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Mission effectuée dans six pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne (Chypre, Pologne, Estonie, République tchèque, Hongrie et Slovénie) entre mai et juillet 2000.

23 novembre 2000 : La France et le défi de l'élargissement de l'Union européenne ( rapport d'information )

 

 

IV. VERS L'ADHÉSION À L'UNION EUROPÉENNE

L'Estonie s'est vue attribuer 24 millions d'euros au titre du programme PHARE en 1999. La France a obtenu de bons résultats au titre des jumelages institutionnels en 1998, puisque notre pays a été désigné chef de file pour 2 jumelages (modernisation du secteur agricole et renforcement du ministère des finances). Les résultats ont été plus décevants en 1999, seul un conseiller pré-adhésion français étant mis à la disposition des autorités estoniennes.

A. UN TRAITEMENT PRIVILÉGIÉ VIS-A-VIS DES AUTRES PAYS BALTES

L'Estonie connaît un traitement " privilégié " vis-à-vis des deux autres pays baltes, pour qui les négociations avec l'Union européenne n'ont été engagées qu'en décembre 1999. La Finlande, principal partenaire commercial de l'Estonie, a largement appuyé la candidature de ce pays à l'adhésion à l'Union européenne. Si l'Estonie s'est officiellement réjouie de l'ouverture des négociations avec la Lituanie et la Lettonie, elle semble souhaiter éviter, en revanche, que l'état d'avancement moindre de la négociation avec ces pays constitue un facteur de retardement de sa propre adhésion. Donc, si l'Estonie adhère la première, elle renoncera à l'accord de libre-échange qui lie actuellement les trois pays baltes (l'Estonie a en effet retiré sa demande de période transitoire auprès de l'Union européenne sur le chapitre des relations extérieures).

Il convient de souligner que l'inclusion de l'Estonie dans la " première vague " de pays candidats a été très mal comprise par les deux autres pays baltes, et en particulier par la Lettonie. Ils ont considéré que le choix de l'Estonie était moins lié aux mérites intrinsèques du pays qu'à l'importance des pressions exercées par la Finlande. De plus, la Lettonie craint qu'une adhésion séparée des trois pays baltes ne porte atteinte à la dynamique de coopération régionale. L'annonce par l'Estonie de son renoncement à demander une période transitoire concernant les accords d'association en matière douanière constitue un sérieux obstacle au développement de l'intégration régionale des pays baltes, entre lesquels prévaut actuellement la libre circulation des personnes. L'existence d'accords commerciaux entre les trois pays baltes créé d'ailleurs une difficulté dans le processus d'adhésion de l'Estonie, qui sera contrainte de mettre en oeuvre des droits de douane à l'égard de ses voisins baltes.

De crainte d'être retardée par les autres pays baltes et en particulier, par la Lituanie, l'Estonie ne met pas l'accent sur la nécessité d'une adhésion commune des trois Etats baltes. Au contraire, elle insiste sur la nécessité de mettre en oeuvre le principe de différenciation afin de faire partie de la première vague de l'élargissement.