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Proposition de résolution relative à la création d'une commission d'enquête sur les conditions d'utilisation des farines animales : Les conditions d'utilisation des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage et les conséquences qui en résultent pour la santé des consommateurs. Tome 1, rapport

 

d) Un remplacement aisé des farines dans l'alimentation animale

Sur le plan purement nutritionnel, les protéines animales et les graisses animales, incorporées jusqu'ici en alimentation animale, peuvent aisément être remplacées.

En dépit de teneur en protéines variable et souvent inférieure à celle des farines de viande et d'os, les tourteaux de graines oléagineuses (soja, colza, tournesol), les graines protéagineuses (pois, féveroles, lupins), mais également certains fourrages comme la luzerne déshydratée, peuvent apporter des protéines végétales tout à fait équivalentes, comme en témoigne le tableau ci-après :

Teneur en protéines des farines animales
et des oléo-protéagineux

Farines animales

50 à 65 %

Gluten de maïs

60 %

Tourteaux de soja

40 à 45 %

Tourteaux de colza

32 %

Pois

26 à 27 %

Source : COPERCI, 1999

Des matières grasses d'origine végétale, telle l'huile de palme, l'huile de colza, peuvent remplacer les graisses animales dans l'alimentation animale.

L'interdiction des farines impose cependant des ajustements techniques aux professionnels de la nutrition animale. Le rapport du Comité permanent des corps d'inspection23(*) du ministère de l'agriculture, qui a été transmis à la commission d'enquête, soulignait les problèmes soulevés par l'utilisation de produits végétaux de substitution.

En premier lieu, les oléo-protéagineux ne présentent pas une teneur suffisante en certains acides aminés et en minéraux, tels que le phosphate et le calcium, ce qui rendra nécessaire des apports complémentaires de ces éléments.

S'agissant plus particulièrement des graisses animales, leur remplacement par des huiles végétales est plus problématique, notamment à l'égard des volailles. En terme de productivité d'abord, puisque les graisses animales étaient une source importante d'énergie, permettant une croissance rapide. Au regard des conséquences sur les denrées animales produites, ensuite, puisque l'absence de graisses animales favoriserait une oxydation plus rapide, un changement de couleur, en même temps qu'une moindre fermeté des viandes.

Enfin, d'un point de vue strictement technologique, les graisses végétales, plus liquides, s'avèrent moins efficaces pour assurer la granulation des aliments composés.

* 23 Rapport de la mission d'expertise des conséquences économiques, environnementales ainsi que de l'impact juridique au regard du droit communautaire, d'une interdiction de l'utilisation des sous-produits ou déchets d'origine animale en provenance des industries agro-alimentaires dans l'alimentation des animaux, COPERCI, octobre 1999.