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b) Les remèdes

Les remèdes se résument en trois mots : expérimentation, formation, confiance.

 Expérimentation. Dans la plupart des cas, ces appréhensions sont levées avec l'expérience. L'image de synthèse ne se substitue que très rarement à une technique, mais vient plutôt en complément pour améliorer une présentation, préparer un produit ou rendre un geste plus précis.

Le moment de surprise passé, les professionnels s'engagent dans une nouvelle façon de travailler et s'aperçoivent vite que " c'est seulement l'inconnu qui leur faisait peur ". Des initiatives locales comme celles du Futuroscope peuvent également contribuer à inciter les différents publics à s'engager résolument dans la technique.

 Formation. Le développement de la réalité virtuelle suppose en effet un gros effort de formation. Formation au départ et en continu. Formation des spécialistes et des hommes qui, sans être des spécialistes, doivent s'habituer à travailler avec ces nouveaux outils. L'infographie appelle une didactique nouvelle, une progression pédagogique permanente, pour s'adapter à l'évolution des matériels. L'auto-apprentissage, qui a été jusqu'à présent le mode de formation dominant, peut-il répondre à tous les besoins d'une technique en plein développement ? Mais la formation doit aussi s'étendre à tous ceux appelés à "collaborer" avec ces spécialistes. " Il faudra vite intégrer les techniques des images de synthèse dans les écoles, les facultés, les cycles de formation, sinon nous aurions des techniques sans techniciens. "62(*). Une telle formation ne va pas sans difficulté, et suppose, bien souvent, des arbitrages. Les " chirurgiens par exemple, ne sont pas réfractaires à cette technologie nouvelle, mais pour des raisons de temps, ils ne veulent pas de formation supplémentaire lourde pour les utiliser. "63(*)

Encadré n°17

LA FORMATION AUX MÉTIERS DES IMAGES DE SYNTHÈSE

Beaucoup de nos interlocuteurs se sont formés aux images de synthèse "sur le tas", pour compenser l'absence de formation spécialisée. Les formations sont aujourd'hui organisées et semblent rencontrer un vif succès. Plusieurs établissements, publics et privés, ont développé des formations spécifiques à l'infographie et, plus particulièrement, aux images de synthèse : l'École nationale supérieure des Arts décoratifs (ENSAD), l'université Paris VIII, le Centre national de la Bande dessinée d'Angoulême, l'École Supinfocom à Valenciennes.

Cette dernière initiative est intéressante parce qu'elle émane de professionnels eux-mêmes, de la chambre de commerce et d'industrie de Valenciennes au cœur d'une région de reconversion industrielle. L'école a été créée en 1988. La formation, axée sur l'image, s'est spécialisée sur l'image de synthèse depuis 1993. La scolarité est payante (de 24.000 à 32.000 F par an). Le cycle complet comporte quatre ans, deux ans de formation et deux ans de spécialisation. Les promotions sont petites (25/30 élèves), mais tous sont assurés d'avoir un emploi, comme l'explique la directrice, Mme Marie-Anne Fontenier : " Cela fait sept ans que l'on a misé sur la formation spécifique sur les images de synthèse. On a senti que le marché démarrait vraiment il y a cinq ans quand les entreprises ont commencé à s'intéresser à nos étudiants et faire des offres de stages sans qu'on ait eu besoin de les chercher. Depuis trois ans, le marché est lancé. Nous avons plus d'offres d'emplois que nous n'avons d'étudiants, principalement dans l'industrie des jeux. Pour nos cinq dernières formations, le taux d'emploi est de 100 %..."

Ainsi, pour Valenciennes, la reconversion industrielle s'est opérée avec succès. Un pôle "image" se développe rapidement avec, notamment, l'université qui propose des formations liées aux métiers audiovisuels (montage, cadrage, son...), l'École de la chambre de commerce. L'ensemble crée un niveau de compétences qui attire les entreprises spécialisées dans ce secteur. Une "usine à images" a été créée, il y a deux ans, spécialisée dans la fabrication de séries T.V. en images 3 D.

La demande est forte, notamment chez les fabricants de jeux vidéo. Un autre créneau est apparu récemment avec le recrutement de personnels chargés de créer des sites Web sur le réseau Internet.

 Confiance. Il est indéniable qu'il y a, avec l'image de synthèse et la réalité virtuelle, un saut de génération. Mais ce qui est frappant, au terme de dizaines de rencontres avec les professionnels, c'est la jeunesse d'esprit et la motivation de ces hommes et de ces femmes64(*), qui sont avant tout, des passionnés. Les métiers qui suscitent tant d'enthousiasme ne sont pas si nombreux pour ne pas les soutenir, et même, parfois, les envier !

L'image de synthèse ouvre un nouveau champ d'activités, offre des perspectives pour des milliers de jeunes apparemment "décalés" par rapport à l'entreprise traditionnelle.

L'image de synthèse modifie assurément une façon de travailler. Mais va-t-elle jusqu'à changer un métier ? Le meilleur exemple qui puisse être donné est sans doute celui du cinéma, puisqu'il s'agit, là aussi, de fabriquer des images.

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