un effectif global de 1 390 personnes qui décroît progressivement pour représenter 200 militaires en 2005.

2. La création de la nouvelle FINUL et la base de Naqoura

En septembre 2006, la mise en place de la nouvelle FINUL, faisant suite à la résolution 1701 adoptée pour mettre un terme au conflit de l'été 2006 avec Israël, porte les effectifs français à 1 650 hommes dans le cadre de l'opération « Daman ». Le général français Pellegrini commande alors la force.

Actuellement, la France fournit à la FINUL le chef d'état-major, le général Lafontaine, et est responsable de la Quick Response Force (QRF) (force de réaction rapide). La France a également assumé le commandement de la FINUL maritime, dans le cadre de l'Euromarfor de l'été 2008, au mois de mars 2009. Ses effectifs sont aujourd'hui d'environ 1 400 militaires, ce qui fait d'elle le deuxième contributeur, après l'Italie, sur un effectif total d'environ 12 000 soldats.

Sur ce total, seulement 158 soldats sont à Naqoura, base de commandement de la FINUL située à l'extrême sud du Liban, à la frontière israélienne, 42 d'entre eux sont intégrés dans le quartier général.

Les autres soldats font partie de la composante de commandement et de soutien national du contingent français déployé au Sud-Liban, pas seulement à Naqoura.

Les unités déployées ailleurs qu'à  Naqoura le sont soit comme éléments de contrôle de zone sous commandement d'un des deux secteurs de la zone, soit comme composantes de la Force de réaction rapide aux ordres du commandant de la FINUL.