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Projet de loi de finances pour 1997

 

C. LES ABONNEMENTS À L'AFP

1. La situation actuelle de l'AFP

L'année 1995, premier exercice après le contrat de plan 1991-1994, s'est révélée bénéficiaire à hauteur de 1,2 million de francs pour un chiffre d'affaires de 1,18 milliard de francs.

Néanmoins, l'Agence doit encore relever de nombreux défis, alors que la part des abonnements de l'État représente 48,5 % de ses ressources.

Le chapitre 34-95, abonnements souscrits par les administrations au service d'informations générales de l'AFP, des crédits des services généraux du Premier ministre, est doté de 566,6 millions de francs, soit une baisse de 11,5 millions de francs, contre 578,17 millions en 1996 (après une hausse de 11,35 millions de francs par rapport à 1995).

Cette décision pourrait handicaper la mise en oeuvre du plan de réorganisation et de modernisation décidé par le nouveau président de l'AFP.

Évolution des crédits (TTC) détaillés au chapitre 34-95 des services généraux du Premier ministre

Années

Services votés

Mesures nouvelles

Annulation de crédits

Collectif budgétaire

Montant total

Crédits obtenus

1990

452 128 305

11 303 208

 

4 000 000

(1)

467 431 513

467 426 565

1991

463 431 513

11 585 788

-7 770 000

21 600 000

488 847 301

488 893 083

1992

475 017 301

40 790 000

   

515 807 301

512 358 704

1993

515 807 301

21 148 100

   

536 955 401

534 392 068

1994

536 995 401

21 487 945

   

558 443 346

558 443 171

1995

558 443 346

8 376 650

 

1 116 887

567 936 883

567 936 840

1996

566 819 996

11 358 738

   

578 178 734

 

1997

578 178 734

11 563 575

   

566 615 159

 

(1) Contribution exceptionnelle décret n° 90-1207 du 29 décembre 1990

Évolution de la part des abonnements de l'État
dans les recettes de l'A.F.P.

Années

%

 1958

58,81

1960

54,96

1970

53,94

1980

59,28

1985

55,62

1986

55,37

1987

54,67

1988

53,29

1989

51,99

1990

50,73

1991

49,69

1992

48,67

1993

48,17

1994

47,45

1995

47,18

96 (e)

47,77

(e) Estimation

Le plan de développement de l'AFP prévoit un gel du chiffre d'affaires apporté par l'État de 1997 à 2000, qui descendrait à 41 %.

2. Un plan de développement handicapé

Dans son programme de développement, intitulé « Faire entrer l'AFP dans le 3  millénaire », M. Jean Miot a précisé, en février 1996, ses objectifs.

Il a d'abord effectué le bilan de santé de l'Agence.

L'AFP est une société sans capital, donc sans financement statutaire. L'équilibre budgétaire - seulement acquis en 1995 - est fragile.

Pour se développer, l'AFP doit donc :

renforcer sa production traditionnelle en cherchant toujours plus de débouchés hors médias :

- adapter le fil général à chaque catégorie de clients,

- développer le secteur Économie,

- poursuivre l'effort sur la photo,

- continuer le développement du secteur Sport et du secteur Information scientifique ;

créer des produits nouveaux liés à la révolution technologique en cours :

- développer les partenariats de type « Bloomberg » en France, dans d'autres pays,

- participer à la chaîne parlementaire,

- fournir l'information, en français et en anglais sur les vols des grandes compagnies aériennes.

Pour ce faire, une nouvelle direction générale, reliant les trois pôles information, technique et commercial, a été mise en place.

À cet effort de coordination doit s'ajouter la poursuite de la modernisation, mise en oeuvre à la rédaction. Un département multimédia, à large compétence, sera créé. Il pourra éventuellement être transformé en filiale « AFP Multimédia » afin d'y associer des partenaires demandeurs. La prudence doit cependant être de mise sur ce marché.

Le projet AFP-BLOOMBERG de chaîne câblée

Avant son lancement officiel, le 11 septembre 1996, Bloomberg TV a été expérimentée depuis le 1er juillet sur le canal 20 du réseau câblé de Lyonnaise Communications, à Paris et en banlieue, où elle émet en français, en clair et sans décodeur, deux heures par jour (6 h 30 à 8 h 30). Existant aux États-Unis et dans d'autres pays, Bloomberg TV est un concept de télévision « Multifenêtres ». Sur un côté de l'écran apparaît un journaliste baptisé « talking head » (littéralement « tête parlante ») donnant des nouvelles nationales et internationales ou des commentaires sur les marchés financiers, des échos sur les sports.

Sur l'autre sont affichés des résultats, des dépêches, des horoscopes, des infographies ou de la publicité, tandis que des bandeaux incrustés fournissent des indications météo, le cours des changes.

Une équipe de sept journalistes de l'AFP, renforcée à l'occasion, est chargée de la confection et de la présentation des informations nationales et internationales, qu'ils livrent devant une caméra automatique, liée par satellite avec Londres. L'investissement de l'AFP dans Bloomberg TV est limité à cet aspect, la firme américaine la rétribuant par ailleurs pour ses informations et leur présentation.

La mise en oeuvre du plan de modernisation de l'AFP prévoit un effort commercial annuel de plus de 5 % l'an de la part de l'agence, une maîtrise des charges, notamment de personnel, et des investissements importants.

Or, sa mise en oeuvre se voit menacée par un budget qui pourrait interdire à l'AFP toute capacité de développement.

En effet, au gel des abonnements de l'État, qui aurait dû conduire à une hausse d'un montant de 11,5 millions de francs, s'ajoute la désindexation des abonnements, pour un montant équivalent, la rémunération d'un prêt participatif3(*), accordé en 1991, de 90 millions de francs, à un taux très élevé, de 12,75 % (contre 4,5 % de 1991 à 1996), pour un coût de 7,5 millions de francs et la suppression de deux subventions spécifiques, l'une pour le « fil arabe », l'autre relative à l'aide téléphonique, d'un montant de 1,8 million de francs.

En outre, eu égard à la position prise par l'État, la presse a décidé de refuser l'indexation de ses abonnements à l'AFP, ce qui constitue une perte supplémentaire de 4,5 millions de francs !

Au total, l'exécution en 1997 du budget de l'AFP démarre avec une charge supplémentaire de 37 millions de francs. L'agence ne pouvant supporter par redéploiement interne cette somme, elle pourrait être contrainte à renoncer à la couverture de certains pays.

Votre rapporteur estime que si l'État souhaite que l'AFP, exposée à une concurrence très rude de la part des deux autres premières agences de presse mondiale, ait les moyens de se développer, il convient de l'y aider, en lui apportant les financements appropriés.

Plus généralement, le statut législatif de 1957 mériterait d'être revu, afin notamment de capitaliser l'AFP, et les pouvoirs de son directeur général, renforcés, notamment en matière de gestion du personnel.

* 3 L'AFP est une société sans capital.