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XII - GÉOLOGIE

Sur la période 1990-2000, la géologie a enregistré la fin des deux programmes nationaux Géologie profonde de la France et de GéoFrance 3D mais a pu continuer à bénéficier d'une participation au programme international ODP (Ocean Drilling Programme) qui est désormais le seul équipement à faire partie des TGE selon la nomenclature du ministère de la recherche.

Alors que les résultats d'ODP apparaissent comme très positifs, c'est à un redoublement de ses efforts que la France est invitée, à l'occasion du renouvellement et de l'approfondissement du programme ODP qui prendra la nouvelle dénomination d'IODP (International Ocean Drilling Programme).

1. Le programme ODP

Le programme ODP portant sur la période 1983-2003 représente le principal effort mondial actuel de forage scientifique des fonds océaniques et s'inscrit dans la ligne des travaux effectués depuis le milieu des années 1960.

Au total, ce sont plus de 2000 forages qui ont déjà été réalisés dans les fonds sous-marins.

Le navire actuellement en service pour ce programme, le JOIDES RESOLUTION, permet de procéder à des forages jusqu'à 2000 mètres sous le plancher océanique.

Parmi les recherches conduites avec ce navire de forage, on peut citer l'échantillonnage des sédiments sous-marins à différentes profondeurs, l'étude des interfaces noyau-manteau ou croûte-manteau ou la mise en place de bouchons instrumentés au fond de la mer, servant à l'enregistrement de données sismologiques.

Le budget annuel du programme ODP atteint 45 millions de dollars. La France, le Japon, l'Allemagne et le Royaume-Uni contribuent chacun pour 3 millions de dollars, à quoi il faut ajouter un montant identique fourni par un consortium d'autres pays européens.

Les Etats-Unis financent pour leur part 60 % du total du budget.

2. L'évolution des crédits des TGE de la géologie

Le programme ODP représente pour la France, de 1990 à 2000 une dépense cumulée de 209 millions de francs.

Par comparaison, les deux autres programmes, GéoFrance 3D et GPF (Géologie profonde de la France) correspondent à une dépense de 96 millions de francs sur la même période.

Tableau 4 : Evolution des dépenses relatives au TGE ODP 3

millions de francs

dépenses

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

ODP

(TGE scientifique)

personnel

2

1

1

1

1

6

6

1

1

 

 

exploitation

20

17

18

16

17

18

16

16

20

12

12

construction

1

1

1

1

1

1

1

 

 

 

 

total

23

19

20

18

19

25

23

17

21

12

12

Tableau 5 : Evolution des dépenses des autres TGE de la géologie 4

millions de francs

dépenses

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

GéoFrance 3D

(TGE scientifique)

personnel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

exploitation

 

 

 

 

9

13

13

 

 

 

 

construction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

total

0

0

0

0

9

13

13

0

0

0

0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

millions de francs

dépenses

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

GPF (Géologie profonde de la France)

(TGE scientifique)

personnel

 

 

 

 

 

6

6

 

 

 

 

exploitation

11

10

14

14

 

 

 

 

 

 

 

construction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

total

11

10

14

14

0

6

6

0

0

0

0

Les dépenses des TGE de la géologie ont enregistré une baisse de près d'un tiers de 1990 à 2000, avec une brève période de croissance en 1995 et 1996.

Figure 3 : Evolution des dépenses des TGE de la Géologie

Au total, les TGE de la géologie ne représentent plus que 0,3 % du total des dépenses totales des TGE scientifiques et techniques, contre 1,2 % en 1990.

Figure 4 : Evolution des dépenses relatives aux TGE de la Géologie par rapport aux dépenses totales des TGE scientifiques et techniques

3. Les besoins prévisibles

Si le but essentiel d'ODP est l'étude de la tectonique des plaques, les perspectives de la géologie sous-marine sont désormais plus étendues.

Un nouveau programme international, intitulé IODP (Integrated Ocean Drilling Programme) est en cours de définition à cet effet et devrait prendre le relais d'ODP à partir de 2003.

Il s'agira certes d'apporter des explications à des questions fondamentales de la géologie, comme les transferts de chaleur et de matière, les transects terre-mer, la déformation de la lithosphère, la dynamique du manteau et du noyau.

Mais le programme contribuera aussi à l'étude des grands problèmes environnementaux comme l'évolution climatique, celle-ci étant enregistrée naturellement dans les sédiments ou dans les coraux pour le niveau des océans. Un autre objectif sera de mieux connaître la biosphère cachée dans les sédiments, ainsi que les ressources en hydrates de gaz.

Le programme IODP mettra en _uvre un nouveau navire foreur japonais, capable de forer dans 5 000 mètres de sédiments, et d'un coût de 500 millions de dollars et le navire américain actuel entièrement modernisé pour un investissement de 100 millions de dollars.

Si l'Europe veut pouvoir accéder à ces nouveaux navires, il lui faudra vraisemblablement faire elle-même un effort d'investissement.

La participation européenne pourrait prendre la forme de moyens d'investigation complémentaires, comme des plates-formes de forage pour forer en eau peu profonde, des instruments robotisés ou par la mise à disposition du Marion Dufresne, navire océanographique polyvalent français.

En outre, le coût d'exploitation du nouveau programme IODP devrait s'accroître sensiblement par rapport à celui d'ODP.

Le coût d'exploitation du navire actuel s'élève à 45 millions de dollars. La participation européenne représente environ le quart du total.

Le coût estimé pour les deux navires devrait atteindre 140 millions de dollars.

La participation européenne devrait être multipliée par trois si l'Europe voulait garder sa position actuelle dans le programme, la contribution française devant elle aussi être accrue, toutes choses égales par ailleurs.

En tout état de cause, la Commission européenne semble prête à participer au financement d'IODP en tant que réseau intégré au 6ème PCRD, ce qui permettrait de diminuer les contributions nationales.

1 Source : direction de la recherche, ministère de la recherche, juin 2000

2 Source : direction de la recherche, ministère de la recherche, juin 2000

3 Source : direction de la recherche, ministère de la recherche, juin 2000

4 Source : direction de la recherche, ministère de la recherche, juin 2000