Allez au contenu, Allez à la navigation



La politique spatiale française: bilan et perspectives

 

7. CONCLUSION :

La propulsion est la clé de l'accès à l'espace. Par les technologies mise en jeu, et l'importance de sa mission, elle se place au coeur des enjeux de l'espace, et suit les évolutions du marché (coûts, performance).

Ce secteur d'activité, patiemment élaboré en Europe et particulièrement en France sous l'impulsion du CNES, peut aujourd'hui s'interroger sur son organisation, faces aux aspects stratégiques de l'accès à l'espace, et aux contraintes commerciales.

Il est essentiel pour l'Europe que ses motoristes spatiaux restent au meilleur niveau sous peine de revenir à une dépendance technologique dont elle s'était dégagée.

Cela devrait se traduire par des rapprochements entre industriels, l'optimisation des moyens à mettre en oeuvre à l'échelle européenne, et aussi par des actions visant à préserver le niveau de maîtrise technologique, notamment au travers d'une politique de « briques technologiques ».

La propulsion des lanceurs actuels est confrontée en Europe, aujourd'hui plus fortement qu'auparavant, à deux tendances qui peuvent sembler difficilement compatibles :

ð Améliorer ses performances en conservant voire en améliorant sa fiabilité ;

ð Diminuer les coûts d'accès à l'espace par une diminution convaincante des coûts récurrents qui permette de suivre un marché dont les prix sont tirés vers le bas par des acteurs placés dans des conditions non comparables à celles des acteurs européens, tant dans leurs financements, que dans leurs organisations.

Une Europe qui saurait poursuivre ses efforts publics et industriels au niveau nécessaire pourrait être en bonne position.

La propulsion des systèmes orbitaux subit actuellement elle aussi des changements profonds. Après de longues années de recherche et de démonstration, les technologies de la propulsion électrique arrivent en application commerciale. Pour l'année 2000, l'Europe est en pointe, en équipant 10 plates-formes de satellites de moteurs à propulsion plasmique.

A long terme Les progrès de la propulsion pourraient mettre à disposition de nouvelles solutions et permettre à de nouvelles missions de voir le jour, vols habités plus ou moins lointains, ou, plus certainement, moyens d'explorations automatiques plus efficaces et meilleure exploitation de l'espace proche de la Terre.

On distingue ainsi l'ensemble des enjeux technologiques de la propulsion spatiale, levier essentiel notamment pour la science de l'exploration, le positionnement stratégique lié à l'autonomie de toute une politique spatiale, mais aussi et surtout les marchés commerciaux, dont les exigences en matière de coûts doivent être rendues compatibles avec une demande de performance et de fiabilité constante.

* * *